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Amnesty: les USA, la France, le Royaume-Uni et la Belgique complices des horreurs perpétrées au Yémen

Amnesty: les USA, la France, le Royaume-Uni et la Belgique complices des horreurs perpétrées au Yémen
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Par AlAhed avec Amnesty

Une bombe à guidage de précision fabriquée aux États-Unis a été utilisée dans une frappe aérienne menée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis le 28 juin dernier, et a frappé une habitation dans le gouvernorat de Taizz, au Yémen, tuant six civils, dont trois enfants.

La bombe, fabriquée par la compagnie américaine Raytheon et utilisée dans le cadre de cette attaque, est un nouvel élément prouvant que les États-Unis vendent des armes que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis utilisent dans des attaques constituant de graves violations du droit international humanitaire au Yémen.

« Malgré les crimes de guerre commis sur le terrain yéménite, plusieurs pays exportateurs d’armes, comme les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, mais aussi la Belgique via la Région wallonne, continuent de fournir du matériel militaire à l’Arabie saoudite et/ou aux Émirats arabes unis, se rendant complices des horreurs perpétrées contre la population », explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

Parmi les six civils tués dans l’attaque, qui s’est déroulée dans le village de Warzan, dans le directorat de Khadir, figuraient une femme de 52 ans et trois enfants, âgés de 12, neuf et six ans.

« Dans ce contexte, nous appelons le nouveau ministre-président wallon, Elio Di Rupo, à dissiper toutes les ambiguïtés de la déclaration de politique régionale. En plus des manquements en termes de transparence, aucune clarté n’a été faite sur les exportations déjà autorisées – mais contraires à l’esprit du décret relatif au commerce des armes de 2012 –, ainsi que sur les nouvelles licences concernant des contrats existants. De ce fait, des armes wallonnes pourraient encore parvenir à l’Arabie saoudite », explique encore Philippe Hensmans.

Une famille déchirée

La cible militaire la plus proche au moment de l’attaque était la salle des opérations houthies à la ferme Hayel Saeed – à environ un kilomètre. Toutefois, elle a cessé de fonctionner il y a plus de deux ans après avoir été touchée par plusieurs frappes aériennes de la coalition en 2016 et 2017. Selon des témoins, il n’y avait ni combattants ni objectifs militaires à proximité de la maison au moment de l’attaque.

Une deuxième frappe aérienne s’est déroulée au même endroit environ 15 minutes après la première, indiquant que le pilote voulait s’assurer de la destruction de la maison de la famille al Kindi. Cette habitation a de nouveau été frappée cinq jours plus tard, alors que les membres de la famille étaient sur place, en train d’inspecter le site. Personne n’a été blessé ni tué lors de cette dernière frappe.

Amnesty International s’est entretenue avec deux proches des victimes et deux habitants du secteur, dont deux témoins de l’attaque. Elle a aussi analysé des images satellite et des photos et des vidéos prises après l’attaque afin de corroborer les déclarations des témoins.

Un membre de la famille a déclaré à Amnesty International : « Nous les avons enterrés le jour même, parce qu’ils étaient réduits à des membres mutilés. Il n’y avait pas de cadavres à examiner. La chair de telle personne était mélangée à celle de telle autre. Ils ont été enveloppés [dans des couvertures] et emmenés. »

Un témoin a déclaré à Amnesty International : « Je travaillais dans une ferme voisine, à environ trois minutes de marche de là. J’ai entendu l’avion planer et j’ai vu la bombe, qui tombait vers la maison. J’étais près de la maison lorsque la seconde bombe a été larguée… et je me suis jeté à terre. »

L’expert en armement de l’organisation a analysé les photos des débris de l’arme déterrés sur le site de la frappe par des membres de la famille et a pu, grâce à des données inscrites sur l’ailette de la bombe, déterminer avec certitude qu’il s’agissait d’une bombe GBU-12 Paveway II, pesant 225 kilos, fabriquée aux États-Unis.

« Les États exportateurs d’armes ne peuvent pas pratiquer la politique de l’autruche en prétendant qu’ils ne connaissent pas les risques associés aux transferts d’armes vers des parties à ce conflit, qui violent systématiquement le droit international humanitaire. Diriger intentionnellement des attaques contre des civils ou des biens civils, mener des attaques disproportionnées et aveugles qui tuent ou blessent des civils, ce sont des crimes de guerre.

Depuis mars 2015, les chercheurs d’Amnesty International ont enquêté sur des dizaines de frappes aériennes et ont trouvé et identifié de nombreux fragments de munitions de fabrication américaine.

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