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Le décès de Kazem Abbas révèle au grand jour la négligence médicale des prisonniers d’opinion de la prison de Jaw

Le décès de Kazem Abbas révèle au grand jour la négligence médicale des prisonniers d’opinion de la prison de Jaw
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Par AlAhed

A la suite de plusieurs années de souffrance de la négligence médicale dans la prison Jaw, l'ex- prisonnier d'opinion sayed Kazem Abbas est décédé, en raison du cancer, à l'âge de 24 ans.

Sayed Kazem est originaire du village Al-Sahlé à Bahreïn. Il ne souffrait d'aucune maladie avant sa détention en 2015, où il a souffert de la torture, de la détention arbitraire et de la privation des soins médicaux dans la prison Jaw.

Il fut libéré provisoirement en juillet 2018, après la détérioration de son état de santé, à cause du cancer qui lui a provoqué une cécité.

Comment sayed Kazem a été arrêté?

Avant son arrestation, sayed Kazem Ali Abbas travaillait comme menuisier. Le 30 juillet 2015, un officier du bureau de la police de Koudeibieh l'a arrêté dans l'aéroport international de Bahreïn, au moment où il se rendait au Koweït, mais sans l'informer des chefs d'accusation.

Les officiers de la police ont perquisitionné sa demeure sans permis judicaire et l'ont fouillée. Le détenu fut maltraité par les officiers. L'un d'eux lui a asséné une frappe sur l'oreille, lui causant une grave blessure. Plus tard, l'officier a prétendu que sayed Kazem Abbas l'a agressé. Le détenu a subi des coups sur son corps et visage dans le bureau de police d'Al-Koudeibieh. Il fut envoyé à un médecin dans l'hôpital Al-Suleimanieh, où un rapport a été écrit sur sa blessure à l'oreille. Mais les autorités n'ont pas soumis ce rapport aux concernés, notamment à sa famille.

Plusieurs accusations arbitraires

Sayed Kazem a été accusé dans deux affaires distinctes :

La première de participer à un rassemblement illégal et à des attaques contre le bureau de police d'Al-Kahmis

La seconde, est d'attaquer un officier après l'arrestation.

Le 9 février 2016, il fut condamné à 10 ans de prison dans la première affaire. Les années ont été réduites plus tard à 5 ans, après le recours. Un autre recours en invalidation fut avancé le 16 juin 2018. Les 5 ans ont été confirmés.

La détérioration de son état de santé à cause des abus

Sayed Kazem a été emprisonné dans la prison Jaw. Son état de santé a continué à se détériorer en raison de ses mauvaises conditions d'incarcération.

Il fut isolé avec d'autres de ses homologues dans le bâtiment 4, durant 23 heures par jour. On lui autorisait de sortir pour une heure seulement.

En plus du mauvais traitement, Sayed fut interdit de communiquer avec son avocat.

Les responsables du bureau du procureur général ont également interdit à l'avocat de la rencontrer, notant qu'ils n'avaient pas un détenu portant ce nom.

Sayed Kazem a souffert durant son incarcération dans la prison Jaw, d'uune inflammation anormale dans son nez et sa figure, en plus de maux de tête intolérables.

Il ne pouvait se tenir debout ou supporter aucun type d'odeurs, ce qui lui causait la nausée et le vertige.

Il fut transporté en fin de compte au dispensaire de la police d'Al-Kalaa, plus équipée de la clinique de Jaw.

Les ex-rays de son nez n'ont montré aucune cassure d'os. On le ramena à la prison sans lui donner aucun traitement. Il ne pouvait manger, et souffrait de maux dans son estomac, nez et dos. Il perdit le tiers de son poids en mai 2018.

On l'emmena une nouvelle fois à la clinique de la police d'Al-Kalaa, le 27 mai 2018, notamment au département des maladies intestinales. On nota seulement ses vomissements et on ignora les autres symptômes. Le médecin s'était même moqué de lui et l'a laissé de 5h à 11h de la nuit sans traitement. Les médecins ont utilisé des analgésiques et des gouttes intraveineuses pour traiter les symptômes, mais ces médicaments les ont exposés à des hallucinations. Son état se détériora davantage. Il ne pouvait voir plus d'un mètre devant lui.

Le 22 juin 2018, il perdit connaissance dans la prison. Il fut transporté dans l'hôpital militaire urgemment, et on découvrit qu'il souffrait d'une tumeur dans le cerveau. Il fut opéré d'urgence, sans permettre à ses parents de le visiter. La date du 2 juillet fut fixée pour extraire la tumeur.

Apres l'opération, il a souffert d'un début de cécité.

Le 18 septembre 2019, quatre bureaux des procédures spéciales des Nations Unies ont envoyé une lettre d'allégation au gouvernement de Bahreïn concernant le refus de fournir des soins médicaux adéquats aux détenus de la prison de Jaw, notamment des personnes souffrant de problèmes de santé chroniques, des personnes ayant des besoins spéciaux, des défenseurs des droits de l'homme et des prisonniers d'opinion.

La lettre a compris des détails sur la privation des soins médicaux à dix prisonniers bahreïnis, dont sayd Kazem. Les actes commis par Bahreïn contre Sayed Kazem violent le droit international, notamment la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (articles 7, 9 et 14) et la Convention internationale des droits économiques et sociaux et culturel (article 12), alors que Bahreïn est signataire de chacun de ces traités.

Hussain Abdullah, directeur exécutif d'Americans for Democracy and Human Rights in Bahrain (ADHRB), a déclaré que la mort de ce jeune homme constitue un événement tragique résultant de la confrontation croissante des prisonniers politiques à Bahreïn au refus systématique de leur donner les soins médicaux par les autorités de la prison de Jaw, alors que les autorités interdisent l'entrée au Bahreïn des experts indépendants, y compris les rapporteurs spéciaux des Nations-Unies.

Il convient de rappeler que sayed Kazem Abbas, est le second prisonnier d'opinion victime de la torture, qui décède récemment, à la suite de la mort de l'ancien détenu Hamid Khatem, au terme d'une lutte contre le cancer. Les deux ont été atteints de la maladie avant leur libération. Les autorités ont dernièrement libéré plusieurs autres détenus, selon la loi des sanctions alternatives, en raison de la détérioration de leur état de santé, dont Elias Al-Mallah également atteint de cancer et privé de traitement tout au long de la période d'incarcération.

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