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Le tir de roquette à «Tel-Aviv» arrive à un timing parfait pour Netanyahou

Le tir de roquette à «Tel-Aviv» arrive à un timing parfait pour Netanyahou
folder_openPresse occidentale access_timedepuis 6 mois
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Par Révolution Permanente

A 15 jours des élections législatives anticipées, une roquette qui aurait été lancée par le Hamas à Gaza, a atteint la banlieue de « Tel-Aviv ». Netanyahou en difficulté dans les sondages et empêtré dans des affaires juridiques, pourrait bien faire le choix d’une action militaire d’envergure sur Gaza afin de remonter dans les sondages.

Dans la nuit de dimanche à lundi, une roquette a atteint la banlieue de « Tel-Aviv ». Il n’y a pas eu de mort mais 7 blessés légers dont un bébé de 6 mois. Il est rare qu’une roquette arrive à toucher une zone d’habitation et encore plus rare qu’il y ait des blessés.

La roquette a parcouru plus de 80 km pour exploser sur une maison. C’est la première fois depuis l’Opération Bordure protectrices et la guerre menée à Gaza par l’Entité sioniste en 2014 que «Tel-Aviv» est touchée.

Etrangement, le parapluie anti missile israélien, le fameux « Dôme de fer » n’a pas réussi à intercepter l’engin, ou comme l’explique le journal La Croix, il « n’a pas été actionné ».

A 15 jours des élections on peut se questionner sur les raisons de ce tir. Il y a 10 jours, le Hamas avait évoqué une « erreur » après deux tirs de roquettes en direction de Tel-Aviv. Le Hamas qui a une fois de plus montré son rôle réactionnaire, vient de réprimer durement des manifestations contre la vie chère dans la bande Gaza et qui est en pleine négociation avec l’Egypte pour un cessez-le-feu avec l’Etat israélien n’a guère intérêt à une escalade militaire maintenant. D’autant plus qu’à 5 jours de l’anniversaire de la Grande marche du retour, le Hamas doit faire en sorte de contrôler et récupérer le mouvement (chose qu’il n’avait pas réussi l’année dernière). Le Hamas qui a autant besoin d’«Israël» qu’«Israël» a besoin de lui, va tenter de canaliser la colère grandissante de la bande de Gaza vers l’Entité sioniste autour du 30 mars. La contestation palestinienne se fait également dans les prisons israéliennes. Des mutineries ont lieu depuis quelques jours pour dénoncer les conditions de détention après qu’un nouveau brouilleur ait été mis en place, empêchant les prisonniers de communiquer avec l’extérieur.

Du côté Israélien, il faut voir que ce tir de roquette arrive à un timing parfait pour Netanyahou.

Netanyahou en délicatesse avec la justice et son parti est annoncé deuxième selon les sondages

Mis en cause dans plusieurs affaires de corruption, Netanyahou a été obligé d’avancer les élections. Il joue clairement sa tête et cela ne s’annonce pas très bien. En effet, la surprise politique viendrait du centre. Trois anciens dirigeants de l’armée de l’occupation ont formé une liste de centre et sont pour l’instant premiers dans les sondages.

Le 10 février, la chaine I24news publiait un sondage qui montrait qu’en cas d’alliance entre Benny Gantz, Yaïr Lapid et Gabi Ashkenazi, ces derniers arriveraient en tête avec 42% d’intention de vote contre 35% pour le Likoud, parti de Netanyahou. Plus gênant pour l’actuel premier ministre israélien, un sondage de Times of Israël met en avant deux choses. Premièrement que le parti des trois anciens chefs de l’armée, Kakhol Lavan, est en tête avec 23% des intentions de vote. Mais surtout à la question « Après 10 ans au pouvoir, pensez-vous qu’il est temps de remplacer Benjamin Netanyahou au poste de Premier ministre ? » 53 % des sondés ont répondu « Oui il est temps de changer » et seulement 19 % ont répondu « Non, je suis content de la façon dont il dirige le pays ».

Pourtant, toujours selon le même sondage, à 41% Netanyahou est celui en qui les sondés ont « le plus confiance pour assurer la sécurité d’Israël ».

Netanyahou s’est toujours montré intraitable vis-à-vis des Palestiniens, n’hésitant pas à s’allier à l’extrême droite israélienne. Pourtant, même sur ce sujet, il a perdu de sa superbe. Les bombardements « ciblés » de camps du Hamas ne semblent n’être plus que des réponses faibles pour une partie de la population et des politiques israéliens. Benny Gantz qui était le chef de Tsahal nommé par Netanyahu a expliqué qu’« il est inacceptable pour Israël d’être tenu en otage par le Hamas ! ».

Face à cette pression, Netanyahou pourrait se rappeler la situation de 2014. Il avait dit après des tirs de roquettes en direction de plusieurs villes israéliennes qu’« Israël ne tolèrera pas de tirs de roquettes contre ses villes », dans la foulée, il avait lancé l’opération bordure protectrice. Le premier jour, l’aviation israélienne avait fait plus de 200 raids et tué plus de 240 personnes avant de lancer une offensive terrestre sur Gaza qui fera plus de 2 000 morts. A cette époque, 83% des Israéliens soutenaient cette opération militaire ordonnée par Benyamin Netanyahou.

Netanyahou écourte sa visite aux USA pour commander les représailles

Alors qu’il était aux USA en visite officielle, Netanyahou a décidé d’écourter son séjour et de revenir dès ce lundi dans l’Entité afin de diriger lui-même les représailles. D’habitude, les réponses se font rapidement là, le fait que pour l’instant aucune action n’ait été entreprise contre Gaza montre que Netanyahou veut frapper un grand coup. Dès ce lundi matin, l’armée a renforcé ses effectifs dans le sud du pays en déployant des unités d’infanterie et de blindée supplémentaire ainsi que des réservistes des forces aériennes. De plus, les points de passage vers le territoire palestinien ont été fermés et la zone de pêche réduite, ce qui aura pour but de renforcer encore plus le blocus de la bande de Gaza, d’autant plus utile en cas d’opération militaire conséquente.

La situation de Netanyahou le pousserait plus à ordonner une riposte militaire bien plus massive que de simples bombardements. Mais à quelques jours du 1er anniversaire de la Marche pour le retour et avec la perte d’hégémonie du Hamas dans la bande de Gaza, il pourrait déclencher une escalade imprévisible. Une incertitude qui pourrait pousser Netanyahou à plus de mesure. Dans tous les cas, les Gazaouis vont payer le prix fort, que ce soit de la politique réactionnaire du Hamas ou du colonialisme israélien.

 

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