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Samer R. Zoughaib

En libérant les localités de Nebbol et Zahra et en resserrant l’étau sur Alep, l’armée syrienne et ses alliés ont réalisé un exploit militaire qui aura des conséquences géopolitiques considérables.

En l’espace de moins de 72 heures, l’armée syrienne et ses alliés ont balayé les groupes terroristes installés au nord d’Alep depuis 2012, et ont brisé les rêves de leurs sponsors régionaux, notamment la Turquie et l’Arabie saoudite.

Tout a commencé lundi, lorsque les troupes syriennes ont lancé une attaque surprise à partir de la localité de Bachkoy, située au nord d’Alep. Cette région avait connu des combats féroces, ces derniers temps, lorsque les groupes terroristes, menés par le «Front al-Nosra», la branche syrienne d’«Al-Qaïda», ont tenté de reprendre Bachkoy, reconquise l’année dernière par l’armée syrienne. Au lieu de prendre du repos et de renforcer ses positions après avoir repoussé tous les assauts des terroristes, l’Armée arabe syrienne (AAS), a lancé une offensive vers le nord-ouest, en direction de la localité de Hardtein, sous un barrage d’artillerie et une préparation effectuée par l’aviation russe et syrienne. Des dizaines de raids ciblés ont visé les positions des terroristes, constituées de tranchées profondes et de barricades fortifiées à l’aide de remblais de terre. Devant la puissance de l’attaque, les lignes des terroristes se sont effondrées, en dépit des renforts envoyés de toute la province d’Alep. Après la prise de Hardtein, une partie des attaquants a bifurqué vers la localité de Ratian, située plus à l’ouest, et une autre partie a poursuivi sa progression, vers le Nord, prenant deux autres villages, avant d’arriver à l’est de Maaraset el-Khan. Dans le même temps, d’autres unités ouvraient plusieurs fronts dans la même région, de sorte que, les groupes extrémistes, dispersés, ne savaient plus exactement quel était l’objectif principal de l’AAS et de ses alliés. Après plusieurs manœuvres de diversion, effectuées par l’armée syrienne, les Comités populaires, qui défendent Nebbol et Zahraa depuis trois ans et demi, ont effectué une sortie vers l’ouest de Maaraset el-Khan. Pris en tenaille, les extrémistes d’al-Nosra, d’Ansareddine, et d’autres groupes inféodés à la Turquie et à l’Arabie saoudite, se sont effondrés et ont fui dans toutes les directions. Une partie s’est dirigée vers le sud, une autre vers la frontière syro-turque, plus au nord. Mercredi au crépuscule, les comités populaires et l’armée syrienne faisaient leur jonction, brisant le plus long siège imposé par les terroristes depuis le début de la guerre, en 2011.

Une leçon d’héroïsme

Nebbol et Zahra, qui abritent quelque 60000 habitants civils, sont défendues par 5000 hommes, en majorité des volontaires originaires de la région. Ils ont résisté à de nombreuses offensives terroristes et à des dizaines d’attaques suicide, donnant à tous une véritable leçon d’héroïsme et provoquant la colère des dirigeants turcs, qui voulaient écraser coûte que coûte cet ilot symbolisant la résistance et la légitimité de l’Etat syrien.

Il aura donc fallu moins de trois jours pour balayer trois ans de préparatifs militaires, directement supervisés par les services de renseignements turcs. Les extrémistes recevaient aussi de Turquie armes, munitions, vivres, médicaments et autres équipements militaires. Cet exploit prouve que l’Armée arabe syrienne (AAS), malgré cinq ans de guerre sur plus de 500 fronts et de lourdes pertes, garde intacte sa combativité et sa motivation. Il montre aussi que les mécanismes de coordination entre l’AAS, le Hezbollah, les instructeurs iraniens et l’état-major russe, fonctionnent à merveille. Contrairement aux groupes terroristes qui ne sont pas parvenus à établir une structure commune de coordination, bien qu’ils aient les mêmes sponsors et opérateurs régionaux.

Les conséquences géopolitiques de la bataille du Nord d’Alep sont énormes. La libération de Nebbol et Zahraa permet de redéployer dans des actions offensives les 5000 défenseurs des deux villes. De plus, l’AAS a coupé en deux la campagne allant du nord de la ville d’Alep à la frontière avec la Turquie. Plus important encore, les groupes terroristes, qui occupent depuis 2012 les quartiers est de la ville, ne peuvent plus recevoir ni renforts ni ravitaillement de la Turquie ou de toute autre région de Syrie. Ils n’ont plus d’autres choix que la reddition ou la mort lente, car l’armée syrienne n’a nulle intention de prendre d’assaut les quartiers qu’ils contrôlent, pour éviter des destructions et des pertes inutiles.

Le rêve de la Turquie d’intégrer Alep, la plus grande ville de Syrie, dans sa zone d’influence s’est évaporé en trois jours.  Avec la reconquête par l’AAS de la majeure partie de la province de Lattaquié, à l’ouest, la Turquie voit les cartes qu’elle a accumulées pendant cinq ans en Syrie disparaitre les unes après les autres. Aujourd’hui, Ankara n’est plus qu’un acteur impuissant, qui va son influence fondre à vue d’œil, sans être capable d’entreprendre quoi que ce soit pour freiner cette chute inéluctable.

Source : French.alahednews

05-02-2016 | 09:18
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