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La lettre des Républicains aux dirigeants iraniens: les USA divisés en parties antagonistes

La lettre des Républicains aux dirigeants iraniens: les USA divisés en parties antagonistes
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  Par Akil Cheikh Hussein

Depuis la victoire de la République islamique en Iran, Washington et ses alliés n'ont pas arrêté de déployer des efforts effrénés pour liquider cette révolution. Il était naturel que l'échec de ces efforts et les victoires réalisées par l'Iran et l'Axe de la Résistance transposent le conflit à l'intérieur de l'Axe de l'hégémonie et notamment à sa base, Washington.

Dans leur lettre ouverte à l’attention des «dirigeants de la République Islamique d’Iran», les 47 sénateurs américains qui ont signé cette lettre prétendent vouloir «enrichir laLa lettre des Républicains aux dirigeants iraniens: les USA divisés en parties antagonistes
connaissance» des Iraniens en matière d’organisation institutionnelle américaine. Ils rappelaient, sur un ton menaçant et sans prendre en compte les mauvais tours qui pourraient perturber le cours de leurs conjectures hasardeuses sur l'avenir, qu'ils seront toujours en fonction après le départ d'Obama en 2017 et que, d'un simple "trait de plume", ils pourront annuler tout ce qu'Obama aurait conclu en matière d'accords.

Tous ceux qui, aux Etats-Unis et ailleurs, ont exprimé leur indignation face à cette lettre ont condamné les Républicains et insisté sur des questions dont sa contradiction avec tous les us et les traditions en vigueur dans les relations internationales… a l'exception de l'Iran.

La responsabilité de l'Etat américain

L'Iran a ignoré les Républicains pour une simple raison: Ce n'est pas avec eux qu'il négocie. Il a blâmé l'Etat américain car il est le seul responsable de sa décision internationale, de l’organisation institutionnelle américaine et, par conséquent, du contrôle de comportements de ses citoyens à la lumière de cette organisation. Dans ce sens, l'Iran a renvoyé la balle dans le camp américain dans la mesure où le président Obama est d'ores et déjà appelé à prouver son pouvoir d'agir au nom des Etats-Unis conformément aux exigences de leur organisation institutionnelle.

Cela signifie aussi que la signature de l'accord dépend maintenant de la capacité des Etats-Unis d'unifier leur parole tout en renonçant au langage ambivalent qui ne peut aller que dans le sens de la tricherie devenue l'un des principaux piliers de la politique des Etats-Unis dans leurs rapports avec les autres Etats.

En d'autres termes, si Washington ne respecte pas ce qu'il doit aux efforts internationaux déployés durant de longues années pour arriver à un accord sur le nucléaire iranien, cet accord ne sera pas signé et l'Iran en sortira perdant sur le plan des sanctions et de ses fonds bloqués aux Etats-Unis et dans d'autres pays occidentaux. Il s'agira alors de pertes qui ne l'ont jamais empêché de poursuivre sa marche en avant sur tous les plans, y compris sur le plan du nucléaire. Elles ne l'empêcheront non plus de continuer à remplir son rôle dans la lutte active contre les plans d'hégémonie et de sabotage menés par l'Axe sioniste et américain et ses prolongements arabes.    

L'Axe de l'hégémonie est le plus grand perdant

Quant à l'Axe de l'hégémonie, il sera le plus grand perdant. Ne pas arriver à un accord signifie que le pari d'Obama de contenir l'Iran ou, du moins, s'entendre avec lui au sujet des affaires de la région s'évaporera. Il sera logique dans une telle situation que la porte s'ouvre sur des évolutions qui vont toutes dans le sens de la poursuite et de l'accélération de cet état d'érosion dont souffrent l'alliance israélo-américaine et ses prolongements régionaux. Non parce que l'Iran a étendu son influence en Irak, en Syrie, au Liban, en Palestine, au Yémen, à Bahreïn et dans les régions orientales du Royaume saoudite, mais parce que ces pays et ces régions ainsi que d'autres encore luttent pour des causes sacrées, et prouvent chaque jour leur capacité d'aller plus en avant en supportant ces causes.

Netanyahu et la phobie de la guerre

Lors de son «offensive» au Congrès, Netanyahu a tenu à souligner que le renforcement des sanctions, et non pas la guerre, constitue une alternative valable à ce qu'il a appelé un "mauvais accord". C'est parce que la phobie de la guerre dont il est atteint suite à ses guerres perdues au Liban et à Gaza, ne lui procure pas l'audace d'appeler à frapper l'Iran comme il l'a fait pendant des années avec les Américains et leurs prolongements arabes. Quant aux Américains, ils auront, au cas où l'accord n'aboutira pas, des comptes à régler avec leurs alliés. L'Allemagne, par exemple, a condamné la lettre des sénateurs républicains et cela s'ajoute à sa sortie de l'alliance euro-américaine en ce qui concerne l'Ukraine. A l'intérieur même des Etats-Unis entièrement plongés dans des crises et problèmes de tout genre, la lettre des sénateurs voulait stupidement attirer l'Iran à prendre une position qui contribuerait à empêcher Obama de gagner les présidentielles comme il avait fait, en 1980, lorsqu'il a puni Jimmy Carter en l'empêchant d'accéder de nouveau à la Maison blanche. Le plus grave est qu'une grande partie de l'Opinion publique américaine exige la poursuite des signataires de la lettre accusés de trahison.

Il ne s'agit pas cette fois d'une position qui aiderait tel ou tel candidat à remporter des élections sans que cela ne conduise à un changement radical au niveau de la politique américaine. Ce qui se passe est une confrontation dans laquelle les Etats-Unis et leurs alliés sont déjà en déroute dans la région et il est naturel que des dissensions commencent à disperser leurs rangs. C'est à cela qu'on assiste dans les tensions entre Démocrates et Républicains, entre les Etats-Unis et l'entité sioniste, entre le Royaume saoudien et chacun du Qatar et de la Turquie. Mais surtout au niveau de la désintégration qui commence à gagner la Coalition internationale contre le terrorisme suite à l'implication de ses constituantes dans des relations ambivalentes avec un terrorisme qu'elles ont créé avant de se trouver obligées de le combattre ne serait-ce qu'en apparence.

Source: agences et rédaction

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