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La dernière rencontre de Ali Mohammed al-Arab et sa famille : je n’ai pas tué Hamadi et je ne sais même pas le lieu de l’incident

La dernière rencontre de Ali Mohammed al-Arab et sa famille : je n’ai pas tué Hamadi et je ne sais même pas le lieu de l’incident
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« Je n'ai pas tué Hisham al-Hamadi et je suis satisfait du destin que Dieu m’a prévu ». Ce sont les dernières paroles du détenu Ali Mohammed al-Arab, condamné à mort. Sa famille était très inquiète lors de leur dernière rencontre, qui a eu lieu quelques heures avant son exécution.

La mère du détenu a raconté au site « Mirror of Bahrain» ses derniers moments avec son fils, qui avait été arrêté il y a deux ans. La mère, qui vit les moments les plus difficiles, avait du mal à se rappeler l’année de la naissance de son fils, « excusez-moi mais je suis dans une situation difficile, confuse mentalement, j’ai même oublié la date de la naissance de mon fils », dit-elle.

« La situation à la prison centrale était inhabituelle », explique la famille du détenu Ali al-Arab, « des mesures de sécurité strictes, une large présence d'officiers et de plusieurs policiers, puis une fouille à deux reprises ; la première fois lorsque nous sommes entrés dans à l’enceinte de la prison et la seconde fois avant de pénétrer dans la pièce où se trouvait mon fils ».

« Ils nous ont emmenés par groupe. La visite a duré environ une heure et demie. Ali nous a dit que la police l’avait sorti de sa cellule après le déjeuné, puis il avait été transféré dans une cellule d'isolement, tout comme Ahmad al-Mullalli, il est resté menotté jusqu’à notre arrivée ».

« Mon fils étudiait la comptabilité en Arabie Saoudite et il a eu ses 25 ans il y a quelques mois. Il a passé plus de deux ans en prison », ajoute-t-elle.

Notant que son fils lui a raconté que « le moment où il a été emmené dans la prison de Jaw après sa condamnation était un moment très difficile, les policiers et les officiers lui avaient préparé, ce qu’ils appelaient, une fête d’accueil, qui consistait à le tabasser et l’insulter et l’humilier, dès son arrivée ».

La mère de Ali décrit la rencontre avec son fils « il s’est assis en face de nous, il était heureux de nous voir, de pouvoir nous toucher et nous prendre dans les bras sans barrière de verre après cette longue période de séparation, il m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit sereinement, maman n’ai pas peur, j’ai souhaité tombé martyr et voilà que mon vœu se réalise ».

« Il était bien plus fort que moi, il a gardé le sang-froid , et resté calme jusqu’à la fin de l’adieu, il n’avait pas évoqué son testament écrit, il a peut être évoqué cela à l’un de ses frères… je ne suis pas sure, ce que je sais c’est qu’il était inquiet pour moi, il ne voulait pas que je pleure ».

« En tant que mère de martyr je témoigne que mon fils Ali Mohamad Al-Arab, a été torturé, je l’ai vu la première fois après son arrestation sur une chaise roulante, il a cité les noms de ceux qu’il avait torturé » ajouta la mère de Ali.

Le frère de Ali nous a affirmé que « Ali était tout à fait conscient de ce qu’il lui arrivera et qu’il sera exécuté bientôt… notant qu’il était satisfait du destin que Dieu il avait prévu ».

Il a pénétré la pièce, habillé d’un vêtement grisâtre, on a discuté un peu, puis je voulais comprendre de quoi il était accusé, « as-tu une relation avec la mort de Hisham Hamadi » ai-je demandé, il m’a répondu « je n’ai aucune relation avec son histoire, je ne le connais même pas, je ne sais même pas ou s’est déroulé l’incident ».

Les policières et les officiers, observaient tout ce qui se passé à travers une petite fenêtre qui donnait sur la pièce où se trouvait Ali et sa famille, ils écoutaient toutes les conversations, ils voyaient bien que Ali ne souciait pas d’eux, ils voulaient peut-être voir la réaction d’une famille qui vit les derniers moments avec son fils.

Ali Mohamd Al-Arab, n’avait jamais fait de prison auparavant, « s’était la première fois qu’il se faisait arrêté » expliqua sa mère. Ses frères lui demandèrent s’il souhaitait quelque chose, ou s’il avait un veux, « tout ce que je demande, c’est la satisfaction de Dieu » a-t-il répondu.

La mère et les frères de Ali restent muets devant cet horrible moment, « que peut-on dire de plus, il y avait devant nous un homme fort et calme, il nous a dit adieu avec toute satisfaction ».

L’Amnesty internationale avait déclaré dans un communiqué publié en mars 2018, en ce qui concerne l’affaire de Ali Mohamad Al-Arab et Ahmad al-Mallalli, que les deux jeunes avaient subi toutes formes de tortures après leur arrestation « en garde à vue, les deux hommes ont été torturés, battus par les officiers et électrocutés… Ali Mohamad a eu les ongles arrachés ».

 
 
 

 

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