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Une carte jaune…surprise pour «Tel Aviv»

Une carte jaune…surprise pour «Tel Aviv»
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Par Jihad Haïdar

«Israël» a adressé un message par le feu, prenant pour cible une voiture transportant des éléments du Hezbollah sur le territoire syrien, mais sans faire de victimes.

Cette attaque a été suivie de plusieurs incidents sécuritaires silencieux, visant le barbelé frontalier avec la Palestine occupée, qualifiés par l'armée de l'occupation comme «très dangereux».

Quels sont les messages voulus par l'ennemi et comment a-t-il abordé la coupure du barbelé frontalier?

En effet, la dernière attaque israélienne constitue une extension de ses politiques hostiles sur la scène syrienne. Indépendamment de plusieurs questions sur la démarche israélienne du point de vue militaire, il est clair qu'elle s'inscrit dans le cadre de «la bataille parmi les guerres», qui dure depuis plus de sept ans.

Cette stratégie adoptée par l'ennemi est passée par plusieurs étapes, chacune d'elle basée sur des paris et des estimations liées aux circonstances et axées sur des objectifs délimités par le commandement ennemi, en harmonie avec la nature et le niveau des menaces.

La dernière attaque délivre un message selon lequel «Israël», à l'ombre de la propagation du coronavirus sur sa scène, poursuivra sa stratégie hostile contre les parties de l'axe de la résistance, notamment contre le Hezbollah.

L'ennemi a également voulu dire que tout développement et répercussion de la situation sanitaire et économique ne sera pas aux dépends de la lutte contre ce qu'il juge comme menace dans son environnement régional.

Il parait que l'ennemi a voulu signifier qu'il est prêt à  s'aventurer par la prise pour cible d'activistes du Hezbollah aussi. Il a entrepris une escalade dans la méthode de l'envoi du message, dans le but de lui donner un caractère plus sérieux et crédible, souhaitent que ça contribue à hausser le taux de l'inquiétude chez le Hezbollah, en voie de jeter les fondements d'un certain changement dans l'équation en cours.

Pourquoi l'ennemi a renouvelé ses paris notamment durant cette période?

L'ennemi s'est basé dans ses choix depuis 2013 sur le territoire syrien, sur des estimations, selon lesquelles à l'ombre de la lutte contre la menace takfiriste, le régime syrien et ses alliés de l'axe de la résistance n'ont pas intérêt à ouvrir un deuxième front.

Ce concept a été un pilier essentiel dans la poursuite des attaques…arrivant à la période actuelle où plusieurs facteurs et considérations se sont entrecoupés.

Avant la propagation du coronavirus, l'ennemi misait sur l'absence d'une stratégie de l'axe de la résistance de riposter à ce niveau de frappes, à partir d'une classification des priorités durant cette période et en raison de calculs à l'égard des répercussions de cette attitude, de laquelle pourrait résulter l'échange de message par le feu.

Le même concept  a été observé par le commandement de l'ennemi, qui l'a poussé à s'engager sous le plafond de contraintes, afin d'éviter un scenario qui aboutit à une confrontation militaire, qu'il ne veut pas au moins durant cette période.

Après la propagation du virus, ce concept a été approfondi dans l'institution de la prise de la décision politique et sécuritaire. L'ennemi aurait estimé que le Hezbollah est plus attaché à éviter une confrontation militaire, à l'ombre de la conjoncture économique et sanitaire au Liban. Un fait qui lui donne une plus grande marge d'action, dans le but de hausser le niveau des objectifs, souhaitant que l'exacerbation de la situation économique et sanitaire, locale et régionale, contribue à freiner le Hezbollah et à le pousser à se soumettre à l'équation voulue par l'ennemi.

Il semble que l'ennemi est parvenu à un résultat décisif. Il a reconnu que tous les paris régionaux et économiques, n'ont point réussi à freiner l'itinéraire croissant de l'axe de la résistance, surtout du Hezbollah. Un fait qui l'a poussé à accentuer ses choix opérationnels ou de jeter les fondements à cette démarche.

En dépit de ce fait, il est évident que l'ennemi a tenu à éviter de faire des victimes. Il réalise que toute folie dans ce domaine aboutira à une riposte inévitable de la part du Hezbollah. C'est pourquoi il a tenu à éviter les pertes humaines, avant de prendre plus tard d'autres décisions. C'est ce qu'a affirmé le commentateur des affaires sécuritaires du site Yediot Ahronot, Roben Ben Yachay, affirmant que les décideurs israéliens étaient certains que la liquidation d'un activiste ou d'un responsable du Hezbollah provoquera une grande escalade, dans la mesure où le Hezbollah ripostera, ce qui s'oppose actuellement à l'intérêt d'«Israël».

C'est pour la même raison que l'attaque a été perpétrée sur le territoire syrien, sur la base de l'équation élaborée durant les dernières années pour protéger la scène libanaise par des équations différentes de celles de la scène régionale.

Sinon, l'ennemi aurait pu attendre l'arrivée de la voiture sur le territoire libanais et puis la cibler, sans faire de victimes et ainsi livrer un message ayant un impact plus fort, montrant une plus grande détermination des chefs de l'ennemi. Mais l'insistance à délivrer le message sur le territoire syrien, illustre les craintes de la riposte du Hezbollah. Sur ce, ce qui a eu lieu à la frontière a illustré le niveau de la surprise des décideurs israéliens, ayant jugé que l'absence des martyrs les placera à l'écart de la riposte. Ainsi, l'incident du barbelé frontalier a brouillé leurs calculs. Ils sont actuellement placés devant des éventualités ouvertes à plusieurs scenarios, qui augmenteront le taux de l'inquiétude.

Message du passage outre le barbelé frontalier

Jusqu'à l'heure actuelle, le Hezbollah n'a pas encore publié de communiqué sur ce qui a eu lieu à la frontière avec la Palestine occupée. Cependant, on peut noter plusieurs remarques relatives au message délivré par l'incident, comme il sera lu par les chefs de l'ennemi.

L'ennemi n'a pas hésité à lier entre les deux incidents qui se sont succédé, surtout que la coupure du barbelé a eu lieu dans plusieurs points, avec une tactique créative dotée de professionnalisme, dans la mesure où les engins de détection n'ont point découvert les hommes qui ont franchi toutes les mesures de protection et de contrôle. Ce fait a été reconnu par la chaine de télévision israélienne CAN, qui a rappelé que toute la ligne frontalière est semée de moyens de surveillance et de défense, notant que l'arrivée des cellules au barbelé et le fait de le couper montrent  un professionnalisme élevé dans l'action qui aurait également nécessité la collecte de renseignements précis.

L'ennemi a estimé que cette opération à la frontière illustre la capacité à franchir la frontière en cas de nécessité, surtout que selon Israël Defense, ces frontières sont les plus dotées de moyens technologiques, ce qui donne à la résistance, selon les décideurs israéliens, davantage de cartes pour la confrontation des choix offensifs qui nécessitent un haut niveau de riposte.

L'ennemi a bien saisi de l'incident frontalier que ce niveau de messages agressifs en Syrie serait accompagné de réponses appropriées. On peut dire que la plupart des commentateurs et experts qui ont traité de l'incident de la barrière frontalière ont reconnu cette équation et ont reflété sa présence comme il se doit avec les dirigeants ennemis.

Parmi les plus éminents qui ont attiré l'attention sur cela, le commentateur militaire de la chaine 13 de la télévision, «Alon ben David», en disant que «quiconque a atteint la clôture et ouvert des brèches à trois endroits dit à Israël : je sais comment me rendre à la frontière, tu ne me verras pas et j'ouvrirai des brèches dans le barbelé à chaque moment.» Il a souligné que «les points d'observation de l'armée israélienne n'ont pas vu des membres du Hezbollah s'approcher» de la clôture. Ben David a qualifié ce message de très cruel et, par conséquent, il se reflétera probablement «dans la poursuite des opérations de l'armée israélienne contre le Hezbollah, que ce soit en Syrie ou au Liban».

A la lumière de ce qui précède, qualifier l'incident frontalier de «très dangereux» n'est que l'expression de la dimension des messages voulus, qui imposent plus de ligaments sur toute approche offensive en train d'être examinée.

Selon les commentateurs israéliens, le message à la frontière était retentissant, dans son lieu, son moment et ses tactiques, étant un indice sur ce qui attend l'ennemi en matière de prix à payer, plus qu'il ne l'estimait, lors de toute tentative de profiter de ce qu'il juge une chance qui lui permet d'imposer de nouvelles équations qui élargissent ses offensives.

En d'autres termes, «Israël» réalise parfaitement avoir reçu une carte jaune, adressée notamment aux décideurs de «Tel Aviv» et qui sera l'objet plus d'études.

Quels que soient les scénarios qui suivent, l'incident de la clôture, il s'est transformé en une étape de premier plan dans le contexte de la guerre sécuritaire qui se déroule entre le Hezbollah et l'entité ennemie, dans multiples pistes et arènes, et la plus sophistiquée en termes de méthodes et de tactiques.

Ce qui s'est passé ces derniers jours n'était rien d'autre qu'une démonstration, et  d'une manière qui ne déclenche pas une confrontation militaire que les deux parties ne veulent, pas à ce stade au moins.

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