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Trump joue avec idiotie du sang des Américains

Trump joue avec idiotie du sang des Américains
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Par Hossam Matar

Le martyr Qassem Soleimani était le symbole d'un axe. L'immunité dont il jouissait n'était point liée aux mesures de sécurité, mais était de nature politique. En d'autres termes, le général Soleimani n'était pas immunisé par les mesures sécuritaires, mais plutôt grâce aux règles de dissuasion. Les Américains ont décidé de violer une des règles de dissuasion. Cet homme se déplaçait intensément entre les fronts, dans les lignes avancées. Il jouait plusieurs rôles politiques et militaires, et parfois sociaux. Par la suite, une question se pose. Pourquoi les Américains ont décidé, à ce moment précis, de franchir les règles de dissuasion?

La décision signifie qu'il y a eu une modification dans les approches américaines. Ils savaient parfaitement qu'il y avait un prix à payer. Pourquoi ont-ils osé de s'aventurer ainsi, tout en sachant le prix fort à payer pour l'assassinat de Hajj Qassem Soleimani?

On trouve deux causes raisonnables et une troisième irrationnelle.

-La première cause est liée à l'attaque menée contre Aramco. Les Américains et les Israéliens ont considéré que cette attaque a été un tournant dans les équilibres de la force dans la région, ce qui est très délicat.

La nature de l'attaque et sa méthode, ainsi que l'objectif, sont des éléments qui ont provoqué un changement essentiel dans les règles d'engagement, voire dans les équilibres de la force dans la région. Cette opération a jeté les fondements d'une période, dont les détails sont divulgués aujourd'hui.

A la suite de l'attaque d'Aramco, les Américains et les Israéliens ont découvert que la force, la volonté et le courage iraniens sont plus puissants que prévoyait le cerveau américain et israélien. Ce fut terrorisant pour eux.

On peut revenir dans ce contexte aux écrits des Israéliens, qui ont exprimé l'état de terreur face aux capacités iraniennes en matière de missiles.

Le chef d'Etat-major de l'ennemi, Afif Kokhafi, a indiqué depuis quelques jours que l'industrie iranienne des missiles dépasse toutes les industries israéliennes. Par la suite, les Israéliens ont déduit que l'Iran est en mesure de bombarder «Israël», à partir de plusieurs régions dans le Moyen Orient. C'est alors que les rapports sur l'Irak se sont multipliés. Les Israéliens ont estimé que la scène la plus dangereuse est la scène irakienne, à partir de laquelle les Iraniens seront en mesure de bombarder l’entité sioniste avec efficacité et d'une grande quantité de missiles de grande précision.

Des mutations sont survenues. Les Américains ont constaté que la campagne des pressions est vouée à l'échec alors que les Iraniens cumulent les éléments de la force. Un fait qui provoque le changement des équilibres de la force régionale, en plus du courage croissant des Iraniens, contrairement aux désirs de Trump.

Ce dernier estimait que les pressions contre l'Iran pousseraient les Iraniens à la table des négociations et à faire des concessions. Le changement, selon les Américains, a commencé à se refléter sur l'Irak, cette scène la plus importante pour eux.

-Le deuxième changement est de nature israélienne. Les Israéliens évoquent également le lien entre les arènes. Bien que l'Irak ne soit pas parmi les pays de l'entourage d'«Israël», mais grâce aux capacités en matière de missiles, ce pays pourrait constituer une plateforme pour des attaques contre «Israël»,  grâce également au jumelage entre la présence du Hached Chaabi et des techniques iraniennes.

C'est ainsi qu'a été produite l'entente croissante israélo-américaine, sur le partage des rôles et des scènes. Les attaques israéliennes en Irak ont eu lieu dans une certaine période, sans consentement américain, mais plutôt dans le but d'exercer des pressions sur les Américains. Les Israéliens disaient soit vous contrôlez l'action iranienne en Irak, soit nous Israéliens nous le ferons.

Le mois dernier, le chef d'Etat-major américain s'est rendu à l'entité sioniste. Adrehi a indiqué que cette visite a lancé une vague de visites américaines à tous les bras de l'armée américaine en «Israël».

Durant les deux derniers mois, fut multipliée la coordination militaire israélo-américaine, axée sur l'Iran. On estime qu'«Israël» assumait le rôle d'affronter l'Iran sur la scène syrienne, alors que les Etats-Unis assumeraient la mission sur la scène iranienne.

En effet, une partie de l'assassinat de Hajj Qassem Soleimani, illustre à large mesure les intérêts israéliens.

C'est donc une nouvelle aventure américaine, et une manipulation du sang américain en faveur d’«Israël». C'est d'ailleurs une réussite pour les Israéliens. Même les ex-présidents Barak Obama et Georges Bush ne s'étaient pas ainsi lancé en faveur des intérêts israéliens. Dans un certain moment, les Israéliens ont réussi à entrainer Trump dans cette aventure, grâce à leur pouvoir profond au sein de l'administration américaine.

-Le troisième changement, irrationnel, réside dans la personnalité de Donald Trump.

Si l'institution américaine et le Pentagone notamment s'opposaient à la frappe, il aurait pu l'empêcher d'agir. Mais il est clair que l'institution a encouragé Trump à agir en ce sens, alors que cet homme irrationnel, insouciant et arrogant est prêt à procéder, poussé également par les pressions exercées à son encontre sur la scène intérieure et par son aspiration à l'aide du lobby israélien et peut-être de certains pays du Golfe.

Toute cette excentricité de Trump, obsédé par l'idée de la force, et puis l'évènement irakien illustré dans la prise pour cible d'une base américaine, la mort d'un entrepreneur américain et puis l'attaque contre l'ambassade, le président américain n'a pu supporter. Il a pris la décision d'assener la frappe.

Cependant, Trump est si idiot qu'il ne connait pas les Iraniens, ni le général Qassem Soleimani. Plusieurs heures après l'assassinat, il a écrit sur son compte twitter que l'Iran n'a jamais remporté une guerre, mais avait réussi dans les négociations. Il lui semblait que suite à cette frappe, il pourrait entamer des négociations avec l'Iran. Cette attitude prouve que cet homme ne réalise point la dimension de sa gaffe.

Les Américains ont pris la décision de l'escalade sur la scène irakienne. Ils attendaient une opportunité pour ancrer cet itinéraire, tout en attendant un évènement qui touche directement les Américains, pour justifier leur nouvelle orientation auprès du public, en lui affirmant qu'ils ont agi pour défendre les intérêts américains, non en faveur d'Aramco ou d'autres.

Ainsi, ce qui a eu lieu en Irak, dans l'ambassade, et la mort d'un Américain à Kirkuk, ont été un alibi pour les Américains pour changer l'équilibre en Irak. Dans ce contexte, Trump a exposé plusieurs choix, dont le meurtre du général Qassem Soleimani.

Dans le Conseil de la Sécurité nationale et les services de renseignements américains, les responsables ont été étonnés de ce choix. Mais Trump s'est intéressé à l'image que produira l'opération. Il n'a point porté d'intérêt aux répercussions. Il ignorait quelle démarche il entreprenait et sur quelle terre.

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