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Attaques israéliennes contre le Liban: le président Aoun parle d’une «déclaration de guerre»

Attaques israéliennes contre le Liban: le président Aoun parle d’une «déclaration de guerre»
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Par AlAhed avec agences

Le président libanais, Michel Aoun, a déclaré lundi que les récentes attaques israéliennes contre la banlieue sud de Beyrouth et un groupe palestinien dans la Békaa, équivalaient à «une déclaration de guerre», soulignant que le Liban a «le droit de défendre sa souveraineté et son indépendance».

«Ce qui s'est passé s'apparente à une déclaration de guerre qui nous permet d'avoir recours à notre droit de défendre notre souveraineté, notre indépendance et notre intégrité territoriale», a déclaré le chef de l'Etat, qui recevait au palais de Beiteddine le coordinateur spécial de l'ONU pour le Liban, Jan Kubis.

«Les attaques contre la banlieue sud et la région de Qousaya violent la résolution 1701» de l'ONU, a affirmé le président Aoun.

«Tout ce qui s'applique au Liban doit également s'appliquer à Israël», a-t-il ajouté.

«Nous sommes un peuple qui veut la paix, pas la guerre, mais nous n'acceptons pas d'être menacés, de quelque manière que ce soit», a-t-il martelé.

«J'ai déjà répété que le Liban ne tirerait pas un seul coup de feu à la frontière, sauf en cas d'auto-défense», a insisté le chef de l’Etat libanais. «Ce qui s'est passé hier nous permet d'exercer ce droit».

Peu après la réunion, le responsable onusien a souligné, sur Twitter, avoir demandé au Liban «de ne pas céder à l'escalade et de ne pas riposter», tout en exprimant «l'engagement total de l'ONU à la résolution 1701 et la fin de toutes violations» de ce texte.

M. Kubis a été, plus tard dans la journée, reçu par le président de la Chambre, Nabih Berry, et le Premier ministre, Saad Hariri.

Plainte devant l'ONU

Le dossier sécuritaire a également été évoqué par M. Hariri qui a reçu les représentants des pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: l'ambassadrice des Etats-Unis Elizabeth Richard, l'ambassadeur de Russie Alexander Zasypkine, l'ambassadeur de Chine Wang Kejian, le chargé d'affaires britannique Benjamin Wastnage et la chargée d'affaires française Salina Grenet-Catalano.

Le Premier ministre a indiqué avoir «convoqué cette réunion vu la situation dangereuse, après qu'Israël ait violé de manière claire la souveraineté du Liban et la résolution 1701 et pris pour cible une région civile habitée sans aucune considération du droit international ou de la vie des civils», rapporte le bureau de presse de M. Hariri.

«Le gouvernement libanais estime qu'il est dans son intérêt d'éviter tout dérapage de la situation vers une escalade dangereuse, mais la communauté internationale doit montrer son rejet de cette violation flagrante de notre souveraineté et de la résolution 1701», a dit M. Hariri devant les représentants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Le chef du gouvernement a également informé ces derniers que le Liban va déposer une plainte officielle devant le Conseil de sécurité.

«Il est très important que vos pays maintiennent le consensus existant entre eux pour préserver la sécurité et la stabilité au Liban et dans la région, car toute escalade peut se transformer en cycle de violence régionale dont personne ne pourra prédire l'ampleur», a-t-il mis en garde.

«Il faut faire assumer à Israël la responsabilité de ses violations continues de la résolution 1701 depuis 2006», a-t-il ajouté, affirmant que l’entité sioniste doit également assumer «la responsabilité de l'agression flagrante contre la banlieue sud de Beyrouth, alors qu'il savait préalablement que cela menacerait l'équilibre existant».

M. Hariri a ensuite annoncé que le Conseil supérieur de la défense se réunira mardi après-midi sous la présidence du chef de l’Etat.

«Une retenue maximale»

Réagissant à son tour, l'ONU a appelé les parties concernées à «une retenue maximale».

Lors de son point-presse quotidien, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a précisé que l'Organisation n'était pas en mesure de vérifier la véracité des informations rapportées au sujet de cette attaque comme d'autres évoquées dans la région ces derniers jours.

«Il est impératif pour tout le monde d'éviter une escalade et de se conformer aux résolutions du Conseil de sécurité», a-t-il ajouté.

Le porte-parole a aussi indiqué que l'ONU avait «pris note» des déclarations du président Aoun qui a qualifié lundi de «déclaration de guerre» cette attaque au drone.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a aussi reçu une lettre du gouvernement libanais sur le même sujet, a-t-il précisé.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des drones israéliens ont mené trois frappes quasi-simultanées sur une position militaire relevant du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG) à Qousaya, dans une zone de la Békaa proche de la frontière syrienne.

Ces frappes sont survenues au lendemain de l'attaque au drone armé imputée à «Israël» qui a frappé la veille la banlieue sud de Beyrouth.

Dimanche avant l'aube, un drone de reconnaissance est tombé dans la banlieue sud et un second a explosé dans les airs, selon l'armée libanaise.

Le secrétaire général du Hezbollah a présenté cette attaque comme «le premier acte d'agression d'Israël» contre le Liban depuis la guerre israélienne de 2006 contre le Liban.

«Chaque fois que les drones israéliens entreront dans l'espace aérien du Liban, nous œuvrerons à les abattre», a averti sayed Hassan Nasrallah.

Malgré ces menaces, la région frontalière entre les deux pays connaissait un «calme précaire» selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Des véhicules blindés se sont déployés face à la localité de Kfar Chouba (sud-ouest), tandis qu'aucune patrouille de soldats israéliens n'était déployée le long de la frontière.

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