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Le monde occidental face à la rude épreuve du Coronavirus

Le monde occidental face à la rude épreuve du Coronavirus
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Antoine Charpentier

Depuis plusieurs mois, le monde se bat avec acharnement contre un ennemi invisible, un virus mortel nommé Covid-19. Il n’est pas utile à ce stade de l’histoire de l’humanité de se focaliser complétement au sujet de l’origine et la provenance de ce virus, même si la question a son importance. Actuellement l’enjeu est de combattre le virus, d’employer tous les moyens possibles, afin de limiter sa propagation. Malgré cela, le Covid-19 s’est transformé en crise politique de même ampleur que la crise sanitaire, dont les conséquences changeront à jamais la face du monde, modifiant les comportements des gouvernants et des gouvernés. La crise du Covid-19 remettra en question le principe de solidarité entre des pays alliés, tels que l’Europe et les États-Unis.

La presse européenne relaye régulièrement les manœuvres américaines consistant à confisquer les cargaisons chinoises en termes de masques, de produits désinfectants et de matériel médical destinés initialement à l’Europe en versant le double voire le triple du prix.

Le Covid-19 a révélé les limites de plusieurs gouvernements à travers le monde ainsi que leur incapacité à gérer ce type de nouvelles guerres non-conventionnelles. La France, sixième puissance mondiale, s’est laissé déborder par la crise, par manque de politique anticipatrice, mais aussi à cause de certains choix politiques, et une austérité irréaliste qui a déséquilibré profondément plusieurs domaines de la vie publique, dont celui de la santé. L’Allemagne, première puissance économique européenne, est également dans un cas similaire à la France. Le Covid-19 a tué pour l’instant des milliers et de milliers d’êtres humains à travers le Globe, paralysé l’économie mondiale, mettant provisoirement un terme à la liberté de circulation. La crise actuelle a exacerbé encore plus les tendances nationalistes et populistes dans le monde, notamment en Europe. Cette dernière assiste depuis quelques années à la montée des extrêmes de tous types.

Nous avons tous visionnés les vidéos postées sur You Tube où nous voyons des citoyens italiens, chantant leur hymne national, tout en brûlant le drapeau européen, où encore le vice-président du parlement italien Fabio Rambili qui décrocha le drapeau de l’Europe dans son bureau, remettant à la place celui de l’Italie, ou la Serbie qui a remplacé suite au fameux discours de son président le 16 mars 2020 le drapeau de l’Europe par celui de la Chine. Nous avons tous observé les convois militaires russes sillonnant les rues de l’Italie apportant aides et matériel nécessaire pour les italiens dans leur épreuve, tandis que l’Union européenne les a complétement abandonnés. Peut-être ces manifestations ne représentent pas la pensée majoritaire en Europe, mais elles donnent quelques indices de l’état d’esprit actuel des peuples européens et des enjeux avenirs. Le Covid-19 met-il l’Union européenne en péril. L’engage-t-elle sur la voie de la désunion ? Dans tous les cas l’Union européenne ne pourra plus esquiver le fait de rendre compte à ses peuples, apportant des réponses concrètes. Le mode de fonctionnement actuel de l’Europe sera quasiment impossible à l’avenir. Cette dernière sera contrainte de revoir sa copie afin d’éviter les exit. Les pays appartenant au camp occidental se sont désolidarisés sur le fond d’une valeur devenue naturelle dans la pensée et la culture occidentale, l’individualisme, permettant à la Chine et à la Russie de se faufiler, à maintenir leur expansion mondiale, servant leurs intérêts, tout en apportant une assistance aux populations en détresse.

La Chine remportera-t-elle la manche à l’issue de la crise du Covid-19 ? La probabilité est grande, même si la réponse n’est pas encore définitive. Cependant, une chose est certaine, les États-Unis ne demeureront pas à l’avenir l’unique superpuissance mondiale. Elles seront reléguées au rang d’une puissance mondiale parmi d’autres. Dorénavant, elles seront contraintes de partager leurs pouvoirs et leurs influences avec d’autres nations émergentes, telle que la Chine, la Russie.

Face à la grave crise sanitaire et humaine que le monde affronte de nos jours, Donald Trump et son administration continuent à maintenir et à durcir de façon inhumaine les sanctions contre plusieurs pays dans le monde, dont l’Iran ou encore la Syrie. Le New York Times a même révélé récemment le contenu d’une réunion au Pentagone visant à mettre en place un plan de frappes militaires contre l’Iran, tout en préparant un coup d’État en Irak. Les États-Unis prouvent malheureusement encore une fois leur manque d’empathie, démontrent qu’ils n’ont qu’un seul langage, celui des armes et des guerres. Cependant, dans le contexte actuel, le monde supportera-t-il une guerre quelconque ? Le monde attend-il à cette période de son histoire, un tel comportement d’une soi-disant superpuissance mondiale ?

Malgré les campagnes médiatiques de la presse occidentale contre la Chine, cette dernière prête main forte à plusieurs nations dans le monde. Malgré les sanctions américaines et européennes, la Russie aide le monde à affronter cette crise, notamment l’Europe. Par conséquent, que la Chine cache, ou manipule ses données concernant le Covid-19 comme l’a prétendu le ministre des affaires étrangères américain Mike Pompéo est relativement grave s’il est avéré, ce qui n’est pas le cas officiellement. Que la Russie biaise pour grignoter du terrain aux États-Unis, c’est tout à fait logique dans l’affrontement des grandes nations. Cependant, les individus à travers le monde, notamment en Europe se contrefichent actuellement des intérêts stratégiques, du positionnement de l’Occident dans le monde, des carrières politiques de leurs présidents, ministres etc etc. Leur premier souhait est de sortir de cette crise en vie, avec le moins de dégâts possibles. De ce fait, l’attention est portée sur ceux qui aident à traverser cette crise et ceux qui n’aident pas. Dans ce registre, les comparaisons se feront à l’avenir entre la posture de la Chine, de la Russie et celle des États-Unis, pour en tirer les bilans.

 

 

  

 

 

 

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