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Première interview de l’épouse du martyr Imad Moughniyeh, Saada Badreddine, avec les médias, via le site AlAhed

Première interview de l’épouse du martyr Imad Moughniyeh, Saada Badreddine, avec les médias, via le site AlAhed
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Par AlAhed

Saada Badreddine Moughniyeh, une femme hors du commun. Elle n'est ni du monde de la philosophie, ni du monde des penseurs et des intellectuels, peut-être qu'elle provient de tous ces mondes à fois.

Pas de flatterie dans son discours. L'épouse de haj Imad Moghnieh est une exception. Dans sa demeure un grand calme. Des larmes qu'elle tente de cacher dès que ses visiteurs entrent dans la salle de séjour. Ici, les martyrs sont présents. Une grande photo regroupe le grand chef jihadiste haj Imad, aux côtés de son fils martyr Jihad. Une autre photo du martyr Zoulfikar et une troisième récemment accrochée pour le chef des martyrs de l'axe de la résistance, haj Qassem Soleimani.

C'est une femme unique portant plusieurs surnoms: mère du martyr, sœur du martyr, et épouse du martyr. Elle porte la photo de son fils martyr. Le sourire toujours sur son visage même après la mort. Elle revient en arrière, à ses souvenirs avec son cher frère sayed Zoulfikar. Mais le ton de sa voix change et son trouble apparait dès l'évocation du nom d'Imad, même douze ans après le martyre.

Elle narre à AlAhed comment elle a rencontré son mari pour la première fois, en tant qu'ami de son frère Moutspaha Badreddine. Elle s'arrête sur les conditions précaires de sa vie conjugale et ses déplacements permanents avec les membres de la famille, en raison des conditions du travail de l'époux.

Elle accueille ses visiteurs avec bonté et convivialité, même si elle les rencontrait pour la première fois. Cette femme qui a été privée de la vie sociale normale, distinguée dans tous les détails de sa vie, pleure à plusieurs reprises lorsqu'on évoque haj Imad. Pourtant, elle ne cesse de répéter les propos de Sayeda Zeinab: «Je n'ai vu que du bien».

Première interview de l’épouse du martyr Imad Moughniyeh, Saada Badreddine, avec les médias, via le site AlAhed

Ci-dessous le texte de l’interview :

1-Comment avez-vous fait la connaissance de haj Imad ?

Les demeures des deux familles Moughnieh et Badreddine étaient proches l’une de l’autre, dans le même quartier de Ghobeiri, près de la mosquée Imam Zein Al-Abidine. Durant cette période, des jeunes, aspirant à de meilleures conditions de vie, se rendaient dans les deux mosquées d’Al-Chiah et de Ghobeiri, alors que selon les coutumes seules les personnes âgées entraient dans les mosquées.

Plusieurs jeunes hommes se sont regroupés en faveur d’un simple objectif, qui était plutôt un défi aux coutumes. Parmi ces jeunes, il y avait Imad Moghnieh et sayed Moustapha Badreddine.

La connaissance entre ces deux jeunes hommes a été suivie d’échanges de visites. Ainsi j’ai fait la connaissance de haj Imad, dans notre maison à Ghobeiri. J’ai fait alors la connaissance d’un jeune homme révolutionnaire, qui planifie et met en œuvre ses plans. Le simple objectif de ces jeunes gens a pris une ampleur avec l’augmentation des défis à partir de la guerre civile arrivant à la victoire de la révolution islamique en 1979 et le martyre de sayed Mohammad Baker Al-Sader, et puis l’invasion de Beyrouth en 1982. Tous ces vengements ont poussé ces jeunes à relever les défis à profiter des chances.

2- Que possédait haj Imad lors de votre mariage ?

Lorsqu’on a fait connaissance, il ne possédait rien. Nous nous sommes mariés et sommes allés directement en Iran, où j’ai résidé chez une famille libanaise parce que haj Imad n’avait pas la possibilité de louer une maison. De retour à Beyrouth, notre domicile conjugal était dans le balcon de la maison de ses parents à Chiyah. Ce fut mon lieu de résidence même à la suite de la naissance de ma fille Fatima. Après la naissance de mon fils ainé, nous avons commencé à se déplacer avec lui, dans les lieux de son travail. Ce déplacement dura plusieurs ans avant que l’on s’installe finalement entre les années 2000 et 2006, dans son dernier lieu de travail. Nous y demeurions six ans, ces années les plus stables de notre vie, avec notre fils Jihad, jusqu’au début de la guerre de 2006. Nous devions nous déplacer toujours pour préserver sa sécurité. En dépit des difficultés qu’on a endurées en tant que famille, nous ressentions tous la responsabilité qui nous incombait à l’égard de haj Imad, non seulement comme mari et père, mais aussi comme chef.

3- Que pouvez-vous nous raconter sur les débuts du Jihad et le long itinéraire de patience ?

Nous devions tous réaliser l’importance des difficultés de la vie. Les discours religieux et ceux de Ahl- el-Beit nous appellent à la patience pour compléter notre humanité. Je rappelle dans ce contexte les propos de mon mari, haj Imad, qui affirmait que l’axe le plus important dans les équations jihadistes est l’Homme. Depuis le premier instant de mon mariage, j’ai réalisé la nature dure et épineuse de ma nouvelle vie. Ainsi, j’ai défini mon rôle et mission et opté de continuer sachant que ce rôle me complète en tant qu’individu humain. Cette conviction était ancrée de plus en plus chaque fois que notre famille endurait, quel que soit l’intensité et les détails du problème. On savait que la vie de haj Imad était compliquée en raison de son travail jihadiste, précédant l’action de la résistance. Nous devions vivre à ses côtés comme il menait sa vie, respectant ses spécificités. Nous ne devons pas déclarer nos noms, notre parenté, pas de voisins, même pas de demeure stable. Donc pas de vie sociale. De surcroit on craignait toujours pour lui. L’attente était une de nos habitudes. Cependant, toutes ces conditions ne nous ont point empêché de vivre des moments en famille, comme toutes les familles, notamment lors des fêtes et des cérémonies privées. Nous menions une vie précaire, selon la conjoncture.

4-Comment était illustrée la fidélité de haj Imad à son travail ? Que recommandait-t-il à sa famille ?

Depuis son enfance, haj Imad était connu par son mutisme, comme affirmait sa mère défunte. C’est ce que j’ai moi-même constaté durant ma vie conjugale. Il n’évoquait jamais son travail jihadiste, lors des réunions familiales. Il était gentil, souriant et penseur. Je savais qu’il pensait toujours à son travail. Il n’a jamais fait de séparation entre sa personne et son travail. Chaque grain de son âme et de son corps était un travail. Durant nos réunions familiales, si quelque chose attirait son attention, je savais qu’il examinait comment y investir dans son travail, même si c’était une question insignifiante pour nous. Cette passion, mêlée d’une grande intelligence, ces compétences à ne point s’attribuer les réalisations de la résistance étaient incompréhensibles pour moi. C’était un de ses dons. La confidentialité faisait partie intégrante de sa personnalité. Sa loyauté découlait de ses comportements quotidiens. Il me demandait de lui chercher des prières pour l’aider dans son travail. Des prières qu’il effectuait toutes. Il n’était pas des personnes qui adressent des conseils directement. Mais son attitude à l’égard de son travail jihadiste était significative, plus que le conseil. C’était des directives pratiques. Pour lui, la priorité était accordée au don afin de préserver la résistance, comme tous les chefs martyrs.

En effet, sayed Abbas Moussaoui l’avait exprimé clairement, selon la conviction du Hezbollah «la recommandation principale est de préserver la résistance».

5- Voudriez-vous nous révéler certains aspects de la personnalité du mari, du père et du chef ?

Haj Imad écatit un grand croyant. Il pratiquait cette croyance en Dieu vis-à-vis de la nation et de tout opprimé. Il a consacré sa personne, son esprit et ses capacités mentales et physiques en faveur de la justice dans la nation. Il n’était point un mari ou un père traditionnel. Ses moments auprès de la famille était minutieusement calculés. Mais présent, il était toujours souriant, sympathique.il partageait nos moments spontanés et interagissait avec nos échanges. Nous ne ressentions pas l’ampleur de ses responsabilités.

6- Quelle la nomination la plus chère pour vous : l’épouse du martyr Imad, la sœur du martyr Zoulfikar ou la mère du martyr Jihad ?

Pas de surnoms en échange du degré du martyr. Je suis une croyante. Dieu m’a conféré la bénédiction de la vie pour accompagner ces martyrs. Mon mari, mon frère et mon fils, durant les étapes de leur vie, pour consentir plus tard le sacrifice suprême et ce statut éminent.

7- Que fut la plus difficile situation durant votre vie aux côtés de haj Imad et la plus belle ?

Grace à Dieu, je trouvais toutes les situations bonnes, même les plus dures. Tous les évènements que nous avions vécus en tant que famille durant des années, je crois que le plus dure était d’attendre son retour. Le plus beau moment était de le rencontrer après l’attente.

8- Comment sayed Hassan Nasrallah a-t-il présenté ses condoléances lors du martyre de haj Imad, de Jihad et de sayed Zoulfikar ?

Sayed Nasrallah n’a pas fait d’exception. Il nous a présentés ses condoléances comme il le faisait auprès de tous les proches des martyrs. Mais lors du martyr de mon fils Jihad, je lui ai adressé une question directe selon laquelle comment mon fils est tombé en martyr. Il m’a répondu : «je l’envie pour ce martyre».

9- Quelle histoire pouvez-vous nous raconter sur la guerre de juillet et votre première rencontre avec haj Qassem Soleimani ?

Durant la guerre de juillet 2006, je rencontrais haj Imad pour lui préparer son repas, puisqu’il était en jeune tout au long de la guerre. Jusqu’en 2006, je n’avais pas encore rencontré haj Qassem Soleimani. Un de ces jours, je m’étais mis d’accord avec haj Imad sur un lieu pour le rencontrer et lui donner son repas. Haj Imad y est arrivé à bord d’un motocycle, avec une autre personne. Il me demanda de saluer son compagnon. J’ai alors constaté la présence de haj Qassem. Notre connaissance s’est renforcée plus tard, après le martyre de haj Imad. Avant je ne l’avais jamais rencontré.

10- Est-il vrai que haj Soleimani vous avait demandé de prier pour lui pour tomber en martyre ?

Deux mois avant son martyre, haj Soleimani m’a demandé de prier pour lier, pour qu’il obtienne un martyre similaire à celui de Jihad. Je l’ai fait à plusieurs reprises.

11- Quel est votre message aux jeunes du Hezbollah et à leur chef ?

Je les remercie pour leurs dons. Je les remercie pour nous avoir donné la chance du jihad à leurs côtés et pour toute l’expérience, connaissances, force et fierté. Selon notre religion et doctrine, la récompense sera dans l’autre monde. Je leur affirme que la présence de sayed Hassan Nasrallah entre nous est une chance glorieuse à laquelle nous devons nous attacher et remercier Dieu pour ce grand don.

Le trait principal de la personnalité de haj Imad était d’investir dans les opportunités et de transformer les menaces en chances, comme le reconnait l’ami et l’ennemi. La personne de sayed Hassan Nasrallah est une chance pour nous en tant que nation pour faire justice et refuser toute injustice. Au niveau personnel, tout ce que sayed Hassan Nasrallah recommande dans notre itinéraire jihadiste, je suis prête à l’assumer.

 

 

 

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