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S.Nasrallah: ’Avec le martyre de haj Qassem Soleimani, c’est la renaissance de la nation qui mettra fin au grand Satan US dans la région’.

S.Nasrallah: ’Avec le martyre de haj Qassem Soleimani, c’est la renaissance de la nation qui mettra fin au grand Satan US dans la région’.
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Par AlAhed

Le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a accordé une interview de plus de deux heures à une chaine de télévision iranienne, à l'occasion du 40ème jour au martyre du commandant de la brigade al-Qods le général Qassem Soleimani. Dans ce qui suit, les idées essentielles de cette interview:

Je vous remercie pour nous avoir accordé de votre temps pour mener cette interview malgré vos occupations et vos responsabilités. Certes, ceci reflète la place primordiale qu'occupe le martyr Hajj Qassem Souleimani. Veuillez au début nous clarifier la nature du rapport historique entre les gardiens de la révolution avec la genèse du Hezbollah.

Au nom de Dieu… Dans la foulée de l'invasion israélienne du Liban en 1982, l'armée de l'occupation israélienne est entrée au sud Liban et dans une partie de la Békaa arrivant à la capitale Beyrouth. Il a occupé la capitale et les banlieues aussi. A ce moment-là, son éminence l'imam Khomeyni a donné ordre d'envoyer des forces iraniennes dans la région pour aider les Syriens et les Libanais pour faire face à cette invasion. Je me rappelle à cette époque qu'une délégation conjointe du commandement des gardiens de la révolution, et a rencontré la direction syrienne. Ensuite, certaines forces iraniennes sont venues dans la région. L'ennemi a cessé son avancée dans les territoires libanais. Nous sommes devenus face à une nouvelle conjoncture: près de la moitié du territoire libanais a été occupée. Pendant ce temps, les forces iraniennes qui sont venues sur place avaient changé de mission: alors qu'il fallait qu'elles combattent pour défendre le reste du Liban et de la Syrie, ces forces ont été chargées d'aider les Libanais à former une résistance locale libanaise, composée d'effectif libanais, pour combattre l'occupation israélienne.  Ainsi, un grand nombre de forces iraniennes est retournée en Iran, puisque leur frontière était embrasée par la guerre imposée sur leur pays. Ceux qui sont restés au Liban étaient des gardiens de la révolution. Ils étaient déployés en Syrie, et dans la région de Baalbeck-Hermel, parce qu'elle n'était pas sous l'emprise de l'occupation israélienne. A partir de ce moment, une relation directe est née entre les frères des gardiens, les oulémas et les jeunes libanais. Sayed Abbas Moussaoui et Hajj Imad Moughniyeh figuraient parmi eux. L'objectif était de former des groupes de combat pour lutter contre l'occupation sioniste au sud Liban. Au début de la genèse des gardiens de la révolution, la force d'al-Qods n'existait pas encore. A la fin de la guerre irano-irakienne, Sayed Ali Khamenei a ordonné la mise en place de certaines forces dans les rangs des gardiens, dont la force d'al-Qods. C'était la partie avec laquelle nous avons coopéré et nous le faisons à ce jour.

Quand est-ce que vous avez rencontré le martyr Soleimani?

Après avoir été nommé commandant de la brigade al-Qods, haj Soleimani est venu au Liban et nous avons fait sa connaissance. Avant, haj Qassem était aux fronts de combat en Iran. On ne le connaissait pas avant. Depuis la première rencontre, à laquelle avaient assisté hajj Imad Moghniyeh et Hajj Mostapaha Badredine, nous avons senti cette harmonie et cette similitude au niveau des positions, nous avons eu l'impression de le connaitre depuis bien longtemps. Cette impression positive et cette interaction a marqué le début de la relation avec lui et s'est poursuivi jusqu'à son martyre.

- Après la nomination de Soleimani comme commandant de la brigade al-Qods, hajj Imad Moughniyeh a été désigné au poste d'assistant de combat. Etait-ce une coïncidence?

Ca n'avait aucun rapport. C'était une affaire interne dans la hiérarchie du travail djihadiste du Hezbollah. Nous avions deux secteurs: celui de l'action militaire et le secteur de l'action sécuritaire. Et les deux étaient reliés directement au secrétaire général du Hezbollah. Avec le temps, nous avons éprouvé le besoin d'élargir notre action, et donc de nommer une personne comme assistant djihadiste pour nous aider dans la direction du dossier du combat et de la résistance. Nous avons convenu de choisir hajj Imad. Mais c'était une pure coïncidence, sa désignation était simultanée avec la nomination de hajj Souleimani comme commandant de la brigade al-Qods. 

 Hajj Qassem était quelqu'un de très expérimenté dans le monde de combat, alors que hajj Imad était une personne sécuritaire. N'aviez-vous pas eu un pressentiment sur ce point?

Pas du tout. Hajj Imad était une personne sécuritaire mais aussi un combattant qui oeuvrait et agissait dans le domaine du combat. Nous avons réalisé ensuite que Hajj Souleimani n'était pas un simple général militaire, mais il avait une grande connaissance dans les questions politiques, sécuritaires et culturelles. Immédiatement, un lien d'amitié a uni les deux personnalités. Ils coopéraient avec confiance et fraternité dans tous les domaines. Ceci a donné un élan à l'action de la résistance.

Ces deux martyrs se connaissaient-ils auparavant?

Non, personne ne connaissait hajj Qassem avant sa nomination comme commandant de la brigade al-Qods. Un jour, quand nous parlerons du bureau de hajj Qassem, nous saurons l'école qu'il a instituée. Il n'était pas un simple dirigeant qui s'asseyait dans son bureau, mais il descendait sur le terrain. Il avait tissé des relations personnelles avec des frères au Liban, en Syrie, en Irak, en Palestine, au Yémen.

Avec Hajj Imad, la relation était très solide, ils échangeaient les visites familiales. A ce point, ils dont devenus des frères ou des anciens amis. Quand nous visitions l'Iran, on rendait visite à Hajj Souleimani en présence du martyr Kazemi.

Que signifie le terme "l'école de hajj Qassem"?

Hajj Qassem était un adepte de l'école de l'imam Khomeiny. Hajj Qassem avait un mode de travail bien spécial. Il était un commandant des unités des gardiens de la révolution. Normalement, il pouvait dire aux gens: je suis dans mon bureau, venez me visiter là-bas. Mais hajj Qassem se rendait lui-même sur le champ de bataille. Nous sommes allés chez lui rarement, mais c'est lui qui venait nous voir fréquemment. Il visitait les moujahidines, se recueillait de leurs nouvelles, il écoutait leurs revendications et leurs points de vue. Ceci lui permettait d'être aux côtés des combattants et d'entendre les problèmes de tous. De plus, cette mesure lui permettait d'avoir une idée plus globale et crédible de tout ce qui se passe sur le terrain, il ne comptait pas sur les rapports sécuritaires.

Par ailleurs, il ne se fatiguait jamais, il ne désespérait point. Il pouvait veiller, il était assidu et minutieux. Il supervisait tous les développements. Il ne négligeait aucun détail et faisait tout son travail. Il se rendait aux premiers fronts de combat. …

Tout ce qu'on dit sur l'école de hajj Souleimani est puisé de l'école de l'imam Khomeiny.

Comment était l'état du Hezbollah 1998 et 1999. Comment décrivez-vous l'impact de ces deux grands leaders sur le parcours de la résistance?

Depuis 1982 à 1985, la première victoire au Liban a été réalisée, avec l'expulsion des forces de l'occupation israélienne. De 1985 à 1998, les capacités militaires et humaines de la résistance se développaient lentement. Quand Hajj Qassem a pris ses fonctions, il est venu au Liban et a recueilli les informations nécessaires pour assurer tous les besoins de la résistance.

Il communiquait toujours avec les combattants au Liban, ce qui a favorisé la victoire de 2000. Mais cette victoire est un cumul de développements de potentiels et de la qualité des opérations militaires.

Après le retrait israélien du Sud, vous avez rencontré Sayed Ali Khamenei. Qu'avez-vous à nous dire?

C'était la visite la plus importante avant le retrait. On se rendait en Iran, et on a rencontré Sayed Khamenei, et nous avions discuté de la situation au Sud Liban. Nous pensions que les Israéliens ne quitteront pas le Sud qu'après accords et engagements militaires, et qu'il était difficile de quitter sous la pression des combats. A cette époque, Ehud Barack avait dit qu'en cas de réussite au scrutin électoral, il se retirera du Liban en juillet 2000. Lors de notre rencontre avec Sayed Khamenei fin 1999, nous lui avons dit que nous ne nous attendions pas au retrait de l'ennemi avant cette date parce qu'il cherche des engagements sécuritaires et des gains, mais la direction syrienne et les responsables au Liban ne lui accorderont pas ce qu'il désire. Il était donc devant deux choix: soit rester et endurer, soit se retirer inconditionnellement. Il avait dit: vous mes fils, êtes devant une grande victoire et vous la réaliserez très prochainement. Il m'avait regardé et a marqué un petit sourire. Il s'est retourné à ces 50 frères qui combattent aux premières lignes de front et leur a dit: vous  allez tous assister à cette victoire. Six mois après, la victoire a eu lieu le 25 mai 2000, tous les commandants qui étaient présents dans la rencontre étaient vivants. Après un certain temps, quelques commandants sont tombés en martyre. Hajj Souleimani était présent dans cette rencontre.

Reste à ajouter que tous les analystes, les experts en politiques, les Palestiniens, les Libanais étaient certains que les Israéliens ne quitteront pas le Liban sans un accord.

Avec le temps, les potentiels balistiques du Hezbollah se sont développés. Quel était le rôle de haj Qassem?

Le grand impact de hajj Qassem a eu lieu dans les deux années qui ont suivi l'an 2000. Il réalisait que nous sommes entrés dans une nouvelle époque de combat avec l'ennemi. Il fallait donc se préparer pour la nouvelle conjoncture.

Nous devons donc commencer à se préparer pour la nouvelle bataille. Dieu nous a accordé six ans pour nous préparer à la nouvelle bataille.

De 2000 à 2006, les potentiels de la résistance en termes de missiles balistiques se sont largement développés. Quel en était le rôle de hajj Soleimani?

Le plus grand impact du rôle de hajj souleimani a eu lieu au cours de ces années parce que dans les deux premières années de son entrée en fonction, il voulait connaitre le champ d'action au Liban. Il avait besoin de comprendre tous les détails. Après l'an 2000, nous sommes entrées dans une nouvelle  période de combat, et nous savions que la prochaine bataille avec l'ennemi sera différente. Ils sont à l'intérieur de la Palestine et non pas au Liban. Donc, il ne sera plus question de guerre de guérillas. Il était clair pour hajj Souleimani et les frères combattants de la résistance que l'ennemi allait se venger. Leur défaite au Liban a changé le regard des Palestiniens et de la région envers l'occupation et son avenir. Le retrait de l'occupation par la force et sans conditions ni accords sécuritaires était sans précédent dans notre région. Pour cette raison, Israël n'allait pas tolérer ce changement stratégique, et retournera pour lancer une guerre contre le Liban et la résistance. Il fallait donc nous préparer pour ce jour, et nous ne savions pas quand elle sera lancée. Nous nous attendions chaque année à cette guerre, jusqu'à l'an 2006. Depuis la libération du sud, nous nous préparions à ce jour. Le grand rôle de hajj Souleimani nous a ouvert de nouveaux horizons. Nous nous sommes dotes d'une force balistique puisque nous aurons besoin de ce type d'armement dans toute prochaine guerre. Ce n'était pas facile parce que nous voulions des compétences scientifiques et de missiles que nous allonrs chercher de régions lointaines pour les installer et les cacher des yeux du monde. La mise en place d'un tel type d'armement était très compliquée et ceci a été assuré grâce aux efforts de hajj Qassem et hajj Imad.

L'acquisition de ce type de missiles, de drones et de nouvelles armes comme les missiles sol-mer a permis de bombarder le navire Saar-5 au large de la Méditerranée. En 2006, la résistance était prête à ce genre de guerre. Les exploits de la résistance étaient dûs après l'aide de Dieu, aux préparatifs de guerre dans lesquels Hajj Souleimani avait le premier rôle. Et tout ceci était béni par le guide la révolution islamique.

Pourriez-vous nous raconter le rôle de hajj Qassem en 2006? Les conditions étaient difficiles dans la Banlieue Sud. Quels sont vos mémoires sur cette époque?

 L'arrivée de hajj Qassem était très importante. Pourtant il n'était pas obligé de le faire, il pouvait rester à Téhéran ou venir à Damas qui était sûr à cette époque. Mais il est venu chez nous, il a récolté les informations nécessaires pour les transmettre à Sayed Khamenei. Puis il est revenu chez nous et nous a transmis un message de Sayed Khamenei, et y est resté jusqu'à la fin de la guerre. Lors de sa présence, il nous a donné un fort soutien moral et psychique, surtout qu'il y avait des familles déplacées et des maisons détruites, et que la communauté internationale était contre nous. A un certain moment, nous étions sur le point de frapper Tel Aviv, mais nous avons enfin établi une équation "Beyrouth contre Tel Aviv". L'ennemi a dû s'y soumettre… hajj Qassem a été ému par la lettre des combattants, il avait pleuré quand il l'a entendu dans les médias.

Craigniez-vous le martyre de hajj Qassem?

J'étais inquiet pour lui comme pour tous mes frères, parce que les Israéliens bombardaient tous azimuts et nous n'avons pas permis à l'ennemi de connaitre nos endroits. C'est Dieu qui nous a protégés.

Vous avez dit que Hajj Souleimani a fait le périple entre Téhéran et Beyrouth maintes fois pendant la guerre. N'avait-il pas transmis un message de la part de Sayed Khamenei?

   Quand il est rentré de l'Iran, il avait un message de Sayed Qaëd selon lequel "l'opération de la capture des deux soldats israéliens était une manifestation de la miséricorde divine parce qu'Israël et les USA avaient planifié la guerre contre le Liban vers la fin d'été, et quand les deux soldats ont été capturés, ils étaient obligés de déclencher la guerre. La différence est que le facteur surprise a été éliminé. Ensuite de grands journalistes arabes comme Mohammad Hassanein Haykal et un britannique ont soutenu cette analyse fortement. Sayed Khamenei avait par ailleurs rassuré le Hezbollah qu'il allait sortir vainqueur en fin de compte et qu'il deviendra une force invincible et imbattable dans la région. Alors que tout le monde s'attendait à l'écrasement du Hezbollah, nous sommes sortis de la guerre plus forts que jamais. 

Quels étaient le point de vue et les analyses de hajj Qassem après la guerre de juillet? Nous savons qu'il était un homme militaire alors que ce que vous venez de dire s'inscrit dans la catégorie des sujets politiques.

Haj Qassem avait une personnalité à multiples facettes. Sur le plan politique, il était un penseur qui lisait les idées et présentait les solutions. Il suivait tous les développements et était au courant de tout. Il avait une capacité intellectuelle créative, il était un politicien aussi important que son action militaire.  Il planifiait pour les trois années à venir. Il considérait que ce qui se passe au Liban n'affectera point la force du Hezbollah.

Quelle était la réaction de hajj Qassem au martyre de hajj Imad et hajj Zoulfikar?

 Il faisait preuve de retenue mais dans les réunions closes il pleurait fort parce qu'il avait de liens solides et étroits avec hajj Imad. Il se sentait responsable du martyre de hajj Imad parce qu'il était assassiné juste après avoir accompagné Souleimani à l'aéroport de Damas. Je lui a dit qu'il ne devait pas se sentir responsable puisque hajj Imad était poursuivi à Damas.

Avez-vous de souvenirs sur le déclenchement de la guerre en Irak et en Syrie? Quel type d'aide vous a-t-il demandé?

 Hajj Qassem est venu personnellement avec d'autres personnalités des gardiens de la révolution à Bagdad, il a contacté les Irakiens et les factions de résistance. Il est descendu sur place pour s'enquérir de près de la situation. A ce moment, hajj Qassem est venu au Liban et m'a demandé de dépêcher 120 commandants du Hezbollah, avançant que les nécessités de la protection du peuple irakien et des lieux saints l'exigeaient. Durant 22 ans, hajj Souleimani ne nous a jamais fait une demande pour l'Iran, mais il a demandé notre aide en Irak. Nous lui avons assuré 60 commandants, dont certains étaient en  Syrie et d'autres nous les avons réveillés immédiatement parce que hajj Souleimani voulait les accompagner juste après la prière du matin. Effectivement, il a quitté le Liban avec 60 commandants  de combat du Hezbollah et est allé aux fronts de guerre en Irak. Les combattants irakiens avaient besoin d'une direction. Il avait reçu une promesse de ma part de lui envoyer le reste des commandants dans les jours suivants.  Il était très ému de ce qui se passait en Irak, et il était prêt de mourir pour la protection de l'Irak et des lieux saints.

Quand est-ce que vous avez fait connaissance de hajj Abou Mahdi al-Mohandiss? Vous rappelez-vous de la première rencontre?

J'ai fait la connaissance de hajj al-Mohandiss début 1991-1992. Il n'y avait pas de connaissance avant, et il était présent au Koweit. Je l'ai rencontré à Téhéra et il était le haut commandant des forces Badr irakiennes. Immédiatement, une relation d'amitié et de respect est née entre nous, et il connaissait Sayed Zoulfikar et hajj Imad. La connaissance mutuelle de hajj Qassem a renforcé notre relation avec lui et la coopération mutuelle.  Dans la foulée de la lutte contre Daech, nos frères combattants sont partis en Irak pour aider le hached al-Chaabi. Nous étions en contact direct avec hajj Abou Mahdi, qui à son tour visitait le Liban. Trois mois avant son martyre il est venu au Liban, et une fois il s'est rendu avec sa famille.

Il disait que Daech a été vaincu militairement mais il a exprimé ses craintes que la guerre se termine sans qu'il ne tombe en martyre. "Ma barbe est devenue toute blanche comme mes cheveux. J'ai peur de mourir au lit. Je vous demande de prier Dieu pour qu'il m'accorde le martyre.

La guerre en Irak a obligé haj Qassem d'être présent en force sur le champ de bataille et dans les premières lignes de combat. Les conditions n'étaient-elles pas dangereuses?

 Il était toujours dans la ligne de mire de l'ennemi et refusait d'agir dans les lignes retranchées. Il cherchait à voir la situation de près, il connaissait ses responsabilités et ses devoirs. Ce n'était pas juste pour tomber en martyre. Il avait une vision selon laquelle la bataille en Syrie et en Irak nécessitait une grande ténacité, et ceci ne pouvait se faire que sur la présence sur les lignes avancées de combat. En effet, il avait la capacité de rehausser considérablement le moral des combattants. Il avait tissé un rapport affectif et émotionnel avec les combattants qui l'embrassaient et l'enlaçaient.

Avez-vous rencontré hajj Qassem et hajj Mohandis après la défaite du projet de Daech en Syrie et en Irak?

Oui, et nous possédons des photos sur leur visite dans la Banlieue, et nous avons exposé les derniers développements en Irak et la nature de l'aide que nous pouvons fournir pour la prochaine étape, et ce que les frères irakiens peuvent faire en cas de guerre contre le Liban ou la région.

Quand avez-vous eu la dernière rencontre avec haj Qassem?

C'était un mercredi, deux jours avant son martyre, il était à Beyrouth, il a effectué la prière du crépuscule et est parti en Syrie. sa visite était imprévue et inattendue. Il était occupé par les développements en Irak. Mardi soir, on m'a informé de l'intention de hajj Qassem de venir le lendemain à Beyrouth, et j'étais surpris.

Nous avons parlé pendant 6 ou 7 heures. Il m'a dit qu'il était venu juste pour me voir. Il n'y avait pas de questions urgentes à en débattre. Il m'avait rassuré et avait résolu un problème de 4 mois en une réunion. Il avait l'air heureux malgré les lourdes responsabilités. Il plaisantait beaucoup et riait beaucoup. je lui ai fait part de mes inquiétudes parce que les médias US parlent tout le temps de lui et le considèrent comme le commandant irremplaçable, ce qui fut un prélude à son assassinat. Il m'a répondu: Mais c'est bien alors ainsi mon rêve sera réalisé!

Il avait aussi demandé aux frères de prendre des photos de cette rencontre. Je lui ai demandé de reporter sa visite à Bagdad mais il ne pouvait pas en raison d'une rencontre prévue avec le Premier ministre irakien.

Quand est-ce que vous avez entendu la nouvelle de son martyre?

 Le soir après minuit. En lisant, je laisse la télé allumée pour voir si des informations urgentes tombent. Une chaine de télévision a posté une information faisant état de la chute de roquettes Katioucha sur l'aéroport de Bagdad. Peu de temps après, une autre nouvelle disait que les Américains ont bombardé un convoi du Hached el-Chaabi. Immédiatement j'ai eu le sentiment que hajj Qassem est tombé en martyre. Nous avons contacté les frères en Irak, mais aucune réponse. Nous avons contacté Téhéran et peu de temps après la nouvelle de son martyre a été confirmée.

Vous avez dit que le martyre de hajj Qassem sera un tournant dans l'histoire.

 Ce qu'a fait Washington a brisé toutes les lignes rouges, ce qui place le front de la résistance dans une confrontation directe avec l'administration US. C'est nouveau et ce sera au niveau de toute la région. La nouvelle confrontation prendra plusieurs formes: politique, économique, sécuritaire. La décision de combattre ouvertement le grand Satan provoquera des changements grandioses dans la région. Ils ont misé sur l'affaiblissement de l'axe de la résistance après l'assassinat des deux leaders, mais c'est tout à fait le contraire. Des missiles se sont abattus sur une base US sans provoquer de réaction de leur part. au Yémen, les victoires se multiplient. En Syrie et en Irak, une grande avancée est perçue sur le terrain et les forces irakiennes et syriennes sont en train de nettoyer les dernières poches de Daech. En Palestine la position des factions de la résistance est forte et solide. Sur toutes les places de notre monde arabe, je pense que le sang de hajj Qassem et Abou Mahdi ont donné un grand élan pour les mouvements de résistance. Au Hezbollah, de nombreux combattants m'ont écrit pour demander l'autorisation de mener une opération martyre. En effet, c'est une nouvelle renaissance pour l'axe de la résistance.

Comment trouvez-vous l'avenir de la région surtout la libération de la Palestine? Est-elle imminente ou bien le martyre de hajj Qassem l'a reportée?

Bien au contraire, le martyre de hajj Qassem est derrière ce nouvel élan de résistance. Pas question de s'inquiéter inchallah, dieu nous garde. Notre amour pour hajj Qassem et Abou Mahdi nous donnera plus de force et de décision et nous travaillerons pour réaliser nos objectifs.

D'aucuns pensent que le martyre de hajj Souleimani est lié au deal du siècle. Qu'en dites-vous? 

Ca fait partie de la bataille. L'administration US et Trump défendent les intérêts d'Israël, et veulent imposer le deal du siècle sur nos peuples. Pour cette raison, ils ont voulu se débarrasser de cette personnalité omnisciente pour atteindre leurs objectifs.

A la fin, on vous laisse le soin d'ajouter ce que vous désirez

 Ma connaissance de hajj Qassem était l'une des plus grandes grâces divines, nous étions de véritables frères qui partagions 98% des idées. Je l'aimais de tout mon cœur, il m'était cher. J'étais toujours prêt de me sacrifier pour protéger hajj Qassem. Un jour, j'ai terminé ma prière et je méditais. Je me suis figuré l'ange de la mort venir me dire de son intention d'arracher l'âme de hajj Qassem, mais qu'il voulait me placer devant deux choix: soit il arrache l'âme de hajj Qassem, soit il le laisse en vie mais il arrache en contrepartie mon âme. Je me disais sans ambages: Evidemment, prends mon âme et laisse hajj Qassem.

Je pense que la présence de Hajj Qassem sert l'Islam et la nation et la résistance bien plus que moi. Je pense que sa présence parmi nous représentait une grande bénédiction.

 

 

 

 

 

 

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