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Aida Ayyad, une martyre sans corps ni tombe!

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Par Hamza AlAmine

Lors de l'évocation de tout massacre commis par l'ennemi sioniste, le premier témoin en est les images. Des images de corps meurtris ou brulés, illustrant le sinistre qui a frappé le Liban en avril 1996. Lorsqu'on voudrait prier pour le repos des âmes des martyrs, on pourrait visiter leurs tombeaux.

Cependant, on ne trouve aucune image du corps de Aida Ayyad. Ni une tombe. Comme si son corps a été pulvérisé dans l'air du Liban sud, pour libérer son âme de ses contraintes, laissant derrière elle un mystère et beaucoup de chagrin à ses proches.

Le 16 avril 1996 matin, quatrième jours de l'offensive israélienne contre le Liban sud et la Bekaa ouest, les avions israéliens ont mené un raid sur la demeure de Hussein Ayyad dans le village de Jmeijmeh. Sept raids ont transformé le lieu en décombres. Au début de l'offensive, plusieurs habitants du village s'y étaient refugiés, portant le nombre d’habitants à 45 personnes. Des enfants, des femmes et des hommes âgés. Un jour avant le raid, la moitié des habitants s'est rendue dans une demeure proche, dont Seddika Ayyad, soeur de Aida. Vers neuf heures du matin, Seddika a entendu les déflagrations dans le quartier. Mais elle n'a point estimé que la demeure de ses parents, abritant environ 20 personnes, a été pilonnée. Plus tard, elle est sortie de son refuge pour jeter un coup d'œil sur sa maison. Elle ne vit rien, que des décombres et de la fumée.

Les jeunes hommes du village ont accouru, en coopération avec les forces onusiennes, pour secourir les rescapés. On trouva deux corps, l'un celui du martyr Fadel Atoui, et l'autre de la martyre Fatima Ali Hamzeh, en plus de 21 blessés, tirés des décombres. Mais Aida n'est point sortie. La recherche se poursuivit un moment. Mais les efforts des secouristes furent vains. A la suite de la déclaration du cessez-le-feu, les parents de Aida sont retournés au village. Ils trouvèrent que la maison a été bombardée de nouveau, ce qui a compliqué les faits davantage.

Les fouilles ont duré plus de six mois, a affirmé Alia Zahoui, épouse du frère de Aida. «Nous avons contacté la Finul demandant leur assistance dans la recherche. Ils ont emmené les chiens entrainés pour fouiller dans les décombres et autour de la maison, arrivant à la chambre de coucher, où Aida était censée être lors du pilonnage. Certains murs de cette chambre étaient intacts, mais pas de trace de meubles, sauf une poussière blanche qui provoque une allergie cutanée. Même le fer des lits était introuvable», a affirmé Zahoui.

Tout a fondu!!!

La famille a poursuivi ses fouilles dans les lieux assez loins de la maison. Ils ont visité tous les hôpitaux, examiné tous les corps des martyrs et les blessés. Une période plus tard, un rapport publié par la Finul, a indiqué que les missiles tirés sur la demeure, n'étaient pas du genre qui laisse des fragments, mais qui fait fondre tout corps dans l'entourage, à haute température. Le rapport a estimé que le corps de la femme avait complètement fondu avec les meubles de la pièce, notant que l'obus aurait directement frappé la victime, mettant en garde contre la présence de produit toxique dans les ruines.

Les proches ont été contraints de croire à cette version des faits. Ils ont annoncé le martyre de Aida. Seule sa mère, Hajjeh Amina Yassine a refusé de croire. Elle n'a point été convaincue que sa fille a été tuée. Elle a longtemps attendu son retour. Elle a répété que sa fille avait perdu la mémoire et était toujours en vie. Qui pourrait convaincre une mère de la mort de sa fille, dont aucune parcelle du corps n'a été trouvée?

La mère est décédée l'année dernière, portant ses souffrances, espérant peut être de rencontrer sa fille dans l'au-delà.

Tous ont été à la recherche de Aida, sauf l'Etat auquel elle appartient. Les autorités n'ont point réagi. Même la sœur de la vicitme, ayant subi un choc et perdu la mémoire durant six mois et qui suit toujours le traitement, n'a pas été considérée comme une blessée de guerre. Sa famille l'a envoyée au Royaume-Uni, à ses frais, pour y être traitée.

Entre le rapport de la Finul qui a confirmé le martyre de Aida, et le sentiment de sa mère qui a refusé d'y croire, on hésite de réciter la prière pour le repos de son âme, ou de prier pour son retour. Offrons-lui plutôt une gerbe de victoire.

 

 

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