noscript

Please Wait...

Le modèle d’Alep … Passerait-il à Mossoul ?

Le modèle d’Alep … Passerait-il à Mossoul ?
folder_openAnalyses access_time depuis 5 années
starAJOUTER AUX FAVORIS

Par Akil Cheikh Hussein

Tout le monde est unanime à dire que Mossoul est à considérer comme déjà libérée et que les miliciens de «Daech» quitteront la ville pour Raqqa en Syrie. Cela peut être vrai. Mais il peut aussi cacher une supercherie qui pourrait causer à l’armée irakienne des dégâts mortels.

Le modèle d’Alep … Passerait-il à Mossoul ?

Des mois après la chute de Mossoul aux mains de «Daech» en 2014, et alors que l’expansion de «Daech» se poursuivait à grande vitesse dans les provinces de Ninawa (Ninive), Salah ed-Din et Anbar pour atteindre Fallouja et les banlieues nord de Bagdad, la capitale, il ne fut possible pour les Etats-Unis qui dirigeaient et dirigent toujours l’Alliance internationale contre «Daech», de renforcer leur présence militaire en Irak et de donner à leur guerre fallacieuse contre «Daech» un air de légitimité et de loyauté qu’en parlant de la libération de Mossoul qui était devenue une véritable capitale de ce qu’on appelle «Etat Islamique en Irak et en Syrie».

Et comme cette dite «libération» ne constitue qu’une partie de la fallacieuse guerre étasunienne contre «Daech» qui, selon de hauts responsables politiques et militaires étasuniens, pourrait continuer pour une longue durée, trente ans, par exemple, elle (la libération) était planifiée à son tour pour prendre beaucoup de temps. Mais pendant cette longue durée des évolutions et des événements pourraient intervenir et mettre le projet libérateur aux oubliettes.

Duperie possible

Aujourd’hui et au moment du lancement du plan de la libération de Mossoul, les Etasuniens commencent à traduire sur le terrain leur croyance pour laquelle «le plan va un peu trop rapidement». Et ils ne cachent pas leur désir de freiner l’avancée de l’armée irakienne vers Mossoul. Selon des responsables irakiens, les avions étasuniens trainent pour bombarder les positions de «Daech» qui opposent une résistance farouche face à l’avancée des forces irakiennes.

Rien d’étonnant donc si, pendant les jours et les semaines à venir, nous apprenons que les avions étasuniens bombardent l’armée irakienne et les «les Forces de la Mobilisation populaire» (al-Hashd as-Sha’bi), et même fournissent de l’aide à «Daech», s’ils trouvent que le processus de libération de Mossoul va un peu trop rapidement. Ou s’il leur arrive de changer d’avis et ne plus vouloir du tout libérer la ville.

Aujourd’hui, tant d’observateurs pensent que les Etats-Unis sont sérieux quant à l’action pour libérer Mossoul. Cela, disent-ils, est une exigence de premier ordre pour le président Obama qui est particulièrement passionné de faire un grand exploit avant son départ imminent de la Maison blanche. Cela peut être vrai. Mais il se peut également que la libération de Mossoul et tout le bruit qu’on fait à ce propos ne soient qu’une mise en scène. Le but de celle-ci serait de couvrir le transport des combattants de «Daech» vers Raqqa et les régions orientales et centrales de la Syrie pour atteindre Tadmor (Palmyre) et peut-être également les frontières jordaniennes et le Golan occupé pour contribuer à servir le projet israélien qui se veut une riposte à la victoire attendue de l’armée syrienne à Alep. On sait à ce propos que les Israéliens souhaitent installer dans cette région une zone tampon qui s’étendrait jusqu’à Der’a.

Ce plan que tous les ennemis de la Syrie et de l’Irak tiennent à mettre en exécution doit être  contré, au lieu d’une tentative précipitée de libérer Mossoul, ou parallèlement à une telle tentative, par un rigoureux effort militaire de la part de la Syrie, de l’Irak et de leurs véritables alliés visant à empêcher les combattants de Daech d’atteindre le territoire syrien.

Expérience commune

C’est dans ce sens que le ministre russe des affaires étrangères a affirmé que son pays prendra des «mesures militaires» pour empêcher cette migration. Avec tout ce que cela ouvrira comme perspectives supplémentaires en matière de l’escalade des tensions entre Moscou et Washington. C’est-à-dire entre Moscou et ses alliés, d’une part, et Washington et ses alliés qui manipulent «Daech» et les autres organisations terroristes, d’autre part.

Mais considérer les deux hypothèses mentionnées plus haut comme des évidences indiscutables peut pousser l’armée irakienne encore en jeune âge vers un piège qui pourrait lui causer des dégâts beaucoup plus grands que ceux consécutifs à l’avènement de «Daech» et son occupation de Mossoul et tant d’autres régions irakiennes.

Ne serait-il pas possible qu’une duperie se cache  derrière la promotion de l’idée du transport des combattants de «Daech» vers la Syrie, et ce dans le but de semer chez les Irakiens l’illusion que la libération de Mossoul sera une opération facile, et que les combattants de «Daech» déserteront dès le premier coup de feu ?

Ne serait-il pas possible que les fortifications et autres préparatifs entrepris par «Daech» à l’intérieur de Mossoul et aux alentours de la ville soient l’expression d’une volonté des Etats-Unis et de Daech de faire embourber l’armée irakienne dans un combat dont les frais pourraient être très lourds autour et dans une ville peuplée de plus d’un million de civils qui constituent un bouclier humain obligatoire pour quelque dix-mille combattants daéchiens bien entrainés par les forces spéciales étasuniennes, israéliennes et atlantiques?

Des dizaines de siècles d’épreuves communes ont fait de Mossoul et d’Alep deux villes ayant une destinée commune. La prudence exige aujourd’hui que Mossoul ne goutte pas, peut-être pour longtemps, à l’amère épreuve vécue par Alep depuis cinq ans.

Source : French.alahednews

Comments

//