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Par Samer R. Zoughaib

Alors que les terroristes sur lesquels l’Arabie saoudite avait tout misé se font écraser dans la province d’Alep par l’armée syrienne et ses alliés, le royaume wahhabite a évoqué le scénario d’une intervention terrestre en Syrie. Ces menaces irresponsables dénotent l’échec du complot saoudien et risquent, si elles sont mises à exécution, de provoquer un conflit à l’échelle mondiale… qui signera la fin de la dynastie des Saoud.

Avec la défaite des terroristes et des takfiristes sur lesquels Riyad a tant investi ces dernières années en Syrie, les dirigeants saoudiens commencent à perdre les nerfs. Ils ont sorti leur dernière carte, celle de l’invasion terrestre de la Syrie, essayant une nouvelle fois d’entrainer avec eux leurs alliés occidentaux, arabes et turcs.

Le général Ahmed Asiri, conseiller du ministre saoudite de la Défense et vice-héritier Mohammad ben Salman, a réaffirmé que son En Syrie, l’Arabie saoudite se bat pour les miettespays n'envisageait pas de revenir sur la décision de lancer une opération terrestre en Syrie. «L'annonce de la participation des troupes saoudiennes à une opération terrestre en Syrie ne sera pas remise en cause», a-t-il dit à la chaîne Al-Arabiya. Selon lui, l’invasion sera lancée une fois que la «coalition internationale antiterroriste», dirigée par les Etats-Unis, aura approuvé cette démarche. L’officier saoudien a précisé que cette question serait discutée au cours du prochain sommet de l’Otan à Bruxelles.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le belliqueux Adel al-Joubeir, avait déclaré que Riyad était prêt à envoyer des troupes spéciales soi-disant pour lutter contre le groupe terroriste «Etat islamique» (EI ou Daech), à condition que la coalition internationale approuve cette démarche.

Le journal britannique The Guardian avait rapporté, mercredi dernier, que l’Arabie saoudite pourrait envoyer plusieurs milliers de soldats en Syrie. 

La riposte de Moscou et Damas

La riposte de Moscou et de Damas ne s’est pas fait attendre. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, a déclaré que «toute intervention terrestre sur le territoire syrien sans l’autorisation du gouvernement est une agression face à laquelle il faudra résister». «Que personne ne pense à agresser la Syrie ou à violer sa souveraineté, car nous renverrons les agresseurs, qu’ils soient Saoudiens ou Turcs, dans des cercueils en bois dans leur pays», a-t-il ajouté. «Ce sera le sort de quiconque voudrait participer avec les terroristes à l’agression contre la Syrie», a encore dit le ministre.

Le scénario d’une invasion terrestre de la Syrie n’a pas été exclu par le président Bachar el-Assad. Dans une intervention accordée à l’Agence France-presse et publiée vendredi, le leader syrien a déclaré: «C'est une possibilité que je ne peux pas exclure pour la simple raison que (le président turc Recep Tayyip) Erdogan est quelqu'un d'intolérant, de radical, un pro-frères musulmans et qui vit le rêve ottoman». Et d'ajouter qu'il en était de même pour l'Arabie saoudite. «De toute manière une telle action ne sera pas facile à réaliser et nous allons très certainement y faire face», a prévenu le président syrien. 

Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, est allé plus loin, en avertissant qu’une offensive terrestre étrangère en Syrie présentait le risque de provoquer une «guerre mondiale». Dans un entretien au quotidien économique allemand Handelsblatt, paru vendredi, M. Medvedev a indiqué que «les offensives terrestres conduisent généralement à ce qu'une guerre devienne permanente». «Toutes les parties doivent être contraintes de s'asseoir à la table de négociations plutôt que de déclencher une nouvelle guerre mondiale, a-t-il poursuivi. Les Américains et nos partenaires arabes doivent très bien réfléchir: veulent-ils une guerre permanente, pensent-ils qu'ils pourraient gagner rapidement une telle guerre? Quelque chose de cet ordre est impossible, particulièrement dans le monde arabe».

Les choix limités de l’Occident

Les experts sont partagés sur les réelles intentions de l’Arabie saoudite et de ses mentors occidentaux, qui voient leurs leviers s’effondrer l’un après l’autre en Syrie. Ce constat d’impuissance est bien exprimé par Alexis Feertchak, diplômé de Sciences Po Paris, et fondateur du site internet et de l'application iPhilo. «Que pourraient faire les Etats occidentaux?» s’interroge M. Feertchak dans un long article publié dans Le Figaro, avant de poursuivre: «Appuyer davantage les rebelles soutenus par la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar? Ce serait a minima prendre un risque politique trop important aux yeux de leurs opinions publiques en révélant (encore plus) au grand jour que les rebelles modérés n'existent pas, mais que la nébuleuse opaque qui combat le régime de Bachar el-Assad est en réalité un réseau de factions islamistes coordonnées par le Front Al-Nosra, lequel est affilié à ‘Al-Qaïda’». Et le chercheur d’ajouter: «A maxima, ce serait prendre le risque d'une intervention directe de l'armée turque (soupçonnée par les Russes) ou saoudienne. Dans une telle hypothèse, une escalade serait à craindre: le conflit moyen-oriental (…) pourrait franchir une dangereuse ligne rouge.»

D'autres spécialistes pensent que l’Arabie saoudite n’oserait pas franchir ce pas dont les conséquences seraient incalculables. Le politologue iranien, directeur général du quotidien arabophone al-Wafaq, Mosayeb Naïmi, estime peu probable que l’intention de Riyad finisse par se traduire en acte. Dans une interview accordée à l'agence russe Sputnik, M. Naïmi assimile les menaces saoudiennes à une «blague». «Depuis dix mois, l'armée saoudienne effectue des frappes aériennes sur le territoire du Yémen voisin mais n'ose pas y envoyer des troupes au sol», a-t-il souligné, ajoutant que le royaume wahhabite «ne dispose pas de la volonté politique nécessaire pour envoyer ses troupes en Syrie». Et pourtant, «si l'Arabie saoudite décidait de le faire, cela ne ferait que provoquer une nouvelle guerre au lieu de mettre fin au conflit en cours», a affirmé M. Naïmi.

Il est clair que les Saoudiens n’oseraient pas intervenir seuls en Syrie, sans la participation des Américains. Leurs déclarations sont assez explicites dans ce sens. Dans le même temps, il est peu probable que les Etats-Unis se lancent dans une nouvelle guerre à grande échelle, qui, de surcroit, pourrait entrainer une confrontation directe avec la Russie sur un champ de bataille où les deux puissances déploient des centaines d’avions et des milliers de soldats. L'envoi de troupes terrestres américaines en Syrie pourrait tourner à la véritable catastrophe, surtout en cette période de campagne électorale. Barak Obama ne prendra aucune décision qui pourrait engager le candidat démocrate et possible successeur à la Maison Banche.

Ces craintes américaines sont exprimées par le quotidien allemand Die Welt. «L'intention de l'Arabie saoudite de s'ingérer dans le conflit syrien a provoqué un choc chez toutes les parties intéressées par le règlement dans ce pays proche-oriental et a poussé les Etats-Unis à se poser des questions sur leur soutien à Riyad», écrit le journal. Certes, Washington a déclaré qu'il était prêt à soutenir tous ses alliés dans la lutte contre «Daech». Mais le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, a refusé de commenter les intentions des Saoudiens. «L'Occident se rend parfaitement compte du fait que toute ingérence de l'Arabie saoudite dans le conflit ne fera que compliquer la situation en Syrie», souligne Die Welt. «L'envoi de troupes terrestres sans le feu vert de Damas constituera une violation du droit international. Or, il est clair que personne n'octroiera ce droit à l'Arabie saoudite», poursuit l’article. «En outre, la Russie et l'Iran, pays qui prennent une part active au règlement du conflit, n'accepteront jamais la présence du contingent saoudien sur le sol syrien.»

Deux scénarios possibles

Dans ces circonstances, quel pourrait être le scénario le plus probable? La première possibilité est que l’Arabie saoudite et la Turquie intensifient leurs livraisons d’armes et de munitions aux groupes terroristes, qui ne se sont d’ailleurs jamais arrêtées. Un chef terroriste a révélé, vendredi, que les groupes extrémistes avaient reçu des roquettes Grad. Mais il est peu probable que les terroristes parviennent à stopper la progression de l’armée syrienne et de ses alliés, qui utilisent des tactiques militaires conçues en coopération avec les experts militaires russes. Dans ce contexte, la chercheuse française Caroline Galactéros note la «similarité étonnante» entre le nouveau chaudron d’Alep et celui de Debaltsevo en Ukraine, qui piégea l'armée ukrainienne il y a un an exactement.

La seconde possibilité est que les Saoudiens et d’autres pays arabes envoient des troupes dans la province de Hassaké, dans l’est de la Syrie, où les Etats-Unis opèrent déjà un aéroport, sans le consentement du gouvernement légitime de Syrie. Le but est d’être physiquement présents sur le terrain pour empêcher l’armée syrienne et ses alliés de cueillir, seuls, les dividendes politiques de la défaite des terroristes d’«Al-Qaïda» et de «Daech», qui se profile à l’horizon. C’est une sorte de répétition du scénario de Berlin, los de la Deuxième Guerre Mondiale, libérée par l’Armée Rouge soviétique, mais où les alliés avaient parachuté des troupes pour empêcher Moscou d’engranger tous les bénéfices de la victoire. Dans le cas syrien, Raqqa jouerait le rôle de Berlin. 

Enfin, il ne faut pas exclure un coup de folie de dirigeants saoudiens inexpérimentés et d’un président turc aux abois, qui voient toutes leurs ambitions se briser sur les baïonnettes des soldats syriens.

Dans tous les cas de figure, l’Arabie saoudite et ses alliés ne rêvent plus d’une victoire en Syrie. Leur but est désormais de limiter leurs pertes ou, tout au plus, d’empêcher Moscou, Damas et Téhéran de rafler toute la mise… désormais, Riyad et Ankara se battent pour les miettes.

Source : French.alahednews

13-02-2016 | 14:39
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