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Jawad, le fils de sayed Nasrallah, raconte à AlAhed des histoires inédites du son frère, le martyr Hadi

Jawad, le fils de sayed Nasrallah, raconte à AlAhed des histoires inédites du son frère, le martyr Hadi
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Par Fatima Salamé*

Il nous arrive parfois de nous sentir incapables d'écrire. Il arrive qu’en essayant de décrire une situation, nous nous retrouvons devant une réalité indicible. Nous écrivons puis effaçons, pour tenter de trouver les bons termes et les mots exacts. Bien entendu, nous ne vivons pas de tels moments en écrivant des articles politiques, économiques ou similaires… mais plutôt lorsque nous voulons écrire sur les martyrs. Nous nous demandons par où commencer notamment que toutes leurs histoires glorieuses, racontent leur grandeur et leur sublimité... c’est avec amour et passion que nous cherchions ces histoires. Nous avons toujours fouillé dans les moindres détails, pour mieux connaitre les martyrs et leur personnalité. Ces petits détails qui les caractérisent peuvent rester gravés dans nos esprits pendant des décennies, et nous apprendre des leçons et des morales. Qui parmi nous ne veut pas en savoir plus sur la personnalité du martyr Hadi Hassan Nasrallah? Vingt-deux années se sont écoulées depuis son martyre dans les affrontements du mont al-Rafii et son souvenir éveille encore en nous l’espoir sur l’existence de dirigeants qui sacrifient leurs propres enfants dans cette voie, des dirigeants qui ont accordé une grande importance à cette voie, sur la paternité, et sont restés solides face au sacrifice de leurs enfants.

A l’occasion du 22e anniversaire du martyre de Hadi, son frère Jawad s'adresse au site AlAhed dans son premier entretien depuis 2007, pour parler d’un martyr caractérisé par une personnalité de premier plan, aimable, possédant une sagesse d'esprit, un charisme et une affinité très peu vu dans sa génération. D'un jeune homme qui avait à peine traversé l'adolescence, mais aux comportements bien plus mûrs. Au beau milieu de cette conversation au cours de laquelle Jawad a évoqué des souvenirs qui datent de plus de deux décennies, le spectre du martyr était présent et les histoires de l'enfance de Hadi, de son adolescence, et de sa jeunesse se croisaient. Ce jeune avait la sagesse, et l’esprit d’un leader. C’était un frère compatissant, qui portait la bonté et la compassion, il était aussi un jeune homme calme et très attaché à sa mère, de la même manière qu’il entretenait des liens étroits avec ses proches, ses voisins et ses amis. Depuis son enfance il a su établir des relations avec son entourage. D’un moudjahid «honnête» qui était toujours fidèle et gardait les secrets du travail djihadiste. D’un fils très proche de son père, son leader, de qui il a hérité beaucoup de qualités.

Hadi «le cœur de la maison»

Il n’est pas si simple d’explorer et de cadrer en détail tous les traits de personnalité du martyr Hadi. Jawad se rappelle l'intelligence et la clairvoyance du martyr Hadi depuis son plus jeune âge. Il pouvait faire bouger tout le monde par son regard, en toute sérénité. Calme de nature, même en jouant, il était le metteur en scène des plans réalisés par ses camarades. Lorsqu'il propose une idée particulière pour jouer, tout le monde exécute son plan sans poser de question. Cela est dû à son attitude de leadership qui caractérisait sa personnalité, qualifiée de «cerveau moteur», malgré son jeune âge.

Selon Jawad, on peut qualifier Hadi de «cœur de la maison», vu que c’est lui qui donnait la vitalité et l’énergie à la maison. Il était très attaché à sa mère et lui éprouvait de forts sentiments et cette relation était réciproque. Il était très courageux, il se levait de bonheur pour l’aider à accomplir les tâches ménagères, et veillait à son confort.

Hadi était distingué par son obéissance à ses parents. Une fois, il a voulu acheter une voiture, son père lui a alors dit: «je préfère que tu n’achètes pas de voiture, même avec ton propre argent, il faut que nous nous mettons à pas d’égalité avec les voisins du quartier, et que nous compatissions avec les autres, sans se distinguer d’eux». Sayed Hassan n'a pas pris de temps pour convaincre Hadi, qui a rapidement exaucé le souhait de son père, et a remplacé le projet de voiture par une moto pour ses déplacements.

Le martyr Hadi était très attaché à ses frères, en particulier le plus jeune Mohammed Ali. Jawad évoque à nouveau l'énergie positive de Hadi à la maison. Malgré son calme, il était le «détonateur» de la maison, garce à lui on entendait les rires, et on sentait la joie et la vitalité partout, et en son absence c’était le calme et le silence. Il a assisté deux fois aux manœuvres, en son absence la maison manquait d’énergie et de vie, explique Jawad, d’autant plus que mon père était généralement absent à cause du travail qui lui prend une grande partie de son temps, c’est ma mère qui prenait soin de nous.

Son charisme et son attirance

Hadi avait un charisme et une attirance qui ressemblaient en parti au caractère de son père. Jawad nous raconte comment les voisins du quartier le distinguaient de ses camarades. Quand près de 20 enfants jouaient au football au stade du quartier, les voisins n’appelaient que Hadi pour se reposer ou boire de l’eau, ils lui demandaient toujours s'il avait besoin de quoi que ce soit. Seul Hadi était appelé, vu son caractère très apprécié et sa personnalité qu'il imposait à tout le monde et l'empressement des autres envers lui.

Affectueux envers la famille, il cherchait à lui faire plaisir

Lors de son dernier entrainement, un an avant son martyre, il est rentré à la maison, avec des cadeaux pour tout le monde, chacun selon ses gouts, vu qu'il était l’ainé, il avait même apporté un cadeau à sa mère. Le martyr essayait toujours de rendre sa famille heureuse, tout ce qui l’intéressait, c’était de faire plaisir à ses petits frères.

Les loisirs communs

Jawad évoque sa relation étroite avec son frère. «L’un des passe-temps que nous avions ensemble c’était de nous rendre à Baalbeck pour l’escalade et l’alpinisme. Nous étions tellement attachés l’un à l’autre, que nous nous entraidons, même si nous faisions la course, cela montre l’émotion et les sentiments que nous avons l’un pour l’autre, la fraternité passe avant toute chose. Ma relation avec Hadi était très forte, nous mangions ensemble, nous jouions ensemble, nous allions à l’école ensemble, nous faisons tout chose ensemble, il n’avait qu’un an et demi de plus que moi.»

Jawad ajoute que le jeu préféré, des deux frères est celui de la résistance, suivi du «football». Il évoque leur passion pour le foot, «Hadi était fan du club Ansar alors que moi je préférais l’équipe Nejme. Lorsque la concurrence s’accentuait, Hadi, qui aimait bien dessiner, alla dessiner une étoile brisée par une lance, symbolisant mon équipe».

Les conversations sur la moto

«La dernière sortie en moto que nous avons faite ensemble, c’était pour rendre visite à notre grand-mère», ajoute Jawad. «Hadi a commencé à me parler du monde et que le vrai bonheur réside dans l’obtention de la satisfaction de Dieu tout-puissant, rien au monde ne mérite de désobéir à Dieu… il m’a raconté que son plus grand bonheur, c’était lorsqu’il se rendait seul au front et se confiait à Dieu. Il avait un cœur pur, et une pudeur exceptionnelle… C'étaient les paroles d’un jeune de 17 ans peu de temps avant son martyre, ce lien spirituel qu’il avait avec Dieu Tout-Puissant était très précieux et rarement retrouvé chez les jeunes de sa génération.»

Son habilité à établir des relations

Selon Jawad, le martyr Hadi se distinguait par le grand intérêt qu’il portait aux liens familiaux. Il entretenait de solides relations avec ses proches, notamment sa grand-mère paternelle, et sa regretté tante Zakia, à laquelle il était profondément attaché. En ce qui concerne son entourage, il tenait beaucoup à nouer des liens étroits de voisinage et d’amitié. Le martyr avait ce qu’on appelle «les bonnes manières» que nous ne voyons chez aucun adolescent de son âge. Il pensait à acheter des friandises aux petits frères de ses camarades alors qu’il n’avait que 14 ans, et qu’il était le plus jeune parmi ses amis qui étaient très attaché à lui, non pas parce qu'il était le fils du secrétaire général du Hezbollah, mais parce qu'il avait une personnalité particulière.

Jawad évoque un incident survenu en 1996, et raconté par l’un des amis du martyr, qui montre l’attachement qu’éprouvaient les camarades pour Hadi. «Une fois, Hadi et ses amis étaient au bord de la rivière, ont été bombardés par les israéliens. À ce moment tous les amis étaient occupés de porter Hadi et de sauter dans la rivière pour le protéger du danger… il avait un caractère apprécié de tous qui brisait toutes les barrières avec autrui dès la première rencontre».

Jawad, le fils de sayed Nasrallah, raconte à AlAhed des histoires inédites du son frère, le martyr Hadi

L’humble qui aimait la vie

La modestie est un caractère important dans la personnalité de Hadi. Ses camarades en ont toujours parlé. Jawad souligne que son frère ne dévoilait pas son identité devant les parents de ses amis, ils ne savaient pas qui était son père. Lorsqu'il est tombé en martyre, de nombreuses familles qui avaient déjà rencontré Hadi en tant qu’ami de leurs enfants étaient surprises de n’avoir jamais su auparavant qu’il était le fils du secrétaire général du Hezbollah, bien qu’il passait des heures chez eux.

Hadi avait une simplicité rarement vue, en même temps il aimait la vie. Jawad nous raconte à quel point son frère se souciait de son apparence et de ses vêtements, contrairement aux rumeurs qu’on raconte sur les martyrs. Il aimait aussi faire de la randonnée avec des camarades. Hadi avait un charmant sourire enfantin, bien qu’il ait un esprit de leader, une intelligence exceptionnelle et une présence remarquable, ajoute Jawad. Aussitôt qu’il suivit un cours d'informatique, il devint assistant de l’enseignant. Hadi avait également le don de persuasion qui obligeait les autres à faire ce qu'il voulait avec satisfaction. Personne modeste, il n'avait aucun problème de faire lui-même les tâches ménagères avec l'aide de Jawad, quelque temps avant son mariage – dont la date a été fixée. Mais deux mois auparavant, il est tombé en martyre.

La sensibilité

Jawad raconte le haut niveau de certitude et de sensibilité qu’avait le martyr dans son cœur. Dans ce contexte, il nous raconte comment son frère a pu échapper aux israéliens. Hadi se rendait une fois par semaine à Tyr au village de Hannawai chez ses beaux-parents pour voir sa fiancée. Un jour, Hadi repassait sa chemise et avait l’intention de se rendre au sud, c’est alors qu’il dit à Jawad «franchement, je me sens très fatigué, je n'irai pas aujourd’hui». Cette nuit-là, l'ennemi s'est rendu à la maison de son beau-père dans l’intention de kidnapper Hadi, après avoir surveillé ses visites hebdomadaires, mais ne l'a pas trouvé.

La dernière rencontre

Jawad nous parle de la dernière rencontre avec son frère Hadi. C’était la seule fois où le martyr le salue chaleureusement, l'embrasse et lui dit «je vais au travail». «Je l’ai alors suivi pour lui demander quand il rentrait, il m’a répondu a priori dans 4 ou 5 jours, mais si Dieu le veut je tomberais martyr et je ne reviendrais pas. A ce moment, le visage de Hadi était exceptionnellement lumineux, il ne se préoccupait pas de ce monde éphémère, il quitta tout et partit dans le chemin du jihad».

Hadi l’honnête dissimule les secrets du travail

Jawad souligne que, lorsque Hadi a rejoint la voie du djihad, il y est allé de son plein gré, et il a même cherché à obtenir rapidement le poste de combattant. En 1995, il suivit la formation de «combattant» et l'année suivante, la formation des forces spéciales, jusqu'à ce qu'il tombe en martyre en 1997. Jawad raconte un incident qui révèle le niveau d'honnêteté de Hadi dans son travail. «Après le martyre de mon frère, j’ai trouvé parmi ses affaires des radiographies et des analyses, je me suis renseigné auprès de ses amis qui m’ont raconté qu’une fois, ils travaillaient pour installer des lignes téléphoniques internes dans l'un des points militaires de la région. Hadi portait le rouleau du fil téléphonique tout le long du chemin pour traverser la montagne, vu le poids du rouleau, il a été touché et a dû se faire soigner, et il suivait son traitement à chaque fois qu’il rentrait du travail».

Hadi avant le martyre

«J’étais en Iran en 2013, et j'ai rencontré par hasard cheikh Abbas al-Kaabi, le cheikh m’a raconté qu’une fois il était au front, et il a rencontré mon frère Hadi, ils ont fait connaissance et ont tenu une conversation, au cours de laquelle cheikh al-Kaabi a mis en garde Hadi et lui demanda de rester prudent dans ses actes vu qu’il est le fils du secrétaire général du Hezbollah. Hadi l’a rassuré en lui disant «ne craignait rien, si Dieu le veut j’honorerai mon père», raconte Jawad, pour signaler la clairvoyance de son frère martyr et sa capacité à prévoir l’avenir.

Dans ce contexte, Jawad rapporte ce que lui a raconté l’un des amis de Hadi quelques minutes avant son martyre. Selon ce jeune homme, Hadi paraissait très calme, l’un de ses compagnons lui a demandé qu’avait-il… Hadi lui a alors répondu «je pense à des choses loin de ce monde».

L'annonce du martyre

Jawad revient dans ses pensées 22 ans en arrière, le jour du martyre de son frère. À ce moment-là, il rentrait chez lui et une vieille dame le suivit pour lui demander son nom. Cette dame lui parlait avec chagrin et d’un ton fort. Comment t'appelles-tu ? Je lui réponds Jawad. Elle frappa des mains et dit «Il n'y a que Dieu qui soit Dieu». Jawad eut le sentiment que quelque chose est arrivé à Hadi. «Je me suis précipité à la maison, ma sœur Zainab m’a ouvert la porte les larmes aux yeux. Je me suis rendu compte que quelque chose s'était passé. Je suis entré et j'ai été surpris par la présence de haj Imad Moughniyeh, sayed Mustafa Badreddine (Zulfiqar), le regretté cheikh Ali Khatoun. Mon père était seul dans son bureau. Il gardait le silence et était remarquablement calme. Je l'ai embrassé et me suis assis par terre près de lui. Haj Imad Moughniyeh nous appela pour voir la vidéo filmée par les israéliens à Marjayoun. J'ai immédiatement identifié Hadi et le corps du martyr Ali Kawtharani. Haj Imad a commencé à nous parler pour nous remonter le moral - Jawad évoque le caractère affectueux et tendre de haj Imad. Son éminence et haj Imad avaient une très forte relation, que tout le monde enviait en raison de l’harmonie, de l’affection et d’empressement qui caractérisaient leur relation.

Après son martyre, je l'ai vu dans un rêve, il est venu chez nous. J'étais assis à côté de mon frère cadet, Mohammad Ali, et je lui ai dit : « Hadi raconte-moi ce qui est arrivé avec les sionistes. Il a dit qu'un mètre le séparait de l'ennemi, je lui ai demandé ce qu’il avait ressenti et il m'a répondu : Rien du tout.»

Le père solide

A la fin de l’entretien, Jawad parle de la force, de la compétence et de la détermination de sayed Hassan Nasrallah. «J'étais un jeune sportif de 16 ans. Je ne supportais pas de rester longtemps debout pour le deuil de Hadi, alors que mon père se tenait debout calme et sans relâche, et tenait à calmer ceux qui l'entouraient».

Il ne fait aucun doute que ce qui a été révélé n’est qu’une petite partie de ce bel esprit qu’avait Hadi, et qui a laissé un impact exceptionnel qui ne sera jamais oublié malgré les années.

*Traduit par l’équipe du site

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