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Des récits inconnus sur le martyr Cheikh Abou Dharr et son fils, le martyr Ali

Des récits inconnus sur le martyr Cheikh Abou Dharr et son fils, le martyr Ali
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Par Yassmine Moustafa

Après une longue attente et des plaintes adressées au secrétairegénéral du Hezbollah, sur la réalisation de la libérationalors qu’il n'a pas encore rejoint les martyrs, cheikh Abou Dharr a réalisé son ultimedésir et volonté. Il fut témoin de la grande victoire et puis martyr en voie de la dignité.

Le turban victorieux

En 1986, Abou Dharr est revenu de l'Iran, portant le turban de cheikh, avec la grâce de l'ayatollah Khomeiny, qui lui a indiqué: «Tu verras la victoire avec ce turban».

Le cheikh était bien connu parmi le public. Il se déplaçait, portant son turban blanc comme dignitaire religieux entre les fronts, participants aux combats, dans un moment où rares étaient les hommes de religions qui prenaient part aux batailles.

«C'est notre père et un homme très cher», répètent ceux qui le connaissaient.

Le chef jihadiste Aboul Fadel, se rappelle de l'action du cheikh martyr, qui ne se calmait ni jour ni nuit. Il se déplaçait entre les postes militaires et les fronts, parlant aux moudjahidines de questions religieuses, ou portant ses armes, notamment la mitrailleuse BKC.

Le compagnon du cheikh, haj Jawad, a raconté à AlAhed que le cheikh insistait auprès du secrétairegénéral du Hezbollah, sayed Hassan Nasrallah, pour mener une opération kamikaze.

«Si vous menez une telle opération, nous serons heureux pour vous. Mais votre martyre affectera le moral de nos combattants», disait sayed Nasrallah.

Le cheikh martyr était toujours prêt à assister son entourage, notamment les moudjahidines. Il se déplaçait d'un village à un autre, d'une demeure à l'autre, étant recherché par les Israéliens. Il adoptait plusieurs mesures sécuritaires.

Dieu seul connait les intentions

Le blessé mahdi Yassine a évoqué à AlAhed l'extrême modestie et humilité du cheikh. «Une fois  je lui ai demandé pourquoi il n'achetait pas de nouveaux meubles pour sa maison, il parlait rarement. Il m'a répondu brièvement: "Je suppose que le propriétaire de la maison veuille que je parte, alors je serai à l'aise et je ne serai pas occupé à déplacer des meubles et des objets. Les gens dans ce monde ne vivent pas pour la vie sur terre, mais plutôt pour l'au-delà et ne savent pas quand ils partent"».

Et le blessé d'ajouter: «Cheikh Abou Dharr est revenu une fois d'une opération militaire avec un groupe de moudjahidines. Il a lavé leurs vêtements et les a servis. Je lui ai rappelé qu'il était également avec eux, et qu'ils devaient eux aussi le servir».

En premier lieu, il n'a pas répondu. Puis il a dit qu'il était vraiment avec eux, mais que Dieu seul sait les intentions, notant que les intentions des autres pourraient être meilleures que les siennes. Il voulait êtrerécompensé par Dieu pour avoir servi un moujahid.

Lorsque cheikh Saleh Harb, proche de l'épouse de cheikh Abu Dharr, est tombé e martyr, il a pris la charge des petits orphelins, Hawra, Mariam et Mohammad.

Son fils, Rouhallah, a affirmé que ses parents ne distinguaient point entre leurs fils et ceux adoptés, notant qu'ils étaient sept enfants à vivre dans une maison modeste, jouissant de la tendresse et des soins du père.

Suivant la méthode de l'imam Khomeiny

La fille du martyr Saleh, Mariam, a affirmé que cheikh Abou Dharr la traitait avec ses frères avec amour et refusait de faire de promenade qu'en leur compagnie. Il ne quittait pas la maison avant de s'enquérirde leur état, et ne mangeait qu'en leur présence tous.

Elle a ajouté que toutes les maisons qu'ils avaient habitées, avaient les murs garnies par les images des martyrs et les photos de l'ayatollah sayed Ali Khamenei. Un style de vie des plus modestes, à la manière de l'imam Khomeiny.

«C'était une personne exceptionnelle qui ne se répétait pas.Mais il venait rarement à la maison en raison de son travail. Il nous manquait toujours», a-t-elle dit.

Sin fils ainé était le martyr Ali, qui a pris la famille en charge après lui.

Sa mère comptait sur lui depuis l'âge de 12 ans. Il était comme un père pour ses petits frères.

Le 25 mai de 2015, Ali a décidé de commémorer le martyr de son père d'une manière différente. Il s'est rendu en Syrie, pour donner une leçon aux takfiristes, comme son père le faisait face aux Israéliens, cette autre face du terrorisme. Des leçons de courage.

L'objectif de la bataille était de libérer la colline stratégique Al-Tallaja, dans les jurds de Flita, à 2000m de hauteur. Une colline montagneuse et découverte, sans arbres.

Cinq moudjahidines se sont dirigés rapidement vers la colline, les combattants y étaient isolés, avec un grand nombre de martyrs et de blessés.

Nul ne pouvait lever la tête sans être atteint par le feu. Un groupe de la force spéciale du Hezbollah Al-Radwane a pris l'assaut de la colline. Parmi ses membres Ali, fils du martyr Ahmad Yehya «Abou Dharr».

Le chef de cette force, Hussein, ami d'enfance du martyr Ali, a expliqué à AlAhed: «Nous ne savions ce qui nous attendait en haut de la colline. Nous savons seulement que nous devons soutenir les forces qui nous précédaient».

Le chef de notre groupe Sajed Al-Tirir est tombé en martyre. Nous avons insisté à poursuivre la bataille, a ajouté Hussein. Il a précisé que le martyr Ali a fait preuve d'un courage unique en son genre. «Avec férocité, il a couru vers les milices et  ouvert le feu sur eux. Sa bravoure a suscité l'enthousiasme dans nos cœurs. Il a été le premier à arriver au sommet de la colline. Un de nos combattants a été blessé à côté de lui. Il s'est empressé de le secourir. En cet instant, il fut touché par une balle à la tête. Il tomba en martyre. Arrivée près de son corps, je l'ai placé près d'un rocher et nous avons poursuivi le combat».

Vivants, mais vous ne le ressentez pas

Le cheikh blessé Sadek, compagnon de jihad a raconté à AlAhed des détails de la bataille des collines de Zabadani.

«Cette bataille fut la raison de notre première rencontre. J'écoutais ses échanges avec son chef par téléphone. La bataille battait son plein. Il évoquait Ahel Al-Beit. Il avançait dans le combat en priant Dieu et en criant "Ya Zahraa"».

Cheikh Sadek qui avait réveillé Ali à l'aube du 25 mai pour aller à la bataille a ajouté: «Il n'a point bu d'eau. A notre arrivée à la scène du combat, il y avait un grand nombre de blessés et de martyrs. Ce fut une dure journée, durant laquelle le martyr Ali a fait preuve d'un haut moral et d'un esprit de commandement. Il était seul à assurer la couverture aux combattants du coté de droite».

«Le martyre d'Ali était lourd pour nous et difficile à accepter. Il était exceptionnel garce à son altruisme et sacrifice», a-t-il expliqué.

C'est le mois de mai, durant lequel on commémore le martyre du père et du fils, ce qui illustre l'histoire de la résistance qui n'a jamais reculé face aux défis ou à la peur, aux lignes avancées du Liban sud, en Syrie ou à la frontière libano-syrienne, en face de l'ennemi takfiriste. L'objectif? Immuniser la nation, protéger la terre et ses habitants, au prix même de se sacrifier.

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