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Discours à l’occasion du 30ième anniversaire de la création de la Commission d’appui à la résistance islamique

Discours à l’occasion du 30ième anniversaire de la création de la Commission d’appui à la résistance islamique
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Au nom de Dieu

Bienvenue à vous tous, de Hermel, de Baalbeck, de la banlieue sud, de Nabataiyé et de Hanaouay.

Je salue aussi tous les membres de la Commission d’appui à la résistance islamique.

Nous devons nous rappeler en cette occasion bénie, ceux qui avaient commencé il y a trente ans ou plus  à lancer cette commission, d’autant qu’à ses débuts, la résistance était considérée comme un corps étranger et elle était pauvre, ayant peu de moyens ; ils ont eu l’idée et ont déployé des efforts, utilisant leurs relations pour collecter des fonds et appuyer la résistance, pour que celle-ci puisse grandit, se développer et remporter des victoires.

Nous devons aussi rendre hommage aux pionniers, des frères et des sœurs, qui ont créé des comités dans la plupart des régions et se sont réunis entre eux pour se fondre ensuite dans une structure unifiée qui est devenue la Commission d’appui à la résistance islamique.

Je voudrais les remercier tous et surtout ceux qui ont assuré le commandement de cette structure. Je remercie en particulier  le frère Moujahed hajj Hussein al Chami et tous nos frères et sœurs de l’administration centrale, les responsables de toutes les directions dans toutes les régions et tous ceux qui se sont succédé aux postes de responsabilités dans cette Commission, au cours des 30 dernières années.

Je voudrais remercier en particulier nos sœurs qui assurent le plus grand nombre des effectifs de cette Commission et qui déploient de grands efforts pour qu’elle continue à fonctionner.

Je vous remercie donc tous pour vos efforts et vos sacrifices, surtout que nous parlons d’un volontariat. Beaucoup d’entre vous ont grandi en remplissant cette mission et ils lui ont consacré une partie importante de leur vie.

Je dois aussi préciser qu’ils ont toujours fait preuve d’un grand sens des responsabilités, de souci de préserver les fonds, surtout qu’ils sont généralement des dons consentis par ceux qui veulent aider la résistance. Tous ceux qui travaillent ou ont travaillé dans cette Commission ont fait preuve de loyauté et de fidélité.

Je dois aussi remercier tous les donateurs, qu’ils aient donné des fonds directement ou par votre biais et ceux qui ont donné des biens matériels. Je voudrais assurer tous ceux-là de mon estime.

Beaucoup croient que cette résistance est tributaire de l’appui de certains amis comme la République islamique en Iran, ou certains fortunés. Mais elle doit en réalité, une grande partie de ses moyens aux dons des gens ordinaires, simples, le père, la mère, les enfants, les filles et les fils des martyrs qui mettent chaque matin une petite somme dans les tirelires consacrées aux fonds destinés à la résistance. Des tirelires sont aussi installées  à l’entrée des échoppes, dans les lieux déterminés où se déroulent les activités organisées par la Commission. Chacun met 100LL ou 10 000 LL ou même 100 000 et finalement, cela devient des sommes importantes. Car il ne faut pas oublier que les fleuves et les mers sont constitués par les gouttes d’eau, qui en s’ajoutant les unes aux autres deviennent ensuite un torrent ou une grande surface maritime.

Nous sommes fiers de ces gens, de leur appui, de leur amour et de leur soutien permanent qui se poursuit même lorsque la résistance a paru plus à l’aise. Ils veulent faire partie de cette résistance et y contribuer à leur manière en lui exprimant ainsi leur affection et leur soutien.

Nous avons perçu cela à différentes reprises. Par exemple, au cours des années précédentes, lors des combats pour chasser les takfiristes et les terroristes de la chaîne orientale et de la Békaa. Nous avions alors vu comment les femmes et les habitants en général des villages de la Békaa tenaient absolument à faire parvenir des plats chauds, des douceurs et des affaires, aux combattants sur les fronts avec l’aide de la Commission d’appui à la résistance. Pourtant ceux-ci n’avaient besoin de rien, tout était assuré par la résistance. Mais les gens tenaient malgré tout à leur faire parvenir de la nourriture et d’autres biens, en payant de leur poche ou en puisant dans leurs réserves, exactement comme cela s’était passé au Sud, avant 2000 et après ainsi que pendant la guerre de 2006. Ce sont les gens et c’est avec eux que nous sommes forts et nous pouvons poursuivre la lutte.

L’élément le plus important réalisé par la Commission d’aide à la résistance est qu’elle a réussi à élargir  l’espace du Jihad. Car la résistance lutte ainsi avec ses combattants mais aussi avec ses pères et ses mères qui poussent leurs enfants à s’y enrôler. Il y a aussi encore un autre espace qui est défini par la résistance avec l’argent, cet argent dont la résistance a besoin. Je reviendrai sur ce sujet.

La résistance a besoin d’argent, car c’est un élément naturel de force naturel, selon les règles divines qui gèrent l’Histoire et les sociétés.

Le Prophète avait besoin de l’argent de Khadigea et à tout autre argent pour pouvoir développer son mouvement et résister face à ceux qui ont voulu l’arracher et le combattre.

Il n’est donc pas besoin d’expliquer pourquoi le jihad a besoin d’argent. C’est évident. Dieu Lui-même en a parlé dans son Livre lorsqu’Il a appelé à lutter pour Lui avec les esprits et avec l’argent...

Tous ceux qui veulent lutter ou contribuer à la résistance avec l’argent ont besoin d’un canal sûr ou d’une institution dans laquelle ils ont confiance pour pouvoir lui remettre leur argent. La commission d’aide à la résistance est cette institution.

Je vais maintenant aborder deux sujets liés à l’argent  et à la situation financière et économique, notamment à la lumière des sanctions américaines, du blocus financier et des listes terroristes ainsi qu’avec la décision britannique de mettre l’aile politique du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes.

Auparavant ils avaient mis l’aile militaire sur cette liste et maintenant c’est le tour de l’aile politique.

 En même temps, lorsque nous parlons de sanctions américaines, il est normal qu’elles se durcissent aussi sur ceux qui nous appuient  comme la République islamique, la Syrie et sur l’ensemble de l’axe de la résistance.

Au Liban, ils ont venus vers les banques. Ils ont commencé à leur imposer des mesures strictes , tout en élaborant des listes  comportant les noms de commerçants, de sociétés, d’établissements, d’associations supposés terroristes avec lesquels il est interdit de faire des opérations bancaires.

 Ils ont mis les noms de commerçants libanais sur les listes des parties ciblées par les sanctions et cela va continuer, le processus se poursuit et il pourrait y avoir d’autres noms.

Cela pour les sanctions américaines. Mais il y a maintenant de nouvelles listes. Depuis quand les Etats du Golfe avaient des listes d’organisations terroristes ? C’est désormais fait.

Dans le monde aussi, certains Etats ont désormais des listes d’organisations terroristes, certaines sont anciennes d’autres nouvelles. Le nom du Hezbollah figure dans certaines et dans d’autres pas. Mais nous devons nous attendre à ce que d’autres Etats suivent l’exemple de la Grande Bretagne.

Ce processus se poursuit. Mais comment devons-nous le percevoir ? Parfois comme une démarche coupée du passé et de l’avenir et tantôt comme un processus général qui se poursuit, dans le passé, le présent et l’avenir.

La seconde approche est plus réaliste.  Car elle nous permet de mieux comprendre ce que signifient ces mesures, quels sont leurs objectifs. Cela nous permettra de les affronter et de les neutraliser. C’est la responsabilité de la résistance et celle de son public, ainsi que celle de ceux qui l’appuient et de tous ceux qui se considèrent faisant partie de ce mouvement historique dans notre région et pas seulement au Liban.

Nous devons ici comprendre que nous sommes injustement traités mais nous sommes forts. Nous sommes agressés mais nous sommes forts. Le processus est clair : depuis 1982 à nos jours, les Etats-Unis et Israël, c’est-à-dire les acteurs du projet d’hégémonie américaine et sioniste  sur notre région, sur nos pays, sur nos ressources et sur notre souveraineté enregistrent des défaites successives. C’est clair et nous en avons beaucoup parlé dans le passé. Je vais donc faire un rappel rapide. Par exemple, en 1982, il y avait un projet américano-israélien pour le Liban, la Palestine et la région. Qui a porté un coup à ce projet ? Les mouvements de résistance au Liban. Je ne parle pas seulement du Hezbollah, mais aussi d’Amal, des partis nationaux, des organisations islamistes et des différentes factions de la résistance, avec l’appui de la Syrie et de la République islamique en Iran. De 1982 à 1985 et les événements qui ont suivi, ce projet est tombé.

En 2000, il y a eu une défaite israélienne au Liban. Après  cela, il y a eu le retrait israélien de la bande de Gaza et le projet du Grand Israël est tombé. J’en parlerai plus longuement à une autre occasion.

En 2006 et un peu avant, il y a eu un grand projet américain pour contrôler la région, avec l’arrivée au pouvoir à Washington des néo-conservateurs. Le projet a commencé avec l’invasion de l’Afghanistan, l’occupation de l’Irak, la tentative d’encercler  l’Iran, d’isoler la Syrie, de liquider la cause palestinienne et d’éliminer la résistance au Liban en 2006.

La résistance a tenu bon en 2006 au Liban et en 2008 à Gaza. La Syrie et l’Iran ont aussi tenu bon et ce grand projet dangereux pour notre région est tombé.

En 2011, le projet de briser ce que j’appelle le pilier qui porte la tente de la résistance dans notre région, c’est-à-dire l’Etat syrien a commencé. Il a été suivi quelques années plus tard par la tentative de revenir en Irak par le biais de Daech et par des pressions sur l’ensemble de l’axe de la résistance au Liban, en Palestine, sur le peuple palestinien, sur nos frères au Yémen et même ce qui se passe à Bahrein, tout cela s’inscrit dans le cadre d’un plan américano-israélien et je l’ai déjà dit, des Etats régionaux ont servi d’instruments dans ce projet.

Une fois de plus, l’axe de la résistance, les Etats et les partis de la résistance ont fait face à ce projet. La bataille a été ainsi tranchée en Irak et dans un grand pourcentage, elle a aussi été tranchée en Syrie. Elle a été remportée clairement au Liban, alors que le Yémen continue de résister face à une agression continue et face à un blocus qui en finit. De même, la République islamique tient bon face aux sanctions qui lui sont imposées et ce projet a aussi échoué.

Pour en arriver à la situation actuelle, c’est donc l’axe de la résistance, les partis et les Etats de la résistance qui s’opposent aujourd’hui au plan de Trump et de Kushner pour obtenir un acquis historique à travers le « deal du siècle ». Le peuple palestinien en premier et l’Iran qui constitue dans les rapports annuels israéliens « une menace existentielle », le Hezbollah qui est « la plus grande menace centrale », ainsi que l’ensemble de l’axe de la résistance, de Gaza à la Syrie jusqu’au Yémen font face à ce projet et représentent un souci et une menace pour l’entité sioniste.

Ils nous imposent donc des sanctions et nous mettent sur les listes terroristes parce que nous les avons vaincus et que nous avons fait chuter leurs projets, parce que nous sommes forts et dignes, parce que nous défendons nos choix, notre souveraineté, nos pays, nos Etats. Le processus montre donc que nous sommes forts.

C’est parce qu’ils ne peuvent pas gagner  sur le terrain et que toutes leurs guerres ont échoué qu’ils prennent toutes ces mesures contre nous. Les Américains sont venus dans la région et ils y ont été vaincus. Ils sont venus  en 2001 et ils ont été vaincus en Irak par la résistance. Ils ont été vaincus en Afghanistan et en Syrie et chaque jour, ils sont vaincus au Yémen ; Avec toutes ces défaites, comment voulez-vous qu’ils fassent une autre guerre ? Les Israéliens ont peur à l’idée d’une nouvelle guerre. N’entendez-vous pas chaque jour  les Israéliens dire que leur armée n’est pas prête. Ils ont même eu récemment recours au dispositif « Sad » américain pour faire face aux missiles. Ils n’ont donc pas confiance dans le dispositif qu’ils avaient vanté pendant des années disant qu’il était en mesure de protéger leur front interne. 

Donc, face à l’échec des options militaires et après le fait que les assassinats n’ont pas atteint leur objectif, au contraire, ils n’ont fait qu’augmenter notre détermination et notre conscience, ils n’ont plus eu d’autre choix. Sayed Abbas répétait à cet égard les propos de l’imam Khomeiny : « Tuez-nous, notre peuple n’en deviendra que plus éveillé ».

Les sanctions et els listes terroristes s’inscrivent donc dans ce cadre. Nous devons donc les considérer comme une forme de guerre. Comme il y a une guerre militaire, sécuritaire, médiatique, politique et culturelle, il y a une guerre financière, économique et psychologique.

Nous devons donc affronter cette guerre. Je m’exprime en toute franchise. Ce que je dis dans les réunions en petit comité je le dis aussi dans les réunions élargies et maintenant je le dis à la télévision. Lorsque nous faisons face à certaines difficultés financières à la suite des sanctions ou des mesures contre nous, il ne s’agit donc pas d’une lacune administrative ou autre. C’est le résultat de la guerre menée contre nous. Au fait, cette guerre n’est pas seulement menée contre nous. Elle vise l’Iran et les Américains veulent aller jusqu’au bout. Ils ont demandé aujourd’hui au Conseil de sécurité de prendre des sanctions contre l’Iran. Ils suivent dans les détails toutes les démarches prises et leurs résultats.

 Il y a aussi une augmentation des sanctions contre la Syrie. Ce qu’ils n’ont pas pu obtenir militairement, ils veulent le prendre à travers les pressions économiques et sur la vie quotidienne en Syrie, sur le peuple syrien en touchant tous les domaines de sa vie économique, sociale et personnelle.

Même chose pour le blocus imposé aux Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, la destruction des maisons, la suspension des salaires, l’interdiction de laisser passer les aides, tout cela se poursuit.

Au Yémen,  le peuple est affamé, le blocus financier et économique à travers les ports notamment se poursuit. Les sanctions et les  listes terroristes vont aussi se poursuivre. Hier Netanyahu a considéré la chaîne satellitaire Al Aqsa comme terroriste.

Les Américains sont en train de mettre les factions de la résistance irakienne les unes après les autres sur la liste terroriste. Le dernier en date est le Mouvement al Noujabaa.

Finalement, ce processus touche tout ce qui est en rapport avec ce mouvement historique de résistance dans notre région. L’axe de la résistance qui regroupe des Etats, des gouvernements, des mouvements, des peuples. Il faut donc l’affaiblir, briser sa détermination, l’appauvrir, l’affamer pour qu’il cède et plie.  Ils veulent prendre par l’appauvrissement et le fait de nous affamer ce qu’ils n’ont pas pu obtenir par la guerre et les attentats.

Face à cette nouvelle forme de guerre, nous devons tenir bons et rester forts et ne pas lui permettre d’avoir un impact sur notre volonté, notre détermination et notre moral.

Contrairement à tout ce qui se passe et à tout ce qui se dit, leurs espoirs vont être déçus. Inchallah, ils ne parviendront pas à nous affamer, à nous appauvrir et à nous encercler. Ceux qui nous appuient continueront à le faire, qu’il s’agisse d’Etats ou de populations, le peuple de la résistance. Certes, nous devons faire face à certaines difficultés, mais je vous le dis en tant que responsable qui suit quotidiennement ce dossier dans les plus petits détails : Nous poursuivrons notre travail, nos structures resteront fortes et solides. Ils ne parviendront pas à empêcher le sang de couler dans nos veines, ni à ébranler notre détermination. Soyez- en sûrs !

Certes, nous devrons faire face à certaines difficultés, comme je l’ai déjà dit, mais nous devons supporter, faire preuve de patience et de réaménager notre gestion et notre organisation en redéfinissant nos priorités en tenant compte de cette situation. ET je suis sûr que nous pouvons faire face à cette guerre et la remporter.

Lorsque nous nous battions pendant la guerre de juillet, certains se tenaient sur la rive du fleuve ( c’est une expression) attendant de voir flotter nos cadavres. Ils ont été déçus et nous avons remporté la victoire. Cela s’est de nouveau passé lorsque nous nous sommes battus en Syrie. Certains dans le monde, dans la région et malheureusement au Liban attendaient de nous voir mourir. Mais là aussi, ils ont été déçus. Nous sommes devenus une partie de la grande victoire en Syrie. Aujourd’hui, le même scénario se répète. Certains attendent de nouveau de voir nos cadavres affamés et morts de faim. Mais là aussi, ils seront déçus. Cette résistance ne faiblira pas. Au contraire, elle va se renforcer et elle se dirige vers de nouvelles victoires et vers encore plus d’influence dans la région. L’avenir est devant nous et vous verrez que je dis la vérité.

Je reviens à la Commission d’appui à la résistance et je dis que nous avons besoin de relancer ses activités. Rappelez-vous que de 1982 à 2000, nous avions énormément besoin de soutien. Après 2006, grâce notamment au soutien de la République islamique d’Iran, nous n’avions plus besoin d’aides et j’avais dit à la Commission de poursuivre son activité pour permettre à ceux qui souhaitent contribuer au Jihad avec son argent de le faire. Je connais nos gens et leur générosité. A ce sujet je précise que je n’ai pas voulu lancer un appel d’aide aux enfants du Yémen parce que je connais la situation économique au Liban et je sais que si je fais un tel appel, nos gens vont y répondre. Malgré cela, les frères dans les régions , la Radio al Nour  etc ont fait une collecte et ils ont réuni, en quelques semaines, la somme de 2 millions de dollars pour les envoyer aux enfants du Yémen. C’est cela, notre public, prêt au sacrifice, prêt à donner en dépit de la crise économique ! J’ai beaucoup d’autres exemples à donner dans ce domaine. Je sais que les fils et les filles des martyrs, les mères des martyrs, les personnes âgées retirent de leurs salaires des sommes pour les donner à la résistance alors que leurs familles en auraient eu besoin. Bien entendu, tout ce qui se dit sur le fait que le Hezbollah voudrait mettre la main sur les fonds de l’Etat parce qu’il traverse une crise financière, est totalement faux. Je l’ai dit par le passé et je le répète : un tel comportement ne nous viendrait pas à l’esprit car il est contraire à nos croyances et à notre moralité. Nous voulons que nos ministres soient sous le contrôle des organismes de surveillance. Venez au ministère de la Santé et voyez comment sont dépensées les moindres sommes. Nous sommes transparents et clairs et nous sommes soucieux des deniers de l’Etat.

Je vais maintenant parler de la lutte contre la corruption qui s’inscrit dans le même cadre mais à un niveau national. Je voudrais rappeler certains points, sachant que nous avons ouvert deux dossiers, mais d’autres pourraient l’être. D’ailleurs, le pays tout entier est désormais dans cette ambiance de lutte contre la corruption et contre le gaspillage des fonds publics.

Premièrement, je voudrais rappeler que nous avions déclaré dans le cadre de notre programme électoral que nous comptons  travailler pour lutter contre la corruption dans l’administration. Je le rappelle car à l’époque, de nombreux spécialistes avaient déclaré : si l’Etat libanais continue dans ce sens, nous allons vers la faillite financière et économique. L’Etat ne pourra plus payer les salaires des fonctionnaires et des soldats et agents de la sécurité. L’Etat ne pourra plus financer des projets ni fournir des services aux citoyens. Les crimes se multiplieront et la paix civile sera menacée. Nous sommes donc devant une étape grave qui menace l’existence du pays. Dans le cadre de la résistance, nous défendions les ressources, la souveraineté, la dignité et la liberté du pays. Mais là, c’est encore plus grave, car la faillite financière et économique signifie la perte de l’Etat, du pays, bref de tout. En 2018, nous avions dit que nous avions un devoir moral, religieux, national et humain, car nous nous sommes battus pour la libération du pays et en Syrie pour protéger aussi le Liban, mais nous risquions de tout perdre. Nous ne pouvons pas nous permettre de rester à l’écart dans cette bataille existentielle. Le Liban est cher pour nous. IL l’est sans doute pour tous les Libanais, je ne veux pas faire de surenchère sur ce sujet. Mais il est cher pour nous aussi et nous faisons partie de ceux qui ont donné ce qu’ils ont de plus cher, leurs enfants, pour qu’il vive dans la dignité et la souveraineté. Cette patrie nous est chère et nous ne pouvons pas rester les bras croisés et la laisser aller vers l’effondrement pour ne pas déranger ou énerver tel parti ou tel courant. Nous avions déclaré cela pendant la campagne électorale et nous le répétons aujourd’hui.

Nous nous considérons donc face à une bataille que nous devons mener, qui est un devoir moral, national et jihadiste. Elle n’est pas moins sacrée que celle de la libération contre l’occupant et contre le projet sioniste. Il y a des gens au Liban qui demandent : pourquoi le Hezbollah a décidé de mener maintenant cette bataille et il s’est soudain réveillé au sujet de la lutte contre la corruption et le gaspillage ? La réponse est dans ce que j’ai dit précédemment : nous nous trouvons face à une grande bataille. Le danger a atteint un stade qui nous oblige à ne plus nous taire. Certes, l’existence de l’Etat et de la patrie n’est pas encore menacée, mais il est quand même très grave. Certains disent aussi que maintenant que la guerre est presque finie en Syrie, le Hezbollah qui n’a plus rien à faire veut ouvrir la bataille de la lutte contre la corruption au Liban. Ne vous en faites pas pour nous. Nous avons encore beaucoup à faire. D’autres disent que nous faisons cela par populisme pour gagner en popularité. Là aussi, je dois dire que nous sommes suffisamment populaires. Nous sommes même le parti qui a le plus de popularité au Liban. Les résultats des élections législatives le montrent. D’ailleurs, dans une certaine mesure, la lutte contre la corruption et le gaspillage risque de nous faire perdre un peu de popularité. Mais ce n’est pas ainsi que nous votons les choses. Pour nous il s’agit d’un devoir moral, en tant que résistance populaire. D’autres encore ont dit que l’objectif du Hezbollah dans l’ouverture de cette bataille est la vengeance politique. C’est totalement faux. Si c’était notre objectif, nous n’aurions pas appelé à la formation d’un gouvernement d’union nationale, dans lequel tout le monde serait représenté, dont ceux dont on nous accuse de vouloir nous venger.

Ce que nous voulons, c’est empêcher l’effondrement financier et économique, faire face au gaspillage financier et aux dépenses inutiles, faire cesser le pillage des fonds publics faire face à la corruption financière et administrative  pour que l’Etat libanais, le peuple et le Liban restent. Cela en premier. En second, nous pensons qu’il s’agit d’une bataille de longue haleine et nous ne recherchons pas des acquis politiques ou médiatiques. Ce qui compte pour nous, c’est d’arrêter  le gaspillage et que l’argent de l’Etat  lui revienne car il s’agit de l’argent du peuple.

 

Ce qui compte pour nous, c’est donc d’atteindre l’objectif, non de marquer des points politiques, médiatiques ou populaires. Sur cette base, nous pouvons dire que nous ne sommes en compétition avec personne dans cette bataille. Ni avec un parti, un courant, des leaders, des ministres, des associations ou la société civile. Nous ne voulons pas entrer dans des surenchères. Nous sommes avec tous ceux qui souhaitent participer, chacun à son niveau dans cette bataille. Une position, un projet de loi, un dossier avec des éléments transmis à la justice...nous sommes avec toutes les contributions. Il faut certes constituer des dossiers, car il y a beaucoup de paroles dans le pays, mais la justice ne peut pas s’en contenter. Elle a besoin d’éléments, de documents, de preuves. Que chacun qui possède des éléments ou des documents se dirige vers la Justice, nous l’appuyons. Nous sommes prêts à être des soldats derrière chacun qui voudra mener cette bataille. C’est cela notre objectif, en toute sincérité. C’est pourquoi le bloc de la résistance avait préparé il y a quelques jours des projets de loi qui aident à la lutte contre la corruption et le gaspillage. Mais il s’est trouvé que d’autres blocs parlementaires avaient préparé des projets similaires et les avaient annoncés dans les médias. Le bloc de la résistance  a donc décidé de ne pas présenter les siens pour ne pas donner l’impression d’une concurrence ou d’une surenchère. Nous appuyons donc tous ceux qui présentent des projets de loi dans ce sens et nous sommes prêts à nous retirer vers la seconde ligne. Nous ne tenons pas à être en première ligne toujours ou seuls. Pas du tout. Tous ceux qui veulent nous décharger de ce travail sont les bienvenus, nous avons beaucoup d’autres choses à faire. Au contraire, nous préférons que d’autres viennent car cela fera de cette bataille, un combat national, non celui d’une partie, d’un parti, d’une communauté ou d’un groupe. Nous voulons qu’elle soit celle de tous les Libanais. C’est ce que nous espérions pour la résistance et nous espérons aujourd’hui que tous participent  à cette bataille, chacun dans son domaine et à travers sa position qu’il s’agisse de politiciens, de journalistes, d’élites culturelles et économiques, de ministres, de députés, de blocs parlementaires, d’institutions de l’Etat et surtout de la Justice en premier lieu.  S’il y a une action bipartite, tripartite ou plus une coopération entre plusieurs parties sous n’importe quelle forme, une distribution des rôles, nous sommes prêts. Nous appuyons tout cela et comme je l’ai déjà dit, nous ne voulons pas être seuls dans cette bataille. Nous n’avons pas peur de l’être. Mais il vaut mieux que ce soit  une bataille nationale, globale et qui rassemble tout le monde, pour qu’elle ne soit pas limitée par le confessionnalisme, la politique ou toute autre considération.

Je vais être encore plus transparent. Les corrompus au Liban et au sein de l’Etat, les pilleurs, les voleurs ou ceux qui comptent le faire vont forcément se lancer dans une opération de défense  et ils feront tout leur possible pour éviter que cette bataille grandisse, car elle pourrait alors mettre les points sur les « i » et devenir une victoire. Ce qui ferait d’eux ceux qui en paieront le prix, ceux qui seront punis. Ils ont donc entamé leur contre-attaque. Ce qui est normal. Rappelez-vous à quoi nous avons fait face dans la bataille de la résistance à partir de 1982, nous faisons face à la même chose dans la bataille contre la corruption et le gaspillage financier.

Il s’agit donc d’une bataille difficile dans laquelle on cherche à nous pousser au désespoir et au découragement en nous disant : vous n’arriverez nulle part, vous ne pouvez rien faire. C’est exactement ce que nous entendions depuis 1982 : c’est une bataille difficile, vous ne pouvez pas contraindre Israël à quitter le Liban etc...Le fait de nous décourager fait partie de la bataille et on veut aussi décourager les gens.

On cherche aussi à mettre en doute notre bataille. Nous voulons mener cette bataille pour rendre l’argent public à ceux qui y ont droit et ils disent que nous voulons nous venger et régler des comptes avec des personnalités, des courants et des partis politiques. Ce qui est faux. C’était aussi la même tactique pendant la guerre pour la résistance, lorsqu’on nous accusait de nous battre pour le compte de la Syrie ou de l’Iran, ou pour avoir de l’influence, alors que nous ne voulions que libérer la terre, retrouver nos villages et nos maisons.

Nous recevons actuellement une quantité inimaginable d’insultes et d’accusations, depuis que nous avons ouvert le premier dossier. L’un d’eux a même dit que le Hezbollah est à la base de la corruption et il prétend aujourd’hui la combattre ! Je ne citerai pas son nom pour ne pas lui donner de l’importance, mais c’est une partie des accusations qui sont portées contre nous.

Il y a aussi une tentative de détourner la bataille contre la corruption de son cours normal pour la transformer en conflit confessionnel ou politique, destiné à protéger les corrompus potentiels. Nous autres, nous attendons ce que dira la Justice.

Dans cette bataille, certains misent aussi sur la lassitude. Ils pensent que nous n’irons pas jusqu’au bout par fatigue et par crainte des conséquences. On nous dit même : faites attention cela peut mener à une guerre civile. On ignore où ira le pays. Ils pensent qu’ainsi le Hezbollah arrêtera son action, lui et les autres forces déterminées à combattre la corruption. Soit ils s’arrêtent, soit ils se dirigent vers des compromis.

Je souhaite donc dire à tout le monde que c’est notre bataille, c’est l’une de nos batailles centrales. Je vais utiliser la même logique que lors des précédentes batailles, mais dans un autre ordre, pour répondre une fois pour toutes à tout ce qui se dit sur le sujet.

1-Ne misez pas sur notre lassitude. Nous ne nous sommes pas fatigués de mener la résistance depuis 1982 et nous sommes aujourd’hui en 2019 et la résistance est en pleine jeunesse. Elle a 36 ou 37 ans. C’est un jeune mûr, dont le cerveau est rôdé. C’est maintenant que commence la résistance. Vous et moi pouvons avoir des cheveux blancs, mais la résistance, elle, renferme des générations entières. En tant que groupe, elle ne vieillit pas et elle ne se lasse pas. Elle ne se lassera pas. La bataille contre la corruption n’a pas encore démarré pour que nous soyons fatigués.

Donc, ne misez pas sur notre lassitude.

2- Ne misez pas sur notre découragement. Cela n’arrivera pas. Nous savons que nous menons une bataille difficile et longue. Nous n’attendons pas des victoires rapides en quelques semaines ou quelques mois. Le peuple libanais et ceux qui suivent cette bataille doivent savoir qu’il s’agit d’une bataille de longue haleine et difficile, qui a besoin de temps, de patience, de résistance et de travail continu. Les insultes et les accusations nous importent peu. Ce n’est pas nouveau. Nous y sommes habitués surtout depuis 2005 jusqu’à aujourd’hui.

3-Nous avons entendu beaucoup de choses nous concernant. Par exemple : celui dont la maison est en verre ne jette pas des pierres sur les autres. Moi je dis : celui qui a des pierres et qui voit des vitres dans nos maisons qu’il les lance. Autrement dit, qu’il présente ce qu’il a à la Justice. Nous n’irons que devant la Justice. C’est d’ailleurs ce que nous faisons. Nous n’avons pas cité de noms et nous ne nous en sommes pas pris à qui que ce soit. Nous avons constitué un dossier et nous l’avons envoyé devant la Justice. Les insultes et les accusations ne changent rien à cela et ne nous feront pas renoncer à notre action. Au contraire, elles augmenteront notre détermination, notre force et notre élan, car elles nous provoquent. Mais n’agirons pas de la même façon.

En conclusion, ne misez pas sur notre peur ; N’essayez pas de nous effrayer, ni par le spectre d’une discorde confessionnelle, ni par celui d’une guerre interne. Nous ne nous tairons pas, nous ne reculerons pas et nous n’arrêterons pas  cette bataille.

4-A ceux qui se tiennent dans les salons, les coulisses, les médias et les réseaux sociaux, je tiens un discours franc et clair. A nos amis qui ont des doutes je dis : nous irons jusqu’au bout jusqu’au jour où nous serons convaincus que le pays a surmonté la période du danger existentiel et celui de l’effondrement. Je le dis à haute voix : vous devez vous attendre à tout de notre part dans cette bataille. Car il s’agit d’un devoir pour que la patrie demeure. C’est la bataille pour la survie de l’Etat et pour le sauvetage de la patrie des mains des corrompus, des pilleurs, des voleurs et des voraces. Nous irons jusqu’au bout quel que soit le prix à payer.

5-Nous avons commencé à partir de deux dossiers ( Nous en avons plusieurs). Le premier est celui de ce qu’on appelle « les comptes de l’Etat de 1993 à 2017. C’est le plus important et le plus dangereux des dossiers. L’affaire des 11 milliards de dollars en fait partie. Mais pendant toute cette période, il y a une situation financière malsaine, suspecte et floue. Pour ne pas émettre de jugement, attendons demain. Le ministre des Finances dit que le dossier est terminé et il en enverra une copie à la Cour des Comptes, une autre à la présidence du Conseil et plus tard, une autre au Parlement et peut-être irons-nous à la Justice. Mais ceux qui ont entendu le directeur général des Finances, Alain Bifani pourront comprendre qu’il s’agit d’une question très grave. Je demande à ceux qui n’ont écouté sa conférence de presse, d’en lire le texte, sachant qu’il est directeur du ministère des Finances depuis des années et qu’il est à la tête de l’équipe chargée de recueillir les documents et de les vérifier. Il ne s’agit donc pas d’une affaire banale, mais d’une catastrophe financière.

Nous avons commencé par ce dossier car c’est le bon commencement ; Ce n’est pas que nous nous sommes entretenus avec des gens qui nous ont dit : il y a ce dossier et nous nous sommes emballés. Pas du tout. Il y a quelques mois, lorsque nous avons décidé de mener la bataille contre la corruption, nous voulions un dossier central qui ouvre la voie à la réforme financière car s’il n’est pas traité, de nouvelles mesures ne peuvent pas être prises. Il fallait commencer par là pour que l’Etat puisse avoir un budget annuel, pour que le Conseil des ministres puisse présenter un projet de loi sur le budget qui sera par la suite soumis au vote du Parlement. Comme cela, le gouvernement pourra travailler sur la base d’un budget précis, sous le contrôle du Parlement. Si un dossier devrait être envoyé devant la Cour des Comptes ou devant la Justice, il y aura des documents et tout ce qui est requis pour que les comptes soient dans le cadre de la loi et de la Constitution. De la sorte, le gaspillage sera limité. Pour être simple : nous voulons savoir où a été cet argent ? Comment il a été dépensé pendant toutes ces années. Je ne cherche à accuser personne, mais la réforme financière commence par là. On ne peut pas dépasser ce dossier. Je le dis franchement, si le Hezbollah accepte un compromis sur ce dossier ou accepte qu’il soit occulté, il sera un parti menteur. Je commence par le Hezbollah mais cela s’applique à tous les autres et à tous ceux  qui songent à pousser vers des compromis au sujet des Finances publiques. Ceux qui font cela montrent en réalité qu’ils mentent au peuple libanais en disant vouloir empêcher l’effondrement et combattre la corruption.

Ce dossier est la clé, l’axe, la porte naturelle. C’est pourquoi nous avons commencé par là. Pour être honnête, je dirai que nous ne sommes pas les premiers à l’avoir ouvert. Celui qui a ouvert ce dossier en premier c’est le général Michel Aoun, lorsqu’il était encore le chef du CPL. Ce parti a publié un ouvrage sur cette question intitulé « L’impossible acquittement ». Sur la base de cet ouvrage une loi a été adoptée au Parlement, qui est désormais appliquée par le ministère des Finances. Ce ministère a aujourd’hui formé une équipe de responsables et de fonctionnaires pour vérifier les comptes. Ce qui est excellent.

Au cours des dernières semaines, nous avons mis l’accent sur ce dossier. Nous avons dit que nous possédons des documents et que nous comptons aller devant la Justice. Nous avons fait vite par crainte de la prescription au sujet de certains documents ( dix ou 20 ans). Nous avons donc mis ce dossier en lumière. Nous en avons parlé au Parlement et dans les médias. Nous avons été devant la Justice et nous avons mis chacun face à ses responsabilités. Pour nous, lorsque le ministère des Finances remet le dossier à la Cour des Comptes et le présente devant le Parlement, notre objectif est atteint. Lorsque nous allons devant la Justice – et je le dis franchement nous avons ajouté à nos documents ceux évoqués par le directeur général des Finances dans sa conférence de presse-, notre objectif est aussi atteint. C’est le bon début.

De 1993 à 2017, plusieurs ministres se sont succédé aux Finances. Plusieurs Premiers ministres se sont aussi succédé. Aucun d’eux ne s’est senti visé, sauf un seul. Nous n’avons pourtant accusé personne. Il s’est accusé lui-même. Nous autres, nous allons vers la Justice. Au lieu de lancer des accusations, des insultes et des polémiques, les autres devraient en faire de même. Nous suivrons ce que fait la Justice. Nous ne voulons pas de jugements préfabriqués, mais des réponses convaincantes. Nous ne voulons accuser personne, mais nous voulons du sérieux, surtout que certaines accusations sont portées contre certains dispositifs judiciaires et nous voulons être sûrs que la Justice fera son travail avec sérieux et honnêteté.

Nous ne voulons pas faire des prédictions, mais nous pensons que les choses vont dans le bon sens.

Le second dossier que nous avons ouvert est celui de l’endettement inutile. Il y a une partie responsable au gouvernement qui négocie un crédit de 400 millions de dollars pour des dépenses inutiles. Ils proposent à certains ministères des sommes d’argent puisées dans ce crédit et les ministères disent qu’ils n’en ont pas besoin. Une grande partie de cet argent ira dans les poches des conseillers et d’autres personnes...

Nous avons soulevé ce problème et le Premier ministre a réagi, en demandant des détails. Il a promis de le poursuivre. Le président de la Chambre a aussi réagi et il a promis de rester vigilant lorsque ce crédit ou d’autres arriveront au Parlement. Pour nous ce qui compte, c’est d’obtenir des résultats.

Lorsque nous empêchons l’arrivée d’un crédit, nous le faisons dans l’intérêt du peuple libanais qui finalement paiera les 400 millions de sa poche, de sa sueur et de sa faim. Nous considérons que c’est une réussite.

Nous avons ouvert ces deux dossiers et d’autres attendent. Lorsque nous avons suffisamment d’éléments et de documents, des faits solides, nous ouvrons le dossier. Nous discutons actuellement un dossier qui ne sera pas limité à une confession ou à une région, ni même à une force politique, pour que personne ne nous accuse de vouloir nous venger politiquement. La bataille en est encore à ses débuts, mais je considère que nous avons obtenu des résultats importants jusqu’à présent.

Au Liban, il y a aujourd’hui une unanimité nationale pour faire face à la corruption et au gaspillage financier. Est-ce vrai ou non ? Tous les responsables, les partis, les ministres en parlent, ainsi que les blocs parlementaires, les forces politiques. Il n’y avait jamais eu auparavant une telle unanimité sur l’ouverture de ce dossier et sur le fait de le considérer comme une priorité nationale. C’est l’un des résultats de l’entrée du Hezbollah dans cette bataille, à cause de notre poids et de notre influence. Pour plaisanter, je dirais que j’ai entendu dans certains bulletins télévisés, dire : il aurait fallu les laisser se battre en Syrie ! Mais lorsque la menace pèse sur l’existence même du Liban, nous n’hésitons pas à nous battre. D’autres parties politiques sont aussi entrées dans cette bataille et nous savons qu’elles sont sérieuses et efficaces.

Il faut encore ajouter qu’il y a eu au Parlement une insistance pour voter une loi sur le budget. Le Parlement ne veut plus autoriser les dépenses publiques sur la base du « douzième provisoire ». C’est un changement, car auparavant, les blocs, dont le nôtre, acceptaient cela. Nous ne voulons certes pas entraver le gouvernement. Mais il a promis d’élaborer la loi sur le budget dans le délai qui lui a été accordé. C’est déjà un acquis, comme celui de mettre les comptes de l’Etat sur la bonne voie. Chacun est appelé à travailler. C’est le début de la grande réforme. Hier encore, le gouvernement a décidé de retirer des milliards considérés comme des dépenses inutiles. Il y a un nouveau climat qui pousse les ministres à être plus fermes et stricts dans les dépenses. Chacun travaille dans son domaine, qu’il ait un ministère important ou non.

Je vais donner un petit exemple pour montrer que nous ne nous occupons pas seulement des grandes choses. Je vais parler de ce qui est arrivé au ministère de la Santé, puisque l’un de nos proches en a la responsabilité désormais. Un de mes amis a un fils qui a une maladie incurable. Il va chaque mois au ministère de la Santé, chez les responsables du département concerné pour prendre les médicaments nécessaires au traitement de son fils. Avant, il réclamait 9 piqûres et on lui en donnait 5. Il signait pour 9 et obtenait 5, sachant que les 4 autres allaient être revendues par une partie au ministère et que chaque piqûre coûte 150 000LL dans les pharmacies. Comme il avait besoin des piqûres, il signait le reçu et achetait ce qui lui manquait. Cela se faisait souvent et les parties concernées fermaient les yeux. Aujourd’hui, l’ami en question s’est rendu à la Quarantaine pour prendre les piqûres. On lui en a donné 7 et il a signé sur 7. Il m’a raconté avoir été surpris et il a demandé : Pourquoi ce n’est pas comme d’habitude ?  Vous voulez que je signe pour avoir reçu 9 ? La réponse a été négative. Il a suffi qu’il y ait à la tête du ministère un ministre sérieux et appuyé par une partie influente pour que le fonctionnement du ministère soit différent. Ce changement profite aux pauvres et aux malades n’ayant pas les moyens de se faire soigner. C’est un bon début. Si chaque ministre prend au sérieux son travail, nous pouvons obtenir de grands résultats dans tout le Liban, avec tous les blocs, rapidement.

Aujourd’hui, en cet anniversaire, je vous dis que nous devons poursuivre la bataille de la résistance par la lutte contre la corruption. Les deux batailles se complètent et visent à ce que notre pays reste digne, fort et capable de faire face aux tempêtes qui soufflent et aux séismes. Il doit être capable de régler ses problèmes économiques et sociaux. Il doit être un pays où les habitants vivent en paix, coopèrent, se complètent et sont dignes.

Une fois de plus, je voudrais remercier tous ceux qui nous ont aidés et qui nous aident encore, tous ceux qui ont permis de préserver le testament des martyrs. A vous tous, j’adresse mes remerciements et mon respect, dans l’espoir de remporter encore plus de victoires, dans toutes les batailles que nous menons. 

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