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Algérie: des partis rejettent une présidentielle visant à «régénérer le système»

Algérie: des partis rejettent une présidentielle visant à «régénérer le système»
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Par AlAhed avec AFP

Une présidentielle organisée dans le contexte actuel en Algérie, où continue de diriger l'appareil hérité du président déchu Abdelaziz Bouteflika, ne servira qu'à la «régénération» du «système» politique dont veut se débarrasser le mouvement de contestation, ont estimé mercredi plusieurs partis.

Le mouvement de contestation inédit qui agite l'Algérie depuis le 22 février a eu raison du président Bouteflika, démissionnaire le 2 avril après 20 ans au pouvoir, mais continue de réclamer, avant toute élection d'un successeur, le départ de tous ses ex-fidèles encore aux commandes et le remplacement de l'ancien appareil par des institutions de transition.

Face à la contestation, «le pouvoir multiplie les manœuvres dans l'unique espoir de mettre en échec cette déferlante citoyenne et d'empêcher toute alternative politique crédible», estiment plusieurs petits partis de l'opposition, dans un «Pacte politique pour une véritable transition démocratique», reçu par l'AFP.

«Aujourd'hui, le pouvoir réel est assumé et exercé entièrement par l'état-major de l'armée», rappellent ces partis parmi lesquels le Front des Forces socialistes (FFS, doyen de l'opposition en Algérie, 14 députés sur 462), le Rassemblement pour la Culture et la démocratie (RCD, parti laïc issu du Mouvement culturel berbère, 9 députés) et le Parti des Travailleurs (PT, extrême gauche, 11 députés).

Ont également adhéré à ce «pacte» plusieurs autres petits partis et la Ligue algérienne de Défense des droits de l'Homme (LADDH), tous étaient récemment signataires d'un appel à l'union pour une «alternative démocratique» lancé à l'opposition, aux syndicats et associations.

Dans ce pacte, ils énumèrent des préalables à toute négociation avec le pouvoir, notamment la libération des «détenus politiques et d'opinion» et la «libération du champ politique et médiatique».

Ils réclament également «l'organisation d'une période de transition» permettant «l'expression d'une véritable souveraineté du peuple et l'édification d'un Etat de droit démocratique basé» notamment sur «l'indépendance de la justice, la séparation et l'équilibre des pouvoirs, la non utilisation de la religion (...) à des fins politiques, l'égalité des droits entre les hommes et les femmes».

Salah appelle à «comprendre» ses décisions

Le commandement de l'armée algérienne, au centre du pouvoir depuis la démission de Bouteflika, a appelé mercredi les Algériens à «la compréhension» sur ses décisions.

Après avoir obtenu le départ de Bouteflika, les manifestants réclament désormais le départ des anciens piliers de la présidence déchue encore au pouvoir, en tête desquels le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, dont les manifestants nient toute légitimité politique.

«Nous attendons de notre peuple une compréhension qui s'élève à la hauteur du degré de confiance qui relie le peuple à son armée», a déclaré mercredi lors d'une nouvelle visite sur le terrain, le général Gaïd Salah, de facto devenu le véritable homme fort du pays.

Semblant rompre avec le ton plus martial qu'il avait adopté récemment, il a une nouvelle fois assuré que «le commandement de l'Armée (...) ne nourrit aucune ambition» politique, selon le texte de son discours publié par le ministère de la Défense.

«Notre objectif est de servir notre pays et accompagner en toute sincérité» le peuple algérien «afin d'amener notre pays à dépasser sa crise», a expliqué le général Salah qui rejette depuis des semaines les revendications de la contestation, notamment la mise en place d'une période de transition avec des institutions ad hoc avant toute élection présidentielle.

L'armée «ne s'écartera pas de ses missions constitutionnelles nationales, que requiert la situation actuelle du pays, jusqu'à l'élection du président de la République, dans les délais constitutionnels, loin de toutes formes de transition», a-t-il une nouvelle fois prévenu.

Le 18 juin, le général Gaïd Salah avait déjà dit qu'une période de transition aboutirait «à la destruction des fondements de l'Etat».

Depuis le départ de Bouteflika, le patron de l'armée, soutien indéfectible durant 15 ans du chef de l'Etat déchu, s'est exprimé une quinzaine de fois en public contre trois fois pour le président par intérim Abdelkader Bensalah, titulaire du pouvoir légal.

L'annulation, faute de candidats, de la présidentielle prévue le 4 juillet pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika a placé dans une situation délicate le pouvoir qui refuse toute transition.

La Constitution prévoit que le président par intérim Abdelkader Bensalah rende le pouvoir à un nouveau président d'ici le 9 juillet, un délai trop court pour organiser un nouveau scrutin.

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