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En 2019, «Israël» dans le tourbillon de la crise politique, et les menaces extérieures l’assiègent

En 2019, «Israël» dans le tourbillon de la crise politique, et les menaces extérieures l’assiègent
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Par Jihad Haidar - AlAhed

«Israël» a connu en 2019 une série de développements internes et externes qui ont représenté un indice de sa dégringolade, tant au niveau stratégique qu'interne. Compte tenu du rôle de cette Entité dans l'équilibre de force régionale, et la place qu'elle occupe dans la stratégie US dans la région, ces développements ont permis d'élaborer des choix stratégiques qui traceront l'avenir de la région.

Parmi ces développements, on cite l'échec des forces politiques israéliennes de former un gouvernement tout au long de l'année 2019 et la tenue de trois processus électoraux successifs en moins d'un an. A cela s'ajoutent l'aveu israélien de l'incapacité de fléchir Téhéran, et les ripostes du Hezbollah aux agressions israéliennes, un développement qui fut un tournant dans l'histoire des ripostes et de la dissuasion. Reste Gaza qui par sa ténacité, représente la victoire de la Palestine.

Le tourbillon de la crise politique

L'échec des tentatives de former un gouvernement israélien et la tenue des élections en avril, septembre et mars 2019, dépassent la simple question de conflits d'intérêts entre les forces parlementaires sionistes. Tout ceci dévoile l'ampleur de la chute israélienne. «Tel Aviv», qui se targue d'être un «Etat de loi», a été paralysé pendant un an par un premier ministre corrompu, qui a pu obtenir une immunité contre tout procès judiciaire. A ce jour, la majorité écrasante de son parti (72%) le soutient à la présidence du Likoud, ainsi que le camp de la droite et une grande partie du peuple. 

Ceci a laissé entrevoir une grande fissure à l'intérieur de la société israélienne, qui souffre de plusieurs autres fissures raciale, idéologique et politique. Mais ce qui est le plus dangereux est la fissure entre la religion et la laïcité, qui approfondit encore plus la question sur l'identité de l'Etat et de la société. La question de l'enrôlement des Haridim dans l'armée constitue un exemple flagrant. Sachant que la question de la formation du gouvernement aurait été résolue, si cette affaire avait été tranchée.

Parallèlement, Netanyahu est monté d'un cran dans son conflit avec la justice. Il a eu recours à son parti le Likoud, au camp de la droite, et au peuple pour faire pression sur la justice afin d'interdire tout procès. Ceci démontre entre autre que le conflit que laïcs et religieux est en montée crescendo et qu'il n'y a pas lieu de parvenir à des solutions médianes, au moment où le courant religieux s'infiltre dans les institutions de l'entité surtout l'armée. De nombreuses études confirment que le taux des sionistes religieux, loin des religieux haridims, a considérablement augmenté.

Effondrement de la doctrine de Netanyahu dans la lutte contre l'Iran

Netanyahu n'a épargné aucune occasion pour avancer qu'en cas de retrait US de l'accord nucléaire signé avec l'Iran, et l'imposition de nouvelles sanctions, le régime islamique s'effondrera ou se soumettra aux diktats américano-israéliens.

Partant de cette vision, le président US Donald Trump a imposé ce qu'il a appelé «des pressions inouïes» sur l'Iran. Il s'était basé sur la précarité de l'économie iranienne, qui ne pourra pas résister, et qui empêchera l'Iran de réagir. Presqu'un an à l'imposition de ces sanctions, les calculs US s'avèrent futiles. Le régime islamique ne s'est pas effondré, ni fléchi, ni reculé.

C'est alors que Netanyahu a commencé à avertir contre la montée d'une grande puissance dans la région, à savoir l'Iran, qui œuvre pour éradique «Israël». Ces propos signifient l'échec de sa conception sécuritaire dans la lutte contre l'Iran. D'après cette conception, il fallait que la République Islamique soit dissuadée et n'osera rien faire pour épargner une riposte US. Mais le cours des événements dans la région du Golfe et la frappe contre Aramco ont frappé de plein fouet la vision sécuritaire israélienne. «Tel Aviv» s'est retrouvé ainsi face à une nouvelle équation qui lui impose de revoir ses choix parallèlement aux nouvelles menaces.

Des observateurs sionistes ont alors appelé les décideurs politiques à répondre à la question suivante: «Comment sommes-nous arrivés à une situation où des missiles iraniens mobiles sont implantés au nord de l'Irak vers des cibles en Israël?»

Selon eux, l'abstention US de riposter à la frappe iranienne contre Aramco est un «effondrement total de la doctrine sécuritaire dirigée par Netanyahu». Dans un mot devant la Knesset, celui-ci a mis en garde contre un «autre Moyen-Orient en cours de formation. Un Moyen-Orient qui change rapidement. Nous faisons face à un défi sécuritaire d'ampleur, qui grandit d'un jour à un autre. L'Iran continue de s'armer et de se renforcer. Sa confiance grandit de plus en plus».

La doctrine sécuritaire de Netanyahu

Face à cette conjoncture, Netanyahu a constaté qu'«Israël doit élaborer des choix alternatifs, qui conviennent au défi né de l'échec des pressions maximales US. Cette réalité nous oblige de nous armer et de devenir plus forts, en équipant nos soldats de matériels inouïs de défense et d'offensive».

Dans ce contexte s'inscrit l'avertissement du chef d'Etat-major de l'armée Aviv Kokhavi contre le développement d'ampleur des capacités de l'axe de la résistance, qui a amoindri le fossé avec l'armée israélienne. S'exprimant à Herzilia lors du congrès annuel, il a averti que les missiles de l'axe de la résistance s'abattront sur les villes israéliennes dans toute prochaine guerre. Tout ceci représente un aveu clair et tangible sur l'incapacité de l'institution militaire israélienne de dissuader, ou de saboter ou d'intercepter ces missiles.  

Selon Netanyahu, «en raison de la petite superficie d'Israël, le taux de la population et les menaces grandissantes qui nous entourent, nos besoins en matière de sécurité étaient toujours plus importants de tout autre pays».

Il est important «de protéger le front interne, l'infrastructure et les institutions gouvernementales, avec le changement de la doctrine de l'ennemi». Ces points évoqués par Netanyahu constituent un aveu de l'ampleur des menaces qui guettent son Etat. C'est ainsi que le souci de la menace existentielle hante toujours les esprits des dirigeants de l'ennemi. L'entrée sur scène des missiles de haute précision a augmenté les craintes israéliennes. Ce danger constitue la Une des priorités d'«Israël», suite aux menaces des capacités nucléaires iraniennes. Les dirigeants de «Tel Aviv» sont horrifiés quant à une possible acquisition des pays avoisinants de ces armes, ce qui confirme l'inéluctabilité de la disparition d'«Israël». 

Une riposte ponctuelle à portée stratégique

Cette année a été caractérisée par la tentative d'«Israël» d'instaurer une nouvelle équation sur la scène libanaise. Dans ce contexte est survenue l'attaque au drone dans la Banlieue Sud de Beyrouth, suivie d'un attentat en Syrie contre deux combattants du Hezbollah.

Le Hezbollah a riposté en tirant un missile près de la colonie d'«Avivim». Il ainsi dépassé les lignes rouges israéliennes concernant le respect de la ligne bleue. C'était une riposte sans précédent qui a imposé une nouvelle équation de la riposte face à l'ennemi. Tel était le constat d'une enquête menée par l'armée sur cette opération, qui a montré que le Hezbollah a pu atteindre son objectif de dissuasion et celui politique. Cette opération ponctuelle est devenue un tournant dans l'histoire du conflit, à dimension stratégique. 

Dorénavant, tout plan d'agression sioniste prendra en compte la nouvelle équation de riposte du Hezbollah. 

De plus, la riposte par le Hezbollah à l'attaque aérienne impose aussi une nouvelle équation dans les calculs militaires sionistes. L'objectif sera cette fois de «libérer» le ciel libanais des violations israéliennes, et de semer la confusion dans les opérations d'espionnage menées par les drones sionistes.

Gaza, un poignard dans le dos de l'ennemi 

 La Bande de Gaza a continué de résister cette année, et les tentatives sionistes de la fléchir ont été vouées à l'échec. A chaque fois qu'«Israël» tentait de changer l'équation, la résistance y opposait des ripostes plus fortes qui font voler en éclats les attentes sionistes. Le peuple palestinien a fait preuve d'une détermination à changer la donne et à tracer l'avenir du conflit en Palestine.

L'assassinat de Bahaa Aboul Ata, et la tentative d'assassiner le responsable militaire Akram al-Ajouri, étaient cruciaux. L'ennemi œuvrait de frapper le rôle du mouvement du Jihad islamique. Mais au long des dernières années, l'ennemi n'a pas vaincu les factions de la résistance, il n'a même pas empêché leur développement. Elles sont devenues un rival bien fort qui imposent de nouveaux défis et qui font payer à l'ennemi le prix de la politique de la colonisation, de la répression et du siège.   

Enfin, les victoires de l'axe de la résistance et la ténacité de l'Iran ont renforcé la force de dissuasion. Le bras de fer régional se poursuivra avec pour objectif d'assiéger l'axe de la résistance dans les scènes intérieures. L'ennemi espère ainsi freiner la montée cet axe en le comblant dans les problèmes locaux. Mais à chaque fois, les plans de l'ennemi s'avèrent vains, et l'axe de la résistance en sort plus fort que jamais.

 

   

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