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Guerre de juillet: Quelques histoires de patience et de victoire

Guerre de juillet: Quelques histoires de patience et de victoire
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Par cheikh Dr. Akram Barakat *

Lors de la brutale agression sioniste contre le Liban en juillet 2006, cheikh Akram Barakat était en Syrie en charge d’une mission qui lui a été attribuée, concernant plusieurs dossiers, notamment le dossier des libanais réfugiés en Syrie au cours de la guerre qu’il tenait à cœur. Son éminence avait vécu certaines expériences honorables, qui doivent être enregistrées, afin de les préserver vu leur importance et leur valeur morale. Il en a confié quelques-unes au site AlAhed.

La résistance remportera la victoire non pas la nation

Au milieu de la guerre, il fut décidé de rencontrer son éminence cheikh Dr Mohammed Saeed Al-Bouti.

La maison du cheikh Al-Bouti à Damas n’était pas au rez-de-chaussée, il était donc nécessaire de monter les vieux escaliers du petit bâtiment, non pas à cause d’une panne d’électricité, comme ce qui se passe au Liban, mais simplement parce que ce vieux bâtiment n’avait pas d’ascenseur.

J’ai été accueilli par cheikh Al-Bouti et l’un de ces compagnons, un homme vénérable, dans un petit salon modeste. Cheikh Al-Bouti était accompagné par l'un de ses fils aux traits aimables comme son père, qui avait hérité également son caractère calme.

J’ai commencé par le remercier pour ses positions positives à l'égard de la résistance, qui découle de la pureté de son cœur et du bon esprit, en faisant la distinction entre lui et le cheikh saoudien Ibn Othimayn, qui avait interdit les Douaas pour la résistance.

Ce cheikh sunnite m'a surpris en me demandant : le projet chiite a-t-il une intention dissimulée, contrairement à ce qu’il est déclaré, comme beaucoup le prétendent… les chiites ne sont-ils pas motivés par la loyauté envers Dieu ?

Soudain, sa voix frissonna, les traits de son visage changèrent et dit, comme s'il parlait tout seul: Est-il possible que sayed Hassan Nasrallah soit infidèle ?

Ai-je le droit de me demander sur sa sincérité -bien que je sois assis tranquillement chez moi- alors qu'il est maintenant sur le champ de bataille ? Où peut-il être maintenant ?

Le vieux cheikh pleura avec chagrin, son fils dû intervenir pour calmer ses émotions sincères.

Mais cheikh Al-Bouti poursuivit son discours d’une voix cassée, les larmes aux yeux «j’aurais aimé être l’un des doigts de Sayed Hassan», dit-il.

Il s’était peut-être rappelé de l’index de sayed Nasrallah qu’il lève toujours dans ses discours, celui pour menacer et jurer, le doigt de la gloire qui fait trembler l’ennemi à chaque fois qu’il est levé dans les sermons.

Cet homme ne s’est pas contenté de ces aveux, il exprimait son souhait de rencontrer sayed Nasrallah en personne pour lui embrasser la main, et son poignet fort et pur, qui porte l’arme de la défense de toute la nation.

Cheikh Al-Bouti, vêtu d’un manteau en laine, poursuivit ses déclarations, tout en versant des larmes chaudes qui purifient l’âme et l’esprit de cet homme religieux honorable. «Dès le début de cette guerre, j'ai voyagé à Homs pour rencontrer l’un des hommes pieux et je lui ai demandé de prier pour la victoire de la résistance, il m’a alors répondu que depuis le début de la guerre il récitait une prière spéciale conçue pour la victoire de la résistance, et m’a rassuré que c’est la résistance qui remportera la victoire et non pas la nation».

Une fois l’entretien terminé, cheikh Al-Bouti n'a pas hésité à nous raccompagner à la voiture qui devait nous emmener, malgré son âge, son corps imposant et la difficulté de descendre et de remonter les escaliers à pieds en l’absence d’ascenseur électrique.

Lorsque j’ai appris que cheikh Al-Bouti était tombé en martyre en donnant un prêche à la mosquée, je n’étais pas surpris, car un tel homme mérite une mort honorable.

De Sayed Hassan Nasrallah à Sayed Hassan Nasrallah

Une dame syrienne de soixante-dix ans, s’est rendue au centre du comité de soutien à la résistance islamique, et a présenté une grosse somme d’argent en monnaie syrienne, à l’un des représentants de l’association en disant «c’est un don à la résistance… écrivez dessus : De sayed Hassan Nasrallah à sayed Hassan Nasrallah».

Le représentant du comité a été surpris par la somme, alors que la femme ne semblait pas riche. Ne pouvant pas retenir ses mots, il lui demanda une explication, elle répondit sereinement «aujourd'hui, j'ai touché ma retraite complète et je suis venue en faire don à la résistance». Avant de lui donner le reçu, il lui demanda quel était son nom, mais la dame qui insistait de rester anonyme, lui a répondu avec fierté et gloire «écrivez de sayed Hassan Nasrallah à sayed Hassan Nasrallah».

Nos femmes seront au service des vôtres

Un député syrien de l'Assemblée du peuple m'a contacté pour me demander de me rendre dans l'un des bâtiments de Damas, conçu pour les familles des combattants de la résistance islamique.

Je suis arrivé en compagnie du député et j'ai visité le nouveau bâtiment, qui était équipé de nouveaux meubles. Ce qui m’a surpris le plus c’était la mise en place d’une salle de cinéma, d’une cafétéria toute équipée pour les enfants et d’un lieu de prière dans lequel il y avait des tapis de prière et des pierres (Turba) pour la prosternation.

Le député sunnite a porté la turba et s’est précipité vers moi pour me demander si «les pierres sont les bonnes ?».

J’ai beaucoup admiré que tout près de l’immeuble conçu aux familles des moudjahidines il y avait un petit espace de jeux pour les enfants, et un restaurant de «shawarma».

Lorsque nous avons quitté le bâtiment, j’ai remarqué la présence de quelques «bus», le député m'a alors expliqué qu'ils seraient au service des familles des moudjahidines lorsqu'ils souhaiteraient se déplacer à Damas.

J’ai remercié le député en lui demandant de transmettre mes remerciements à celui qui a pris la peine de prendre cette bonne initiative. Il m’a répondu que «cette initiative est le moindre devoir que nous devons accomplir envers les familles des Moudjahidines qui combattent aujourd'hui l'ennemi israélien au Liban et défendent l'ensemble de la nation. Nous avons tout organisé pour le réconfort et bienêtre des enfants des Moudjahidines et leurs épouses, même en ce qui concerne le service. Nous ne voulons pas que les épouses des Moudjahidines s’encombrent… nos femmes seront au service des femmes de la résistance».

J'ai eu l'honneur d'être au service des femmes de la résistance

Quelques heures après la victoire retentissante de juillet 2006, l'ambassadeur iranien à Damas m'a contacté et m’a invité à une cérémonie politique à Damas à l'occasion de cette victoire divine. Je suis arrivé dans la salle et j'y ai remarqué une représentation politique diverse de plus d’un pays arabe et islamique.

Cheikh Al-Akhtari, l’ambassadeur d'Iran en Syrie, m'a informé du programme de la célébration, notant que le ministre syrien des Awqaf prononcera un discours, ainsi que le Mufti, et m’a demandé de tenir un discours au nom de la Résistance islamique et de la République islamique d'Iran. J'ai rapidement réfléchi à ce que je devais dire à cette occasion et j’ai choisi de parler de la culture de la résistance qui a pavé la voie à cette grande victoire divine. En prononçant mon discours, j’ai évoqué quelques expériences que j’ai vécues avec le cher peuple syrien durant mon séjour en Syrie, et parmi mes multiples souvenirs j’ai raconté comment un député syrien m’avait dit que «nous ne voulons pas que les épouses des Moudjahidines s’encombrent… nos femmes seront au service des femmes de la résistance». À la fin de la cérémonie, de nombreux participants sont venus me féliciter, parmi eux une femme d'âge moyen, qui m’a dit en pleurant «je suis députée à l'Assemblée du peuple syrien et j'étais l'une de ces femmes dont vous avez parlé. J'ai eu l'honneur d'être au service des femmes de la résistance».

*Conseiller culturel du président du Conseil exécutif du Hezbollah

 

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