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Donald Trump: De Georges Floyd à la Chine, quel avenir politique?

Donald Trump: De Georges Floyd à la Chine, quel avenir politique?
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Par Antoine Charpentier

Les manifestations populaires ne s’estompent pas aux États-Unis depuis la mort de Georges Floyd à la suite de son interpellation par la police américaine. Avant tout, il faut se poser la question : Est-ce que le délit qu’a commis Georges Floyd mérite une telle mort abjecte ? La mort de Georges Floyd pose également la question sur le racisme intégré en Occident en général et aux États-Unis en particulier. Cependant, la formation des polices aux États-Unis comme en Europe, ainsi que les théories et les méthodes du maintien de l’ordre doivent être profondément révisées, afin d’être le plus possible utiles, dans le respect des droits et des vies des citoyens.

La montée de l’extrémisme politique et religieux de ces dernières années aux États-Unis comme en Europe a exacerbé de façon dangereuse la pensée raciste. Un des vecteurs de cette montée de l’extrémisme en Occident est l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, qui a libéré en grande partie l’expression raciste sous-jacente. L’élection de Donald Trump à la tête des États-Unis a coïncidé avec une décadence politico-sociale que vit toujours de nos jours la plupart des pays appartenant au camp occidental. De ce fait, l’Europe qui est en général tournée dans beaucoup de domaines vers les États-Unis a été impactée d’une part par l’arrivée de Donald Trump à la tête des États-Unis et d’autre part par cette montée de l’extrémisme politique et religieux. Certains partis d’extrêmes européens se sont remis à rêver à une accession au pouvoir.

Il existe en Occident une forme d’éducation et de pratique démocratique, une liberté qui est tout de même limitée, ainsi qu’une acceptation de la différence devenue un élément intégré dans la pensée occidentale. Toutefois, l’oligarchie politico-financière tente d’une façon permanente de pratiquer une certaine dictature camouflée, afin de servir ses intérêts les plus particuliers. De nos jours, cette oligarchie se replie à l’intérieur de ses frontières à la suite de plusieurs défaites politiques, financières et militaires sur le plan extérieur. Cela la pousse à compenser en serrant le taux sur ses peuples d’Occident, d’où l’incompatibilité des deux démarches.

Le président américain Donald Trump a la fâcheuse habitude d’accuser en permanence autrui de tous les maux des États-Unis. Nous avons tous vu et entendu comment lors de la crise du Covid-19, il a accablé la Chine de ce malheur mondial. Ceci est dans le but de détourner l’attention de sa mauvaise gestion de la crise, où il a appelé ses partisans à mettre fin au confinement par la force des armes.

Quelques mois auparavant, il a accusé l’Arabie Saoudite, son premier allié au Moyen-Orient, de mal gérer la guerre des prix du pétrole déclenchée contre la Russie, ce qui a nuit directement aux intérêts des États-Unis dans ce secteur, notamment avec le confinement mondial dû au Covid-19. Toutefois, l’Arabie Saoudite n’a pas déclaré cette guerre des prix sans aviser son allié américain. Ne parlons pas de ses déclarations et comportements envers l’Iran ou encore le Venezuela. Le même scénario se répète face aux manifestations populaires aux États-Unis contre le racisme, contre le comportement de la police, contre la gouvernance et la personnalité de Donald Trump, où ce dernier a accusé une multitude d’acteurs, dont la Chine. Ceci prouve que Donald Trump à l’instar de plusieurs dirigeants occidentaux n’a nullement l’intention de se mettre un minimum en question, se déconnectant entièrement de ce qu’il se passe sur le terrain.

À l’approche des élections présidentielles américaines, face à son incapacité de gérer la crise du Covid-19, face aux contestations populaires mettant en cause le cœur même du rêve américain, Donald Trump continue de déployer son énergie afin d’accabler et accuser la Chine de tous les malheurs des États-Unis. Il a même récemment déclaré vouloir élargir le G7 en réintégrant la Russie, en invitant la Corée du Sud, l’Australie et l’Inde. Les intentions du président américain ne sont pas ci-innocentes que nous le pensons. Son but premier n’est pas que le G7 soit une représentation correcte de ce qu’il se passe dans le monde, comme il le prétend, mais plutôt une manœuvre pour essayer de briser l’alliance entre la Russie et la Chine, afin de pouvoir isoler cette dernière. Il est très difficile de nos jours de représenter le monde sans prendre la Chine en compte. Cependant, la guerre permanente contre la Chine est-elle suffisante pour consolider la base électorale de Donald Trump en vue d’une réélection ?

Le président américain a tout de même déclaré que l’actuel G7 est dépassé et hors du temps. Néanmoins, il ne faut pas occulter le fait que l’actuel G7 contient 4 pays européens sur 7. Donc Donald Trump évoque indirectement ses alliés comme étant hors du temps ? Quelle est la contrepartie que demanderait la Russie en cas d’acceptation de l’invitation de Donald Trump ? Il est très utile de préciser que la faisabilité de cette idée de l’élargissement du G7 est tributaire de la réélection ou non de Donald Trump.

Aujourd’hui les manifestations contre le racisme et contre les violences policières secouent la plupart des pays occidentaux, ce qui reflète une certaine lutte de classe qui se cristallise autour de la pensée raciste ainsi qu’autour du comportement des polices et leurs excès de zèle dans l’application des ordres. Les manifestations des gilets jaunes en France, que nous soyons pour ou contre ont bien été un élément révélateur dans ce registre.

Enfin, la mort de Georges Floyd est-elle la balle de grâce, après la crise du Covid-19 pour mettre fin à l’ère Trump ? Sa guerre permanente contre la Chine lui apportera-t-elle les résultats escomptés ? Toutefois, le camp occidental en général et les États-Unis en particulier s’apprêtent à vivre une crise socio-politique aussi dure et compliquée que celle du coronavirus.

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